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Le blog de Pierre Ducasse

Le Mans - Bordeaux : la nalyse

Écrit par Rédaction Chez Les Girondins   
24-05-2007

the human dragster
Les Manceaux s'y sont mis à 6 pour immobiliser Julien Faubert avant la rencontre, d'où son forfait.

A la fin du match contre Le Mans, on est en droit de se poser la question de savoir quel est l’intérêt d’aligner 10 matchs sans défaite dont 5 sans prendre le moindre but, concéder une occasion franche toutes les demi-heures, passer de la 9ème à la 2nde place, d’être totalement maître de son destin à 4 journées de la fin après une saison laborieuse, pour finalement s’écraser comme une merde de cayoc sur un pare-brise et fossoyer totalement deux mois d’efforts, de travail, et de rigueur.
Parce qu’il faut être lucide, 2 journées plus tard, alors qu’on était plus que bien placés après avoir (momentanément) écarté le RC Lens, il faudrait un miracle pour les Girondins retrouvent la ligue des Champions. La seule façon, c’est de prendre plus de points que Lens. Trois en espérant que Lens perde ou face nul, un seul en espérant que les Ch’tis aillent s’empaler à Troyes (sortez couverts). Une victoire des Nordistes et c’est fini (à moins qu’on en file 4 de plus qu’eux à Toulouse, autant parier sur la victoire du Maribor Branik en Champion’s League).

Mais qui ne veut pas aller en Ligue des Champions ? Ricardo qui ne sait visiblement pas trop quoi faire de son effectif ou les joueurs eux-mêmes qui donnent l’air d’être aussi concernés par la rencontre que par la politique intérieure du Vanuatu ?

On pourra sans doute discuter longtemps de la composition de l’équipe qui laisse quelques interrogations en suspens. Si Faubert et Jurietti furent forfaits, la présence de Marange et de Jemmali dans les couloirs ne souffrait d’aucune critique. En revanche, préférer Perea à Cavenaghi laisse perplexe, la titularisation de Wendel et Alonso au bord du gouffre physique pour l’un, très faible techniquement pour l’autre, ne semble a priori pas la meilleure solution. Micoud sur le banc peut s’expliquer par une semaine à l’infirmerie pour une petite douleur. Il est donc vrai qu’avec 3 titulaires en moins en défense (Faubert, Henrique, Jurietti), un meneur de jeu diminué, il aurait été fort risqué de bouleverser encore plus l’équipe.
Souvent taxé de frilosité tactique, surtout à l’extérieur, Ricardo opte néanmoins pour un 4-4-2 avec donc Ramé dans les buts, de gauche à droite Marange, Planus, Joe, Jemmali, à la récupération Fernando et Mavuba, à gauche Wendel, à droite Alonso et en pointe le duo inédit Perea-Jussiê. Une configuration offensive qui fait écho à la volonté affichée par le coach brésilien de prendre 6 pts sur les deux derniers matchs.

Malheureusement, ce match face au Mans fait étrangement penser à celui réalisé face au PSG à Lescure. Un festival d’approximations, une ribambelle de passes manquées, de manque d’inspiration, d’attentisme, tous les ingrédients d’un mauvais match de foot. Comme si chaque joueur avait un sac de ciment dans les godasses et une gastro des familles. Quel manque d’enthousiasme, quel manque de volonté ! Où sont passés les guerriers du match contre Lens ?
C’est le constat amer que l’on peut dresser après avoir vu la rencontre : soit les joueurs se moquent de jouer ou non la Ligue des Champions (certains se sentent probablement déjà partis), ce qui reste tout de même assez peu probable, soit l’enjeu paralyse et inhibe totalement l’équipe. Curieusement, l’année passée n’avait pas posé tant de problèmes lorsqu’il a fallu asseoir la domination dans le sprint final. La vérité se situe sans doute entre les deux.
En témoignent les 20 premières minutes où les Sarthois dominent les Girondins dans tous les domaines. Dans l’attaque du ballon, dans la circulation, dans le placement. Matsui fait parler sa technique et sa vision du jeu, tandis que Grafite, en pointe, use la défense bordelaise. Une pression constante mais pauvre en occasions franches, Le Mans ne semble pas non plus dans un grand jour, tout du moins loin du jeu entraînant et discipliné que les observateurs leur prêtent. Une stérilité qui a permis aux visiteurs de placer sporadiquement quelques contres, qui même bien menés, n’ont jamais abouti, comme la percée de Jussiê qui au moment de conclure s’emmêle les pinceaux pour placer un extérieur bien maladroit qui manque le cadre. On aurait pu dresser une statue en pleine place de la Victoire si Marange avait concrétisé la superbe reprise de volée qui frise le montant de Pelé. Reste que globalement la première période fut d’une grande pauvreté de part et d’autre, et que l’on a peine à croire que d’énormes retombées sportives et financières sont en jeu sur ces quelques m² de pelouse.

désolé
"Lui, on l'a signé parce qu'il a toujours bonne mine."

A la mi-temps Ricardo tente d’accentuer son ambition offensive en sortant un Mavuba un peu perdu sur le terrain par l’entrée de Micoud. Un meilleur liant sans doute dont l’équipe manque cruellement dans le premier acte. Jussiê jouait alors un rôle de piston laissant Perea seul devant. Micoud replace Jussiê plus haut, le réseau Fernando/Micoud fonctionne mieux et l’espace est mieux quadrillé. C’est le moment que choisit Fernando pour perdre un ballon crucial au milieu. Sa passe molle dans l’axe est récupérée par Sessegnon qui fixe la défense et sert Grafite qui trompe Ramé à l’heure de jeu.
Marseille s’envole dans son match contre Sté, Bordeaux marque le pas au Mans, Lens tient son point du match nul. A cette heure précise, quelques corps se jettent dans la Garonne. Beaucoup ont pu ranger cachets et alcool quand Perea égalise d’un but improbable, une frappe molasse contrée par Camara qui prend à contre pied le portier manceau. L’espoir renaît, la C1 est encore possible. Dès lors, le match se déverrouille, devient un peu désorganisé, mais libère des espaces. Bordeaux a toujours autant de mal à trouver une cohérence dans la circulation de balle malgré la présence de Micoud dans l’entrejeu. Chamakh rentre, prend la place de pivot mais le jeu ne se situe pas dans sa zone et son influence se fait moindre. Ricardo choisit de faire rentrer Francia, sans doute pour cimenter les deux blocs girondins qui semblent se bouder. Mais c’est au contraire le Mans qui manque le but du K.O. sur une frappe de Bangoura qui frôle le montant de Youl.
Suivent dix minutes encore fébriles, où les Marines et Blancs vont pousser, mais jamais dans ce match ils n'auront donné le sentiment d’une quelconque maîtrise. Comme à l’accoutumée, Bordeaux, réagit plus que n’agit, a beaucoup de mal à imposer son schéma, son plan de jeu, tout simplement à dominer son adversaire.
On se souvient l’an passé, où lors de nombreux matches, nous avions l’impression que rien ne pouvait arriver à cette équipe solide et imperméable, un sentiment de puissance, de sérénité, de confiance. Aujourd’hui, à la fin de l’exercice 2006/2007, le doute est permanent.

Même si au pied du mur on peut parfois réaliser des miracles, on ne voit pas trop pour quelle raison, ni par quel miracle, l’ultime rencontre face à Toulouse serait abordée d’une manière plus professionnelle et déterminée. 90 minutes pour espérer - même en étant tributaire des autres - rejouer la plus haute compétition du continent. Tout donner pour qu’au terme de la rencontre, les supporters aient au moins l’impression que les joueurs pourront se regarder en face.

un beuquète pliz
Le président Henri Legarda vient d'annoncer qu'il paye sa tournée au KFC.

Les boys :

Ramé : on ne peut pas lui reprocher grand chose dans ce match, peut-être une apathie somme toute générale qui le donne battu dans son duel face à Grafite.

Marange : quelques ballons perdus dans la relance et une désertion totale de son boulot offensif (belle frappe cependant), Florian a d’indéniables qualités qu’il tarde à mettre à profit.

Planus : le seul sans doute à jouer à son niveau. Toujours impeccable dans le placement, présent en duel, un match à la hauteur pour Marc, heureusement pour l’équipe.

Joe : difficile pour un central de faire son retour dans l’équipe pour le « money time » et assurer la cohésion dans une défense décimée. Reste que Big Joe remplit sa mission même si sur le but la passe en profondeur l’élimine. Il est solide et plutôt rassurant pour quelqu’un qui ne joue jamais.

Jemmali : profitant de beaucoup d’absences pour retrouver une place dans le 11 de départ le taulier s’est montré très sobre. Trop sobre sans doute.

Mavuba : saison en roue libre pour Rio, sans éclat ni bourde, mais on a bien l’impression qu’il a la tête ailleurs.

Fernando : loin de son niveau, il ne pèse plus sur le jeu et commet beaucoup trop d’erreurs, dont celle du but. Il passe du pilier incontestable de l’équipe à une âme qui erre sur le terrain, pas concerné et approximatif. Ce n’est pas ce Fernando qui est convoité par le récent champion d’Europe.

Wendel : au bout du rouleau, le Brésilien a fait le strict minimum. Bloquant son couloir, premier relanceur, il n’aura rien fait offensivement. Vivement que la saison se termine pour recharger les accus.

Alonso : ses premières qualités sont la vitesse et la technique. Imprévisible même pour lui-même, il est parfois énigmatique dans l’exécution de ses gestes. En forme c’est un feu-follet, capable de déstabiliser n’importe quelle défense. A l’heure actuelle son pied gauche lui sert à monter dans le bus.

Jussiê : ah! s’il pouvait avoir un semblant de constance, il serait le meilleur joueur de L1. C’est le seul néanmoins à donner un coup de fouet sporadiquement. Probablement seul dans ses actions à sentir le jeu, c’est dommage qu’il ne puisse pas plus briller.

Perea : il a un excellent jeu dos au but. Il ne sert à rien la plupart du temps parce qu’il ne l’exploite pas, mais s’il pouvait redistribuer le ballon proprement après un bon travail d’appui, il serait sans doute plus efficace. Difficile de railler l’auteur du but de l’espoir, mais il a quand même passé son temps à ne rien faire d’intéressant.

Micoud rentré à la mi-temps aura permis de construire le pont manquant entre les lignes, mais il fut si seul qu’on aurait pu avoir de la peine pour lui. Beaucoup voulaient voir l’équipe sans lui, on a vu, maintenant il n’y a plus débat sur sa présence, il doit jouer.

Chamakh et Francia n’ont rien apporté.




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