David Bellion n'aurait jamais dû jouer avec Henrique à "Devine dans quelle main j'ai caché la fève !"En guise d'apéritif pour un mois de février très copieux, les Girondins ont vaincu leurs voisins toulousains (2-0), maintenant du même coup un écart confortable avec la zone de relégation. Grâce notamment à une solidité défensive retrouvée et un apport très satisfaisant des deux recrues hivernales, les Bordelais auront enfin battu une équipe du haut de tableau. De quoi engranger une bonne dose de confiance avant d'affronter Lyon ce mercredi.
Comment remporter un Garonno
Deux pas d'élan, un ballon caressé du pied gauche, et une frappe qui retombe dans la lucarne : le premier but bordelais de Ludovic Obraniak constitue un premier évènement à lui seul, mais il fait figure également de tournant dans le match du nouveau venu. Avant cela, il semblait perturbé par son positionnement, sorte d'hybride milieu-attaquant pas vraiment convaincant. Etouffé par l'entre-jeu toulousain, il parvient tout de même à faire basculer le match avec un but pour faire le break, mais aussi en faisant disjoncter Moussa Sissoko peu avant la mi-temps. C'est dommage pour Toulouse, car jusqu'ici leur international français était parfait pour gêner la construction du jeu côté Bordeaux.
Avec un peu plus d'espace en seconde période, Ludovic Obraniak a pu partir de plus bas, pour fluidifier et orienter le jeu de manière bien plus efficace. Surtout, en se recentrant, il a semblé plus à l'aise, et a ainsi ouvert le couloir à un Mariano qui ne s'est pas fait prier pour s'y engouffrer. Si ce schéma prive toujours l'équipe d'un véritable ailier droit, cette configuration semble bien être la plus efficace pour animer le côté droit bordelais, et nous sommes impatients de voir ce que cela peut donner dans des circonstances un peu moins favorables.
Au coup de sifflet final, l'impression générale reste celle d'un match sérieux : les Girondins se sont montrés solides sans être géniaux, un peu malmenés en début de match au milieu, comme on pouvait s'y attendre, mais sans véritablement être inquiétés derrière. Cédric Carrasso transpire la sérénité et la défense nous fait transpirer, même si Carlos Henrique et Mickaël Ciani ont été très solides. Le Brésilien est de nouveau dans une très bonne phase, pas loin du meilleur niveau qui était le sien juste avant sa blessure au genou. Mickaël Ciani semble sur la voie de la rédemption, en tout cas il l'espère, même si on ne peut s'empêcher d'avoir une appréhension à chacune de ses interventions (mais après tout, on n'efface pas des mois à flipper à chaque instant qu'il file un but à l'adversaire). Marc Planus a eu moins de boulot, il a su être discret mais efficace. Bémol tout de même : si de nos trois centraux, c'est lui qui doit assurer les relances, il serait appréciable de voir autre chose que des scuds balancés à tout va comme la première opération tempête du désert venue.
Le milieu a bien évidemment grandement profité de l'expulsion de Moussa Sissoko. Mais même avant, le travail de Landry N'Guemo, positionné très bas, avait permis de récupérer de nombreux ballons avant que les Toulousains ne soient vraiment dangereux. Jaroslav Plasil a semblé plus anonyme parmi ses deux accolytes du soir.
Et puis, malheureusement, le gros point noir : l'attaque. Jussiê fait son match, il met son équipe sur de bons rails dès la première minute. A côté de lui, la proximité de la surface de réparation adverse semble provoquer un mouvement de panique chez Nicolas Maurice-Bellay, Yoan Gouffran et David Bellion. Manque de lucidité, de technique, de mental, de sens du jeu, de sens du but, n'en jettez plus la coupe est pleine et c'est dramatique. Ou comique, faut voir. Et c'est absolument rageant, car il ne manque pratiquement plus que la finition à cette équipe là pour se fixer de nouveaux objectifs.
- Non mais les gars, ça sert à rien de vous activer comme ça, y a personne dans la civière. Vous allez passer pour des cons.
- On sait bien Benoît, mais le coach nous a dit que c'était une allégorie de tes centres et que la civière vide représentait la surface de réparation... Il dit que comme ça y a peut-être une chance que tu comprennes le message.
Angilloti
Si tout le milieu du journalisme sportif était en émoi devant un technicien italien capable de faire un arbre de noël avec Jérémy Ménez à la place de l'étoile, personne ne s'est ému du coup tactique qu'à tenté Francis Gillot en deuxième période : une sorte de buisson un peu dégueulasse, mais sans attaquant de métier non plus. Certes, rapprocher Nicolas Maurice-Belay de la surface paraît une mauvaise idée (malgré son but laborieux face à Valenciennes) tant celui-ci semble se liquéfier à l'approche de la surface adverse, pourtant, ce sont bien les consignes très claires et le dispositif mis en place par le coach girondin qui ont facilité ce match à un Bordeaux qui, sans briller, a rendu une belle copie.
En effet, le pressing permanent dans la moitié de terrain toulousaine, concrétisé par le but de Jussiê dès la première minute, a permis aux joueurs bordelais de se créer plusieurs occasions. En face, cette situation a plongé l'arrière garde violette dans un état de fébrilité palpable. Bien pris au milieu de terrain malgré l'omniprésence de Landry Nguemo, Bordeaux n'a certes pas fait le jeu, mais il ne s'est pas fait peur non plus, la défense faisant un match solide. Seul point noir : une relance d'un niveau indigent vus le nombre de solutions proposées dans ce système et l'incapacité de nos attaquants à prendre le dessus dans le domaine aérien.
Le Twin-Pics capillairement honteux
Michaël est de retour, alleluia
Alors que son départ paraissait inéluctable et faisait même rêver quelques supporters bordelais, Michaël Ciani est finalement resté en Gironde, faute d'offre. Et grand bien lui en a pris puisque depuis le début du mois de janvier, il semble retrouver une forme et un niveau satisfaisants. Ecarté du onze-type "à cause" des excellentes prestations de Carlos Henrique, il est réapparu grâce à l'arrivée de Mariano qui a poussé Francis Gillot à opter pour une défense à cinq, et donc à trois centraux. Dans ce schéma, et compte-tenu de l'absence de Lamine Sané (à la CAN), il a repris petit à petit confiance, ce qui a permis à Bordeaux de n'encaisser qu'un seul but en Ligue 1 depuis le 1er janvier (face à Valenciennes). Contre Toulouse, il a confirmé ses bonnes prestations en ne laissant pas un centimètre de liberté à Umut Bulut puis à Emmanuel Rivière qui ont tout les deux des noms rigolos mais pas pour la même raison. On se souvient que l'ancien stéphanois avait déposé le golgoth girondin au match aller. Si le coach girondin venait à poursuivre son idée de 5-2-3, nul doute qu'il faudra compter sur l'ancien Lorientais, surtout si celui-ci retrouve la solidité mentale qui lui avait permis de se hisser au niveau de l'équipe de France.
Les déplacements des attaquants sont mauvais ? Pas la peine d'en chier une pendule. Ah ben visiblement si...
Two lose feet
Quelles pouvaient bien être les intentions toulousaines en venant en terre bordelaise ? Probablement pas d'envoyer du jeu vu que le coach haut-garonnais avait titularisé uniquement deux joueurs de foot (Etienne Didot et Franck Tabanou) au milieu d'une équipe de recallés du Stade Toulousain. En revanche, il avait probablement dans l'idée d'impacter très fortement les joueurs adverses. Moussa Sissoko exclu logiquement en fut la preuve parfaite. Le défi physique imposé par celui-ci, par Etienne Capoue ou encore Daniel Braaten était vouée à éteindre le coeur du milieu de terrain bordelais, en net déficit à ce niveau-là. Mais le soutien de joueurs techniques postionnés plus haut (Ludovic Obraniak, Jussiê, Nicolas Maurice-Belay) aura eu raison des coups à la limite du régulier. Ainsi, Francis Gillot a semblé satisfait de la prestation de ses joueurs. Il peut espérer, notamment grâce à l'ex-lillois et son excellente deuxième période, que son équipe s'en sorte par le jeu et uniquement par le jeu comme il se plait à le répéter depuis sa signature au Haillan.
Je ne voudrais pas faire mon Coupet, mais moi, ton coup-franc, je te l'aurais arrêté.
Les groupes Facebook qu'on quitte sereinement
- Si toi aussi tu flippes sur chaque coup-franc toulousain avec leur combinaison à la con.
- Si toi aussi tu crois que Nicolas Maurice-Bellay aura de meilleurs stats qu'à Sochaux.
- Si toi aussi tu crois que Jussiê n'est capable que d'un éclair par an.
Le Twin-Pics "tiens y'a un air de déjà vu, non ?"
Mariano / Jean Tigana
Les remarques dispensables
- On le pensait perdu, mais non : celui qui a récupéré l'horrible pantalon de survet gris porté par Rocky Balboa dans le film original, c'est Ali Ahamada.
- Pour avoir de nouveau confiance en Michaël Ciani dans une défense à quatre, c'était finalement très simple, il suffisait de jouer à cinq.
- AZF, 11 ans après, les cheveux d'Etienne Capoue toujours traumatisés par l'explosion.
La comparaison Tigana / Gillot
"Voilao, regardéou, c'est tout ce que je lui ai féou à Sinama-Pongolle...
Si jé mé fous de votche gueule avec ma reconstituchion ? Peut être."

