
Ils sont cent. Cent joueurs à avoir marqué l'Histoire des Girondins de Bordeaux un peu plus que les autres, que ce soit grâce à leur classe naturelle, leur fulgurance d'un soir, leurs frasques en dehors des pelouses, le prix de leur transfert, leur talent comique ou même leur nez. Chez Les Girondins a décidé de les classer et de vous les dévoiler de manière décroissante. Aujourd'hui, place à Ulrich Ramé, l'emblématique.
Ulrich Ramé, bordelais de 1997 à 2011
Le 12 septembre 1997, fatigué par les bourdes de Stanley Menzo, Guy Stéphan est loin de se douter qu'en titularisant Ulrich Ramé, il installe l'ancien portier angevin dans les buts bordelais pour les douze saisons à venir. Inconnu à son arrivée en début de saison, le gardien, qui facture déjà un quart de siècle au compteur, fait directement des surfaces de réparation de Lescure son home sweet home. Au terme de sa première saison girondine, il convainc les dirigeants que c'est d'une doublure qu'ils doivent se mettre en quête. Et cette finale de Coupe de la ligue perdue face au PSG n'est qu'un coup d'essai, Yul le sait.
Dès la saison suivante, derrière Nino Saveljic, Hervé Alicarte ou Kodjo Afanou, il assure à Bordeaux la meilleure défense d'un championnat remporté par les siens en raflant le titre de meilleur gardien de l'exercice. Par la suite, le diamant nantais creuse consciencieusement son sillon sur la platine bordelaise, ne sautant que pour boxer tous les ballons qui trainent dans son espace vital, sans jamais endommager ce LP de musique un peu chiante qui se raye irrémédiablement au moment d'accrocher une place en Ligue des Champions. Mais à force d'être tabassé sur les ondes de la Ligue 1, le tube entre dans toutes les têtes. Courtisé chaque saison par les plus grandes majors, Ulrich Ramé s'entête à rester dans les bacs du programmateur qui lui a donné sa première chance. Lorsque Lilian Laslandes remet en cause la direction du club, c'est lui, le taiseux, qu’Élie Baup choisit de placer en tête de gondole en lui confiant le brassard de capitaine. Et, bon an, mal an, Ramé s'échine à défendre le statut des Girondins de Bordeaux en toutes circonstances devant la presse, tel un rappeur conscient un peu maladroit, mal préparé aux exigences de l'exposition médiatique mais toujours sincère et convaincu par la cause qu'il défend. Sur le terrain, il imprime la cadence, celle sur laquelle les autres membres de l'orchestre accordent leurs instruments, la mélodie imparable qui résiste quand tout le reste de la gamme part en freestyle. Rien, même les déboires personnels, ne remet en cause son professionnalisme et son implication. Et c'est sans nul doute pour cette raison qu'en 2006, il est élu meilleur gardien du siècle par les supporters à l'occasion du retour des Girondins en Ligue des Champions.
Rattrapé par les blessures, l'aventure touche à sa fin sur un nouveau titre de Champion de France, assorti d'une victoire en Coupe de la Ligue. Et lorsqu'il est le premier à brandir le trophée sur la place des Quinconces, le supporter prend un coup de vieux en se remémorant avec émotion des images similaires, observées dix ans plus tôt. Après deux saisons supplémentaires dans le rôle de doublure de Cédric Carrasso, la parenthèse bordelaise se referme, forte de 525 matchs en 14 saisons sous le maillot au scapulaire. Pas rassasié, Yul s'offre une dernière expérience à Sedan, dans l'underground de la Ligue 2. Presque autant que les Girondins, Ulrich Ramé aime son métier. Le Greatest Hits attendra.
Ulrich Ramé sur du Bon Jovi, comme une évidence :
Ulrich Ramé ovationné place des Quinconces au moment de recevoir son titre de Champion de France 2009 :
La vidéo-hommage réalisée par le club avant son dernier match sous les couleurs bordelaises :
Hommage à Ulrich Ramé - Dernier match en pro aux... par Girondins
Notre hommage. Un tantinet plus sommaire, mais pas moins sincère :
Hommage à Ulrich Ramé par ChezLesGirondins
Ses adieux au Virage Sud, après son dernier match à Bordeaux en mai 2011 :

