
Le calvaire bordelais à domicile cette saison a franchi une nouveau cap, hier. Brest, putain.
Pire attaque de Ligue 1 à égalité avec Nancy, Bordeaux fait tout pour maintenir son triste rang. En butant sur Thébaux dimanche face à Brest, Faubert, Obraniak, Bellion et Saivet ont tour à tour redoublé d'efforts pour que le compteur girondin reste bloqué à onze petites réalisations à Chaban. Même ce temps fort offensif en début de seconde période, un vrai de quelques minutes, n'y a rien fait. Mais ouf, l'issue fut favorable à ceux pour qui la stabilité inspire confiance : un 0-2 face à Brest vaut un 0-4 face à Lyon. Troisième revers consécutif en championnat, la trajectoire est aussi droite qu'une Marlboro plantée dans la barbe de Jean-Louis Triaud.
Malmenés dans les duels, souvent battus à l'attaque de la balle, absents sur les seconds ballons, des transmissions à remplir des bennes de déchetterie si elles n'étaient pas recyclées par l'adversaire, les Marine & blanc encaissent un but casquette, sur une frappe non cadrée de Licka déviée par le dos de Trémoulinas. Une forme d'hommage, le seul joueur à statut cadre sur la pelouse cette fin d'après-midi étant le meneur brestois qui a pris la sale habitude de marquer chaque fois qu'il se déplace Boulevard Leclerc. Poko, sans démériter, assure tant bien que mal la tenue d'un édifice fragile dans l'entrejeu.
Et toujours cette impression seconde qu'à moins de faire tilter l'improbablomètre comme face à Kiev, quand les locaux jouent sans Brésiliens, ils jouent sans âme, sans souffle. Ce 24 février, le smoking de Jussiê parait même trop grand pour les épaules tatouées d'Obraniak. N'importe quoi.
Planus se goinfre quelques ouvertures longue-portée, jusqu'à en réussir une sur le final, Trémoulinas dépose des ballons, Plasil et Maurice-Bellay distraient sans sortir le public d'une neurasthénie certaine, il est demandé à Diabaté de s'arracher en hauteur sur des ballons de détresse à apercevoir mer d'Iroise, Crozon et Pen-Hir tout en retombant sans se faire bouler ni avoir perdu la boule. Les entrées de Ben Khalfallah et Saivet s'avèrent anecdotiques, ce dernier s'essayant au poste de Gouffran dans un nouveau triangle de disparition inexpliquée de jeu, au large du rond central et à l'orée de la surface adverse, plein axe. Pour clore l'affaire, Touré simule face à Sané. Penalty. Insane ? Non, in-sané, c'est l'effet Larsen. Bref, en rade face à Brest, on ré-embarque sur le radeau des médusés.
Alors on aura sûrement droit, cette semaine, à des "direction démission !". Peut-être vaudrait-il mieux entonner : "joueurs, des missions !". Les prototypes déposés par Gillot ces derniers temps ne convainquent que par soubresauts. Dans le fond, un bon diesel qui ronronne bien rond, la fiabilité à la papa, la tenue de route sans faille, le côté faiblement accidentogène, cela a son charme. Certes un peu petit-bourgeois, celui du prévisible.
Du coup, on se plaît à espérer que ce seront onze garçons horriblement vexés, dignes, qui feront le job attendu du favori à Raon l'Etape. Gibier en championnat, mais chasseur en Coupe. Des prédateurs de mitan de semaine. Triste, définitivement.
@lamz310sane désole mon frérot à plus tard lars
— Larsentoure (@Larsentoure) 24 février 2013

