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Rennes-Bordeaux (0-2), «le système du coach»

bordeaux-plasil

Catastrophiques en première période, excellents en seconde : les Bordelais n'ont pas fait dans la demi-mesure à Rennes. Déjà pointé du doigt avant la trêve, le système de jeu à trois défenseurs centraux de Francis Gillot va encore animer la semaine en attendant la venue du PSG. Et pour cause, les Girondins ont une nouvelle fois réalisé 45 minutes insipides dans ce schéma de jeu. « Système du coach », « système difficile », « on subit trop »... Les déclarations de certains après la rencontre (Henri Saivet, Fahid Ben Khalfallah) confirment que les joueurs ont encore beaucoup de mal à maîtriser un système qui n'est aujourd'hui pas -ou plus- travaillé dans les centres de formation français.


Un exemple ? Le comportement des latéraux face à la construction adverse. Dans un 3-5-2 qui ne subit pas (cf. Juventus Turin), ces derniers montent à hauteur de leurs trois milieux de terrain, afin de bloquer les couloirs face aux montées des latéraux adverses. Si le ballon est dans son couloir, le latéral gauche monte et compte sur la couverture du stoppeur à ses côtés si l'adversaire cherche à passer dans son dos. Les trois milieux de terrain conservent leurs rôles axiaux. Si l'adversaire renverse le jeu, le latéral droit montera à son tour en comptant sur la couverture de son stoppeur et le latéral gauche reviendra à sa place, afin de former une ligne de quatre joueurs en défense (stoppeur droit, défenseur central, stoppeur gauche, latéral gauche).

Mais les Girondins n'appliquent pas ce principe. Au lieu de sortir de la ligne défensive, Mariano et Trémoulinas restent à hauteur de leurs défenseurs centraux. Conséquence, le milieu à trois doit aider à la fermeture des couloirs et donc couvrir toute la largeur du terrain. Une situation qui contraint Bordeaux à jouer bas et offre aux milieux défensifs adverse du champ libre pour orienter le jeu et faire courir les milieux girondins. Comment expliquer qu'après un an de pratique, le 3-5-2 girondin souffre des mêmes défauts dès lors qu'il perd le ballon.

BAb2aU8CYAAhBSlHarry Redknapp s'est parfaitement imprégné de l'ambiance
du stade de la Route de Lorient.
L'explication se trouve peut-être dans le profil des trois défenseurs centraux girondins. Stoppeur droit, Henrique n'a peut-être pas les réflexes du défenseur chargé de couvrir un couloir. Sané les a pour avoir joué latéral droit il y a quelques temps, mais défendre à gauche pour couvrir Trémoulinas n'est pas la même chose. Mais surtout, en cas de 3-5-2 comme celui expliqué au paragraphe précédent, la couverture des couloirs par Henrique et Sané entraînerait la présence de Marc Planus en couverture au premier poteau, en cas de centre venant de la gauche comme de la droite. Or si ses deux partenaires se sont faits spécialistes des dégagements de la tête, le Girondin de toujours accuse un déficit dans les airs qui pourrait être rédhibitoire face à certaines équipes.

De Henrique à Sané, en passant par Planus, les trois défenseurs bordelais ont tous leurs raisons pour être protégés par leurs latéraux. Les milieux de terrain en pâtissent, mais Bordeaux en retire tout de même une solidité défensive incontestable grâce au surnombre quasi constant dans l'axe. Si Rennes n'a pas marqué malgré son énorme domination, c'est aussi grâce à la défense à trois bordelaise, qui a géré sans souffrir les courses de Erding et Féret dans sa surface de réparation.

Lire aussi : Rennes 0-2 Bordeaux, l'analyse tactique.

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