Bordeaux-Lens : l'après match |
| Écrit par Rédaction Chez Les Girondins | |
| 06-08-2007 | |
Et Bordeaux cette année, de nouveau séduisant ? Des écrans géants, des bandeaux de pubs high-techs, une belle pelouse, de nouveaux maillots, un recrutement pertinent et dans les délais, des joueurs qui en veulent…et la cerise sur le mac do, un Laurent Blanc Gassetisé sur le banc de touche pour orchestrer tout ceci. Le jeune premier sous les spots lights face au menhir bourguignon, il n’en fallait pas plus pour animer l’avant saison qui n’aura jamais été aussi médiatique pour le club girondin. Des dizaines d’articles dans la presse et sur le web, une radio tous les trois jours, des abus de poncifs sur le parcours opposés des deux coachs, bref, une affiche (qui ne sera pas télévisée, faut pas déconner, l’O* joue contre Strasbourg, allons !) ![]() "Et non raté, t'es vraiment trop vieux papy..." La force de Bordeaux sur ce match fut d’avoir eu la capacité d’asphyxier son adversaire. D’abord par un pressing constant, à minimum trois joueurs, puis par un jeu direct dans les pieds, sans longs parpaings au petit bonheur. A noter également une souplesse dans le placement offensif, une mobilité importante d’Alonso qui n’a pas hésité à se trouver dans l’axe pour orchestrer le jeu, tout comme Wendel qui l’on a retrouvé également à l’opposé de son poste originel. Ajoutons à cela un jeu sans ballon tout à fait intelligent de Bellion qui a régalé ses coéquipiers dans ses courses et ses appels offrant une réelle profondeur de jeu et non plus le stéréotypé traçage dans le guidon darchevilien ou le poteau Chamakh en fixateur de défense. Jussiê en électron libre finit le quatuor polyvalent et dynamique, par des actions fulgurantes dont il a le secret. Après un premier ¼ d’heure timide, ce ne sont pas loin de 45 minutes de récital footballistique que les Girondins ont offert à leur publique. D’abord un côté droit performant avec une entente Alonso/Chalmé impeccable, notamment sur le but (une action d’école de bout en bout), puis un travail monumental de Diarra en véritable pilier devant la défense, prenant les ballons de la tête, nettoyant l’axe, sortant le ballon proprement, écartant le jeu et surtout permettant de libérer totalement Fernando qui a pu faire l’étalage de tout son talent faisant fi de ses courtes vacances. Une attaque vivifiante, un bloc défensif solide, tous les ingrédients sont réunis pour livrer une copie estivale au-delà des espérances et qui contraste grandement avec les sorties préparatoires. Du jeu, de l’enthousiasme, des recrues parfaitement intégrées, les médias spécialisés vont pouvoir encore pouvoir nous sortir leur poncif favori sur le club Marine et Blanc : « alors ce Bordeaux 07/08, un grand cru ? ». ![]() "Dis papa, c'est bien lui qui s'est fait piquer sa place par Runje ?" A déplorer également, un trop faible nombre d’occasions franches. Le but est de toute beauté dans sa construction, mais une telle emprise au milieu de terrain, une telle supériorité technique et physique qui n’aboutit pas à plus de situations de marquer peut se révéler préoccupant dans un match fermé, ou contre un adversaire moins joueur. Deux jolis tirs de Wendel, un rush de Jussiê, un d’Obertan, la tête de Diarra, des assauts intéressants, mais pas suffisants pour conclure à un match plein. Attention également au flanc gauche qui n’a vraiment pas le même rendement que le côté droit, Marange apparaissant vraiment juste à son poste. Mais c’est volontairement ternir un tableau plus qu’enthousiasmant en ce début de saison qui mettait le supporter dans l’expectative, tant la transformation est radicale par rapport à l’année passée. Se pose alors un double écueil. Celui de Johan Micoud d’abord, qui malgré sa classe indubitable semble à priori dépareiller dans un collectif vif et mobile, lui qui a passé l’année au petit trot, mais également celui de Cavenaghi qui débarquait en janvier dans la peau du buteur messianique, qui fut ensuite ménagé pour le semestre suivant, puis blessé laissant en suspend sa véritable arrivée dans le groupe. La paire Jussiê/Bellion est tellement emballante qu’il serait dommage de s’en passer. Sauf si évidemment Micoud retrouve son entrain, sa vista et son génie, auquel cas il n’y aura pas l’ombre d’un débat. Peu de questions non plus si San Fernando arrive enfin à faire oublier Pauleta dans le cœur des supporters bordelais. Mais est-il utile de rappeler qu’il ne s’agit que d’un match, qui plus est le premier, et que toute conclusion ne saurait être pertinente. Cependant les motifs de satisfaction sont biens réels. Une équipe motivée, mobile et intelligente entre dans ce championnat. En espérant que la suite soit d’aussi bonne facture. Et Laurent Blanc a réussi son dépucelage. Ramé : Guy Roux dit de lui qu’il est peut-être le meilleur gardien de France. Et Guy Roux ne dit pas toujours de conneries. Arrêt réflexe sur le coup franc de Monterrubio, trois ou quatre sorties de libéro pour écarter le danger, un match plein encore une fois. Chalmé : ça fait du bien de voir un vrai latéral à Bordeaux. Impeccable défensivement, excellente relance et une activité décisive sur son aile ponctuée par un mouvement rarissime en Gironde qui conduit au but. Que l’on compte les passes décisives des latéraux bordelais la saison dernière et on se rendra compte de la valeur de son match. L’homme du match. Marange : Trois ou quatre relances perdues et un jeu grippé à gauche. Une ou deux montées intéressantes en première mi-temps pour combiner avec Wendel, mais le reste est assez préoccupant. Souffre terriblement de la comparaison avec son pendant à droite. Planus : Du Planus dans le texte. Impérial en duel, relance minimale et quelques erreurs de placement. Mais c’est le taulier, à n’en pas douter. Jemmali : Peu à l’aise dans l’axe d’habitude, il a profité de l’air donné à la défense bordelaise par un milieu étouffant les lensois pour vivre une partie sereine. Quelques ballons chauds dans son dos ont obligé Ramé à jouer haut, mais dans l’ensemble un match correct. Diarra : LE joueur qu’il manquait à Bordeaux. Un peu brutal dans les duels, mais une activité vampirique et de bons choix dans les relances. Il apporte le poids qui faisait défaut dans l’entrejeu bordelais. Fernando : Libéré des tâches défensives, c’est le Fernando de la première saison qui refait surface. Et vas-y que je te fais des râteaux, des crochets, des passes entre-deux, que je déborde trois joueurs à la 60ème pépère. De l’excellent comme on avait un peu oublié de sa part. Alonso : Qu’a-t-il mangé ? De l’Alonso poussif et maladroit de l’année passée, il devient un dribbleur de poche efficace et percutant. Que dire de sa passe lumineuse pour Chalmé sur le but ? Ils lui ont changé un truc... Jussiê : S’il jouait tout le temps à fond, il serait le meilleur joueur que la L1 a connu depuis 20 ans. Rapide, technique, il a une faculté surhumaine d’accélération sur 5m époustouflante. Dommage qu’il ne parvienne pas à être constant, mais c’est un réel plaisir de le voir jouer. Wendel : Comme souvent, il est l’auteur d’une magistrale première mi-temps avant de disparaître en seconde. Mais quand il se remue, c’est un joueur exemplaire. Présent dans tous les compartiments du jeu, il tire, déborde, propose, change d’aile, ouvre le jeu. Très intéressant. Replacé plus dans l’axe par la suite à cause du sursaut nordiste, il a disparu progressivement. Bellion : Encore un profil de joueur qui nous a fait défaut l’année dernière. Rapide et remuant, il propose une solution en profondeur autre que le traditionnel et mécanique point d’encrage façon pivot que jouait Chamakh. Puis son intelligent pas en arrière sur son but montre à quel point le poste d’attaquant est vacant depuis des années. Pour les entrants, Ducasse s’est contenté de verrouiller l’axe et apporter un peu de souffle au milieu de terrain, Obertan a eu du mal à rentrer dans la partie, perdant ses trois premiers duels il a ensuite montré qu’il était plus que dangereux. Chamakh a pris tous ses ballons en pivot et a permis au bloc girondin de remonter quand l’équipe adverse grignotait du terrain. |
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