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Le blog de Pierre Ducasse

Bordeaux - Saint Etienne : l'après match

Écrit par Rédaction Chez Les Girondins   
27-11-2006
Si l'extraordinaire et indéfectible amitié qui unit les supporters stéphanois et bordelais est unique dans le monde du football, elle ne doit pas faire oublier que, cette année, les Verts boxent dans la même catégorie que les Girondins. Un parcours similaire, défaites à l'extérieur, victoire à domicile, une lutte pour les places européennes, les deux clubs sont dans la même dynamique et font reluire les gloires passées de deux légendes du foot français. Pour les amateurs de stats, Bordeaux a systématiquement perdu le match consécutif à la ligue des Champions, et Saint-Etienne a coutume de chuter hors de ses bases. Un bon match nul nous tendait les bras. Si Hasek peut compter sur la totalité de son effectif, Ricardo compose toujours avec le peu de blessés qu'il lui reste. C'est la même défense qui débute et le schéma offensif retourne aux cinq milieux pour un seul attaquant. Le début du match ressemble à s'y méprendre à celui de mercredi face à Galatasaray. Bordeaux joue vite vers l'avant, presse le porteur du ballon et exploite à fond les côtés (surtout le côté droit). Le tandem Alonso/Faubert fonctionne à merveille, chacun alternant les offensives. Devant, Micoud joue haut et se montre disponible à chaque déviation de Laslandes impeccable dans son rôle de pivot. La première demi-heure est totalement à l'avantage des locaux avec deux ou trois occasions sérieuses dont une belle frappe de Micoud à l'entrée de la surface (sur une déviation de Laslandes évidemment) qui ne connaît pas meilleur sort que grâce à l'excellent retour de Camara. Bordeaux domine, Bordeaux trouve des situations, mais Bordeaux n'ouvre pas le score. On se souvient que cette saison à domicile, les visiteurs ont pris l'habitude d'ouvrir la marque et voir les Girondins revenir à la charge pour finalement l'emporter. Le souvenir plane d'autant plus que la demi-heure passée, Saint-Etienne se montre plus entreprenant à l'image de Feindouno qui combine bien avec Diatta sur le flanc droit et donne du fil à retordre à Jurietti et Wendel. Ramé sauvera une première fois son camp suite à une sortie aérienne pourtant mal embarquée face à Piquionne. Bordeaux aura le dernier mot de la première période avec un coup-franc cadré de Wendel qui inquiète Janot sans pour autant faire basculer la rencontre. Le bilan de la première période est convaincant, les deux équipes pratiquent un bon football, un jeu aéré et Bordeaux ne semble pas ressentir la fatigue du match de mercredi. A la mi-temps, Wendel laisse sa place à Obertan pour rééquilibrer l'équipe qui penchait sérieusement à droite. Wendel sort du match non sans avoir livré une bonne mi-temps, pleine de fougue bien qu'un peu trop brouillonne. Avec le début de saison qu'il accomplit, il a bien droit à un peu de repos et cela permet de voir la perle Obertan jouer un peu plus longtemps. La reprise se déroule un peu comme la fin de première période avec des Verts entreprenants qui récupèrent le ballon dans le camp girondin. Bordeaux recule mais ne cède pas face à des Verts peu convaincants en phase offensive. A l'heure de jeu, Sainté n'a pas saisi sa chance et verra la machine bordelaise passer la vitesse supérieure notamment sous la pression exercée par les ailes avec Alonso à droite et surtout Obertan à gauche bien rentré dans le match. Une belle occasion de Laslandes sur un service d'Alonso stoppée par Hognon de la main ne donnera pas de penalty (ce qui aurait été plus que sévère pour les stéphanois). Quelques minutes après Obertan déboule une nouvelle fois et décale Laslandes qui centre pour Micoud seul aux 6m mais qui manque sa tête qui finit mollement dans les bras de Janot. Bordeaux met la pression mais ne se libère pas pour autant. Il faudra attendre la 70ème minute pour voir Micoud s'enfoncer sur le côté gauche de la surface pour délivrer un bon centre à ras de terre. Laslandes et la défense des Verts passent à travers et c'est Alonso qui jaillit au second poteau pour battre le portier stéphanois. Le stade explose, Bordeaux mène au score sur un bon travail de Johan Micoud qui fait du coup taire ses détracteurs. Une grosse occasion de Feindouno fera trembler les travées de Lescure mais la fin de match est globalement bien maîtrisée par les marine et blanc malgré la pression stéphanoise en fin de partie, Janot montant même sur les dernières offensives. Bordeaux retrouve de sa superbe et les valeurs qui leurs ont permis d'atteindre la ligue des Champions. A un point du deuxième, les girondins sont dans le bon wagon et surtout livrent un bilan sur les trois derniers matchs plus qu'enthousiamant. Ricardo a toutes les raisons d'être satisfait. Joueur par joueur. Ramé: En fin de cycle le portier girondin offre deux visages. Celui qui rassure avec de bonnes prises de balles sur des centres il est vrai peu convaincants des stéphanois. Il fait preuve également d'une fébrilité peu rassurante notamment au pied. Il nous gratifie de sa sortie kamikaze hebdomadaire mais il se rachète en sauvant les trois points d'un arrêt réflexe face à Feindouno. Jurietti: Partie difficile pour Franck qui aura pris le tournis toute la partie par la paire Feindouno/Diatta qui ont eu tout loisir de combiner sur son aile. Brouillon, peu inspiré dans ses relances, il a tout de même apporté offensivement notamment en pourvoyeur de ballons pour Gabriel Obertan et des centres intéressants. Doué d'une bonne qualité de percussion dans l'axe, il ne bonifie cependant pas la différence qu'il fait balle au pied. A la place où la concurrence est la plus dure, il faudra faire attention à l'avenir. Enakarhire: On ne le sent pas tout à fait à l'aise encore. Surtout que ses partenaires en défense changent tout le temps. Il a souffert en phase aérienne face à Piquionne, mais s'est très largement ressaisi dans les duels et les interventions. De match en match il s'affirme comme un titulaire en puissance. Encore un bon match de sa part. Planus: Depuis son retour, le constat est édifiant: la défense bordelaise ne prend plus de but. Un but en quatre rencontres (face à Galatasaray, une belle boulette combinée de Ducasse et Jurietti), la défense bordelaise se stabilise et semble retrouver son imperméabilité. Patron de la défense indiscutable, il compense son manque de physique par une tonicité excellente et une bonne anticipation. Malheureusement, sur un tacle anodin, il se blesse au genou, laissant sa place à Jemmali. Espérons que cela ne soit pas grave. Faubert: Enfin calé à son vrai poste, il perd en apport offensif, mais donne une vitesse de repli précieuse. S'il laisse l'aile droite à Alonso, il ne se prive pas de ses débordements dont il a le secret et offre une variété intéressante sur son côté. Auteur de bons centres en première période, il s'est contenté de sécuriser son couloir en seconde. Bon match. Ducasse: Un peu perdu le Pierre et surtout une nouvelle fois auteur de quelques bourdes en relance qui auraient pu coûter cher. Pas très incisif, il s'est contenté de glisser les ballons à Fernando sans la moindre initiative. Il avait pourtant réalisé de très bons matchs mais semble montrer quelques limites. Il est jeune, à suivre. Fernando: Moins percutant que l'an passé, il a cependant un rôle énorme à jouer dans l'entre-jeu. Il fait parler son physique en phase défensive (notamment une belle course pour aller gêner Ilan) et constitue le premier rouage de la relance bordelaise. On peut supposer que Micoud prend sa part offensive, mais l'entente entre les deux promet beaucoup. Wendel: En dessous de ses dernières sorties, il a cependant compensé par une belle détermination. Pas aussi lent qu'il n'y paraît, il a fait quelques belles remontées. Sans doute émoussé, il a laissé sa place à Obertan à la mi-temps. Alonso: De match en match il s'affirme comme titulaire indiscutable sur le flanc droit. Rapide, technique, il élimine facilement son adversaire et met le feu dans la défense. Autre point très positif à mettre à son actif, c'est qu'il n'hésite pas à prêter main forte à sa défense en revenant défendre sans ménager ses efforts. Exemplaire attitude pour notre ailier de poche. Dire qu'il évolué en D2 argentine il y a 18 mois... Micoud: Cas déchirant à l'image du personnage. Les supporters attendent tellement de ce joueur qu'ils ne lui laissent rien passer. Mais force est de constater qu'il sait aussi mettre tout le monde d'accord. Omniprésent à la conclusion des actions, il a fait trempler la défense stéphanoise à plusieurs reprises, marque un but refusé (logiquement) et délivre une passe décisive. On peut regretter qu'il touche si peu de ballons tant son apport est indéniable. Le ballon va plus vite, est plus intelligemment géré et les occasions s'accumulent. Il donnera son maillot au virage sud, signe que tout n'est pas noir et que son avenir ne peut être que radieux. Obertan: Au risque de paraître abusivement dithyrambique, il est difficile de ne pas s'enthousiamer devant le potentiel de ce joueur. Sa fraîcheur, son insolence dans le jeu font de lui une véritable attraction. Elégant, rapide balle au pied, il est doté d'une capacité à dribbler son adversaire tout à fait déconcertante. Dans la ligné d'un Cristiano Ronaldo, il file sur l'aile avec autant d'aisance et offre une force de frappe redoutable. Reste à savoir s'il saura bonifier ses actions individuelles en soignant sa dernière passe. Obertaninho deviendra à coup sûr le coqueluche de Lescure. Laslandes: Que dire sur le vétéran de l'équipe ? Disponible pendant 94 minutes, il balaye le front de l'attaque comme s'il avait 20 ans. Précieux dans ses déviations, un jeu en pivot très propre (ce qui n'a pas toujours été le cas), il ne s'est pas souvent retrouvé en position de marquer, mais a offert de très bons ballons à ses coéquipiers. Son entente avec Micoud est remarquable, ce duo apporte beaucoup à notre animation offensive. Exemplaire.



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