Rennes - Bordeaux : après match |
| Ligue 1 | |
| Écrit par Chuck Norris, alors tremblez ! | |
| 10-04-2008 | |
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Sous le seul prisme de l'arbitrage, le football devient rapidement quelque chose d'ennuyeux. L'actualité sportive bordelaise s'est retrouvée phagocytée par ce pseudo débat sur la vidéo, la tricherie. Loin de nous l'idée de réfuter les accusations, l'idée est plus de regretter la place prise par ce sujet. Sans parler de l’affaire des banderoles qui feraient presque oublier que le football est un sport. Reparlons foot, jeu, tactique, joueurs, merde !
Bordeaux se déplaçait donc à Rennes, heureux 5ème d'une L1 dont le ventre mou se tient en 5 points qui séparent la 5ème de la 15ème place. Un Stade Rennais en forme depuis l'arrivée de Guy Lacombe, sans qu'un lien de cause à effet soit évident. Côté bordelais, après le coup d'arrêt dans les intentions de jeu à la suite de la défaite en terre lyonnaise, les Girondins se reposent depuis sur les coups de pied arrêtés pour rechercher la victoire. Suite à l'affaire Micoud, Blanc aligne un 4-4-2 losange à vocation défensive. Jurietti à gauche, Chalmé à droite, le duo Henrique-Diawara au centre, Planus étant encore trop juste (il devrait reprendre avec la CFA dans un premier temps). En milieu défensif Diarra, l'animation des côtés traditionnellement confiée à Wendel et Alonso, et le rôle de meneur de jeu défensif (en Pirlo donc) dévolu à Fernando. Le duo d'attaque est composé de Chamakh et San Fern...ah bah non, c'est Bellion qui s'y colle. Choix tactique, gestion d'effectif ou envie d'éviter à Cavenaghi de prendre un 3° carton jaune en 10 matchs. Officiellement, Laurent Blanc pensait subir les assauts de l’équipe en pleine bourre du moment (enfin, 3 victoires, 2 nuls et t’es en pleine bourre en L1), il a donc choisi de sauter le milieu de terrain pour procéder en contre. Deux joueurs rapides un peu chèvre étaient sans doute plus indiqués que le meilleur joueur de l’équipe. Et force est de constater qu’en dépit du dégueulis médiatique sur les Girondins, les hommes du Président ont répondu de la plus belle des manières en allant s’imposer 2 buts à 0. Une réponse claire et nette si seulement elle ne fut pas accompagnée d’un retour médiatique sur l’arbitrage concernant deux points litigieux. Un penalty supposé sur Briand et une main dans la surface de Diawara. La psychose refait surface alors même que pour une fois il y avait des choses à dire intéressantes sur le jeu bordelais.
C’est l’exemple parfait qui montre que les médias auto-alimentent le débat sans le moindre souci de valeur ajoutée. Alors que le staff rennais souligne à demi-mots ces faits de jeu sans créer de remous (cf. les déclarations de Briand et de Lacombe qui ont l’intelligence d’analyser leur défaite sans se cacher derrière l’arbitrage), l’Equipe se fend d’un article sur M. Lannoy. C’est au contraire grâce à un match sérieux et appliqué que Bordeaux a remporté la victoire. Les Girondins n’ont pas fait un grand match, ni développé beaucoup de jeu, mais en revanche ils ont su totalement maîtriser leur adversaire, défendre héroïquement en faisant preuve d’un état d’esprit peu coutumier. Une défense solide et imperméable, un réalisme à toute épreuve, une seule occasion concédée en 90 minutes, quelques bons mouvements de jeu. Jamais durant ce match on a tremblé ni pensé que Rennes pouvait revenir dans la partie. On peut néanmoins déplorer qu’encore une fois les deux buts aient été inscrits sur coup de pied arrêtés, qu’il est peut-être préférable que se soit par le jeu que les actions aboutissent. Mais on peut tout aussi bien considérer que les coups de pied arrêtés sont un exercice qui mérite de l’entraînement, de la précision, de la combattivité, de l’attention, soit beaucoup de qualités. Toujours est-il qu’avec la défaite de L’OL face à Marseille, Bordeaux n’est qu’à 6 points du leader. Sans penser sérieusement au titre, l’écart maintenu avec Nancy et l’OM rassure quant à cette deuxième place.
Ramé : peu de travail tant les Rennais se sont montrés frileux. Pas de cagade, un bel arrêt sur une frappe de Pagis (sans doute hors cadre mais il fallait être présent), bref, un match facile pour le portier girondin.
Chalmé/Jurietti : beaucoup de maladresses du côté des latéraux. Souvent dépassé par M’Bia, Jurietti n’aurait pas fait la loi sur son aile. Il se réserve sans doute pour bouffer du Caennais. Henrique : en dessous de ce qu’il peut faire. Emprunté, moins incisif dans les duels, du petit Henrique. Diawara : il nous a coûté assez cher depuis le début de la saison avec des cagades à répétition, mais depuis l’épisode Anderlecht, il s’est métamorphosé. Imbattable en duel, relances propres, aucune erreur, n’hésite pas à sonner la charge pour passer le premier rideau adverse il a apparaît de plus en plus crédible au fil des matchs. Le retour de Planus promet une défense à nouveau hermétique.
Diarra : encore un gros match de la tourelle Alou. Beaucoup de ballons récupérés, mais surtout une excellente exploitation des ballons gagnés avec un souci permanent de rendre un ballon propre. Ratisser c’est bien, mais bonifier c’est encore mieux (ce que ne faisait pas Rio par exemple). Wendel : match discret. Le milieu de terrain étant tactiquement snobé, il n’a pas pesé sur le jeu comme d’habitude. Match moyen mais deux passes décisives. Beh oui, c’est ça un match moyen de Wendel, quand il est en forme, c’est un triplé avec une tête plongeante du rond central. Fernando : absent de la première mi-temps a plus joué à mesure que les Rennais se découvraient. Quelques bonnes orientations, mais pas mal de ballons mal négociés ou temporisés alors que le jeu demandait du rythme. Une consigne sans doute. Alonso : dans un match où Bordeaux procède en contre on aurait pu penser que le lutin argentin saurait tirer son épingle du jeu. La prochaine fois peut-être, parce que là ce n’est pas encore ça. Chamakh : toujours vaillant, mais de coutume plus performant. Il court partout mais si normalement il pèse énormément sur une défense, sert de point d’appui, il se sera fait bouffer par Hanson qui n’est pas vraiment un grand défenseur central ni une terreur de la tête (sauf si il est avec ses deux frères mais là c’est tricher). Malgré son expérience, malgré ses titularisations, il n’arrive toujours pas à se muer en buteur quand il en a l’occasion. Excellent complément d’un goléador, il a eu deux occasions en un contre un pour montrer ses aptitudes offensives mais à chaque fois il aura fait un mauvais choix. Peut-il encore s’améliorer dans ce rôle là ou sera-t-il toujours cet attaquant de soutien ? Bellion : la star du début de saison s’est changé en chèvre. C’est triste de le voir errer sur un terrain et être si peu concerné par sa tâche. S’il fallait encore prouver que le foot c’est aussi dans la tête, le cas Bellion est édifiant. Les 6 premiers mois toujours à l’affût, bien placé, dans le tempo ; aujourd’hui il se cache comme en témoigne son appel « j’vais le plus loin possible histoire de ne pas recevoir la balle » sur un contre mené par Alonso qui n’a du coup aucune solution. |
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