Ils sont cent. Cent joueurs à avoir marqué l'Histoire des Girondins de Bordeaux un peu plus que les autres, que ce soit grâce à leur classe naturelle, leur fulgurance d'un soir, leurs frasques en dehors des pelouses, le prix de leur transfert, leur talent comique ou même leurs cicatrices. Chez Les Girondins a décidé de les classer et de vous les dévoiler de manière décroissante d'ici le 31 décembre. Voici la cinquième salve, avec les joueurs qui occupent les places de 60 à 51.
60 – Cédric Carrasso, bordelais de 2009 à aujourd'hui
Un homme de défis. Pour succéder au mythique Ulrich Ramé, tout juste sacré Champion de France pour la seconde fois avec Bordeaux, les Girondins jettent leur dévolu sur cet ex-minot obèse, formé à l'OM et confirmé au TFC. Mais ses parades folles et sa sympathie font rapidement oublier son ignoble C.V. et Carrass' conquiert le cœur des supporters bordelais. S'il en est un qui parvient toujours à maintenir la barque à flot depuis trois ans tout en ayant un état d'esprit irréprochable, c'est lui.
Une de ses multiples parades incroyables, ici contre Valenciennes en janvier 2012 :
59 - Hector de Bourgoing, bordelais de 1964 à 1969
L'élégance racée du chasseur, l'instinct du Puma. Arrivé en Gironde presque trentenaire, il a duré, plantant 72 pions en 161 apparitions avec le maillot marine et blanc. International argentin et français, son incroyable saison 1965-1966, au cours de laquelle il score 21 fois en 27 matchs, lui permet de participer à la Coupe du monde anglaise avec les Bleus.
En juillet 1966, il ouvre le score sur penalty face à l'Uruguay au premier tour de la Coupe du monde. Les Bleus s'inclineront finalement 2-1 :
Sa réaction à l'issue de la finale de la Coupe de France 1968, perdue 1-2 face à Saint-Etienne :
Bordelais après la finale perdue contre... par ChezLesGirondins
58 – Marc Planus, bordelais depuis 2001
Marc Planus tacle comme un chirurgien, relance comme la branche armée du Hamas et possède le même popotin que Marianne James. Pas de quoi rentrer dans l'Histoire du club, à première vue. Cependant, son profil de défenseur peu commun en Ligue 1 et les espoirs suscités par chacun de ses (trop fréquents) retours de blessure lui assurent une place de choix dans les différentes équipes bordelaises. Au point d'en faire un taulier du vestiaire bordelais, longévité oblige. Adoré des tribunes latérales pour les ballons qu'il y distribue généreusement, ce passionné d'architecture intérieure doit une fière chandelle à Marouane Chamakh, qui a fait croire durant des années que ses relances longues étaient millimétrées.
Même lorsqu'il marque, Planus le fait en taclant :
57 – Omar Sahnoun, bordelais en 1979-1980
Rescapé d'une crise cardiaque en 1977, le Harki décide de mettre sa carrière entre parenthèses alors qu'il évolue au FC Nantes. Jusqu'en 1979, où, séduit par l'ambitieux projet bordelais du Président Bez, l'international déjà vainqueur d'un championnat et d'une Coupe de France avec les Canaris décide de s'engager avec les Girondins. Parce que le foot, c'est son dada. Rattrapé par son cœur défaillant, il s'écroule une nouvelle fois en plein entraînement en avril 1980. Fatalement, cette fois-ci. Son fils Nicolas naîtra cinq mois plus tard.
56 - Thierry Tusseau, bordelais de 1983 à 1986
Milieu de terrain ou arrière gauche selon les envies de ses entraîneurs, Tusseau vient ramasser deux titres de Champion et une Coupe de France avec les Girondins après avoir déjà soulevé une Coupe et été sacré trois fois avec le FC Nantes. Sur le chemin, il en profite également pour empocher un titre de Champion d'Europe avec les Bleus. Un homme de flaire logiquement reconverti en agent commercial dans le vin, qui confie : « C’est vrai que des gens se servent des bouteilles de champagne comme d’un sextoy. Je les laisse pratiquer ce qui leur passe par la tête, ils font ce qu’ils veulent, ce qui est sûr c’est que c’est pas du tout mon truc. » Triste.
Thierry Tusseau, lors de son arrivée à Bordeaux en juillet 1983 :
Présentation des Girondins 1983-1984 par ChezLesGirondins
Son but sur coup-franc lors du mythique Dniepropetrovsk-Bordeaux de mars 1985 :
55 - Wendel, bordelais de 2006 à 2011
Recruté grâce aux recommandations de Ricardo, qui l'avait eu sous ses ordres en sélection olympique brésilienne, Wendel Geraldo Maurício e Silva est la meilleure patte gauche de Ligue 1 durant ses cinq saisons passées à Bordeaux. Milieu de terrain pouvant également jouer latéral, il compense un physique aux allures de coton-tige par une intelligence de jeu d'excellente facture. Remarquable tireur de coup-francs, qu'il se procure bien souvent lui-même grâce à sa "couverture de balle intelligente", il débloque un nombre incroyable de situations (44 buts en 207 apparitions).
Son triplé face au Paris Saint-Germain en mars 2008, featuring le plus beau coup de boule vainqueur en dehors de la surface depuis celui de Basile Boli :
Sa plus belle fourberie, en 2010 face à Nancy :
Wendel's goal against Nancy (2010) par ChezLesGirondins
Et sa très belle explication par Funky Francky, notre consultant de luxe :
Le but de Wendel contre Nancy à la palette 3D de... par ChezLesGirondins
54 - Alexeï Smertin, bordelais de 2000 à 2003
La légende raconte qu'Alexeï, petit enfant russe, a été le sujet d'expérience de son gouvernement et qu'un troisième poumon lui fut implanté pour lui permettre d'avoir une endurance hors du commun. La réalité, c'est qu'Alexeï s'entrainait depuis tout le temps en taclant des loups en Sibérie dans la neige pour parfaire sa technique. Infatigable milieu de terrain défensif, il est arrivé à Bordeaux avec le titre de meilleur joueur russe la saison précédente et a été un titulaire indiscutable durant 3 saisons en Gironde. Transféré dans le nouveau Chelsea d'Abramovitch, il restera dans l'esprit des supporters comme un joueur irréprochable dans son attitude et ses performances. Il s'est depuis reconverti en politique, où il continue de tacler les loups de l'Altaï aux frontières de la Mongolie. Ce qui rappelle son duo avec Eduardo Costa.

53 – Joseph-Antoine Bell, bordelais de 1989 à 1991
L'homme au nom d'hélicoptère, le navigateur à vue qui pilote entre Bordeaux et Marseille, débarqué sur le tard, après un Vietnam, sans doute. A 35 ans, sa détente de chat et son caractère de cochon s'engagent aux Girondins, pas rancuniers de s'être fait humilier en finale de la Coupe de France deux ans plus tôt par Giresse. Joseph, c'est la succession de Dropsy, un titre de vice-champion de France, un coup de coude au plexus de Francescoli, le sourire d'Eddie Murphy et les bananes lancées par le Vélodrome un triste soir de 90. Entre la légende et le martyr, en somme...
52 - José Touré, bordelais de 1986 à 1988
Claude Bez prit le risque de signer "le Brésilien" blessé. Mais c'était le joueur français le plus talentueux de sa génération. 45 matches et 20 buts en deux saisons? Correct, contrairement à ses frasques. De l'achat d'une série entière de Harley-Davidson avant même l'obtention de son permis moto à son passage à travers une verrière qui faillit lui être fatal, José Touré a tout fait pour tenter de prouver qu'il était un homme libre alors que la drogue guidait ses faits et gestes. Mais le joueur, ah, le joueur !
Son doublé face au Torpedo Moscou en quart de finale retour de la Coupe d'Europe des vainqueurs de coupe 1987 qui permet à Bordeaux de se qualifier (le match en entier) :
Son but sur coup-franc en quart de finale aller de la Coupe d'Europe des clubs hampions face au PSV Eindhoven le 2 mars 1988 :
51 - Didier Tholot, bordelais de 1995 à 1997
L'homme qui a mis Bordeaux sur la voie de l'exploit un soir de mars 1996 face au Milan AC en reprenant un centre de Lizarazu pour tromper laborieusement Ielpo. Une belle manière de se placer très honorablement dans notre livre d'or, même si cette coupe de Gipsy King breton lui interdit l'accès au top 50.

