Ils sont cent. Cent joueurs à avoir marqué l'Histoire des Girondins de Bordeaux un peu plus que les autres, que ce soit grâce à leur classe naturelle, leur fulgurance d'un soir, leurs frasques en dehors des pelouses, le prix de leur transfert, leur talent comique ou même leurs lunettess. Chez Les Girondins a décidé de les classer et de vous les dévoiler de manière décroissante d'ici le 31 décembre. Voici les joueurs qui occupent les places de 40 à 31.
40 - François Bracci, bordelais de 1980 à 1983
Un homme de paradoxes. Corse tricard à Strasbourg, François Bracci débarque en Gironde au début de l'ère Bez. Le défenseur, que sa notule Wikipédia définit comme un arrière latéral « sobre et rugueux », fait rapidement parler ses qualités et décroche un ticket pour le Mundial espagnol de 1982. Las, le moustachu à la calvitie naissante qui se targue d'être ambipède « à force de taper dans le ballon dans n'importe quelle position » quitte le FCGB pour l'OM sans n'y avoir rien gagné, juste avant que le club impose son hégémonie sur la France. Un choix aussi douteux que celui qui le pousse en 2009 à se présenter aux Européennes sur la liste Debout la République ambiancée par Nicolas Dupont-Aignan.
39 – Alou Diarra, bordelais de 2007 à 2011
Capitaine de l'équipe qui brille sur la scène européenne avant de s'écrouler l'année suivante. Le homie de Sefyu excelle au poste de sentinelle au sein du 4-4-2 en losange cher à Laurent Blanc dont il est la pierre angulaire. Leader dans les bons comme dans les mauvais moments, son influence est à double-tranchant et il est difficile de ne pas lui imputer une part de responsabilité lorsque le FCGB plonge suite au départ annoncé de Laurent Blanc, tant son niveau de jeu devient gênant. Suite à ses derniers mois indignes sous les ordres de Jean Tigana, la Providence le punit en le transférant à l'Olympique de Marseille.
Son premier but sous les couleurs girondines, en août 2007 à Metz :
Son but face à Toulouse lors de la folle victoire 4-3 de février 2007 :
Son but contre Lyon permet à Bordeaux de s'imposer 1-0 en avril 2009 :
En août 2010, il ouvre le score au Parc des Princes lors d'une belle victoire 2-1 arrachée à la dernière minute face au PSG :
En reprenant un coup-franc frappé par Jaroslav Plasil, il ouvre le score face à Lyon en septembre 2010. Bordeaux s'impose 2-0 :
38 – Léonard Specht, bordelais de 1982 à 1987
Un patronyme qui claque autant que son prénom est désuet. Indétrônable en défense centrale, le discret Alsacien est de tous les bons coups bordelais siglés eighties. Triple champion de France, double vainqueur de la Coupe de France et double demi-finaliste européen. Il est là, Léo.
Face à Michel Platini et la Juventus, lors de la demi-finale de Coupe d'Europe des club champions d'avril 1985.
37 – Fernando, prêté par Sienne en 2005-2006 puis bordelais de 2006 à 2011
Une des premières recrues de Ricardo, un homme qui connait son métier. Éblouissant lors de sa première saison, Fernando Menegazzo ne tarde pas à faire l'unanimité sur les bords de la Garonne. Placé derrière Smicer et Denilson, l'international brésilien brille par sa technique, son physique et son sens du jeu au point de s'imposer d'emblée en leader. Si l'assentiment général s'effrite quelque peu par la suite, nous passerons sous silence ses (rares) pertes de balles assassines pour mieux insister sur ses raids dévastateurs, son intelligence à la ville comme sur la pelouse et son caractère de compétiteur hors pair, quoi qu'en disent les chafouins qui le taxent tristement de nonchalance. Cet homme de culture, qui maitrisait la langue de Molière mieux que certains de ses partenaires français, régalait également par son art du râteau, des corners coupés au premier poteau, de la défense les bras dans le dos et de la roublardise. Tout simplement le dernier joueur de classe à avoir porté le maillot au scapulaire. Fernando, what else ?
Fernando ratisse :
En mai 2006, Fernando prive l'OM d'une qualification pour la Champions' :
Guy Roux et Jean Tigana à propos de Fernando :
Guy Roux note Fernando Menegazzo par ChezLesGirondins
Fernando marque le but du 2-0 contre Nantes en août 2008 :
36 – Jean-Christophe Thouvenel, bordelais de 1979 à 1991
Il a centré hors ramasseurs de balles
Plus loin qu'la rue Albert-Thomal
On y dit : ton ballon y pète comme un carré d'as
sûr qu'c'est au moins un Adidas
on parie qu't'en joue comme d'un ananas
Il nous a dit : laisse ballon
On y a filé un rentron
il nous a rendu une caresse
on lui a donné le ballon
il a servi Giresse
On y a dit sous tes lunettes d'intello
tu vois même pas l'score au tableau
On parie qu'si on part dans ton dos
tu nous r'vois pas avant l'apéro
On y a fait obstacle
il nous a fait un tacle
on y a collé un crampon
il a dit : laisse ballon
35 – Richard Witschge, bordelais de 1993 à 1995
Transfuge du Barça, le blondinet hollandais propose peut-être le pied gauche le plus élégant ayant jamais foulé la pelouse de Lescure. Fruit de la formation Cruyff à l’Ajax, adepte du football total à la course lente mais dont les pieds accélèrent le jeu, préfigurant un certain Johan Micoud, il distille des caviars pour la jeune génération Zidane-Dugarry-Lizarazu. Il aime régaler le Basque de passes dans la profondeur autant que décaler le jeu de 80 mètres à grands coups de transversales millimétrées. Sur un pas, s'il vous plaît. Richard Witschge, héros discret, professionnel rare, de ceux qui marquent nettement plus par le vide qu'ils laissent en partant que par leur scintillement sur la pelouse. Un Seigneur.
Son égalisation face à Sochaux en octobre 1993 :
34 – Didier Sénac, bordelais de 1987 à 1995
Un nom bien de chez nous, prédestiné à réussir aux Girondins. Ce Nordiste semblant sortir tout droit des mines aura joué près de 300 matchs avec le maillot au scapulaire, marquant même 16 buts. De ce défenseur central émérite, au physique solide et plutôt rugueux, on ne retiendra pas ses belles relances et ses dribbles chaloupés. Adepte du tacle par derrière et du piétinement d'adversaires un peu trop aventureux sous les encouragements du Virage Sud (« Mets lui un tacle, Didier Sé-nac, mets lui un tacle ! »), il a quand même la particularité d’être Champion olympique 1984. Le bienheureux.
Didier Sénac n'aimait pas trop les noms impronnonçables :
Sénac piétine Swiezerwski par ChezLesGirondins
Ni les Nantais :
Nantes-Bordeaux 1994, 3-3 par ChezLesGirondins
33 – Rio Mavuba, bordelais de 2003 à 2007
Né sur un bateau d'immigrants entre l'Angola et la France, avant d'être Français, Rio Mavuba est Girondin. Comme sa place dans ce classement. Sa sortie du centre de formation et son éclosion dans l'équipe première reste comme une des rares satisfactions de la saison 2003-2004 drivée par Michel Pavon. Il s'impose rapidement comme un cadre de l'équipe première, et même si par la suite il connait quelques déboires sous les ordres de Ricardo et décide maladroitement de partir jouer à Villarreal, il garde sa place réservée dans le cœur de chaque supporter marine et blanc. Toujours souriant, disponible et volontaire, il avoue se surprendre de temps en temps à fredonner les chants du Virage Sud lors de certains matchs. #cœuraveclesdoigts.
Comme 33FCGB33sky, t'as kiffé son retour à Bordeaux avec Lille en février 2008 :
32 – Santiago Urtizberea, bordelais de 1938 à 1948, entraîneur de 1943 à 1957
Débarqué en Gironde, chassé par la guerre d'Espagne, en provenance de La Real Union Irun puis de la Real Sociedad, avec dans le CV un accessit de second buteur de Liga en 1930. Grand artisan du titre de Champion de France amateur de 1937, qui a précédé l'accession au statut pro. Il fut de la finale "à trois finales" de la Coupe de France 1941 : première finale gagnée 3-1 face au Red Star (zone occupée), puis Toulouse (zone libre), encore 3-1 et enfin Fives (zone interdite), 2-0, doublé d'Urtizberea. Il était encore de la finale "2ème édition" de la Coupe de France 1943, contre Marseille, entachée par une réclamation portée par les Marseillais sur le joueur-clef des Girondins, Nemeur. L'OM gagne la Coupe face à des Girondins diminués. Le début d'un long contentieux avec le club des Bouches-du-Rhône. Urtizberea sera, plus tard, entraîneur des Girondins. Vous pouvez agiter l'Ikurriña.
31 – Jean-Marc Ferreri, bordelais de 1986 à 1991
Au rayon mystères de la science, celui de Ferreri est loin devant le question de la bière qui ne fait pas faire pipi jaune. Comment un numéro 10 aussi racé, technique, avec une vision du jeu aussi bonne et un sens du but aiguisé, a pu devenir ce commentateur qui à l'air d'aussi bien connaitre le football que Gérard du Cercle après son dixième blanc limé ? Quoi qu'il en soit, il débarque de l'AJ Auxerre via le Mundial mexicain. Censé remplacer Alain Giresse, parti à Marseille, il fait le job. Et plutôt bien. Un doublé coupe-championnat en 1987 et 49 buts durant cinq belles saisons. Le club rétrogradé administrativement en 1991, il retourne à l'AJA.
Son superbe but face à l'OM en octobre 1989 (à 1'25"). Bordeaux s'impose 3-0, Ferreri y va de son doublé :

