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Bonne année ! Pour entamer le championnat en 2008, les
Girondins de Bordeaux accueillaientt samedi l’AJ Auxerre. L’occasion
pour Blanc d’annoncer la couleur face au club avec qui il réalisa le
doublé en 1996, époque révolue où les Bourguignons cultivaient une
tradition de bons défenseurs. L’occasion surtout pour certains de
profiter de la CAN pour se faire une place au soleil dans le 11 type
girondin (on pense avant tout à Marc Planus qui doit faire face à la
concurrence de Souleymane Diawara).
Comme contre Quevilly, c’est le losange
qui fait son entrée au coup d’envoi, avec une compo plutôt prévisible
compte tenu du retour de vacances tardif de ces fainéants de
Brésiliens. Dans les bambous, évidemment Ramé. Une défense classique
composée de Chalmé et Jurietti sur les côtés, Planus et Henrique
occupant l’axe. Au milieu, Alou Diarra est chargé seul de la
récupération, Tremoulinas et Alonso occupent les ailes, tandis que
Micoud est à nouveau aligné à son poste de prédilection, meneur de jeu
derrière deux attaquants, Bellion et Cavenaghi.
Laurent Blanc l’avait annoncé, 2008 sera l’année du travail mental pour
réussir les débuts de matchs. Bien vu l’aveugle ! Après 2 minutes de
jeu, Planus se livre devant Jelen qui déborde et délivre un centre un
peu mou logiquement sans danger pour Ramé, à destination au second
poteau de Niculae, bien pris par Chalmé. But du Roumain en angle fermé.
Les traditions ne se perdent pas, à Chaban on aime les challenges !
Piqués au vif, les Marine et blanc réagissent et décident de prendre le
taureau par les cornes et renversent complètement la vapeur. Les
Auxerrois disparaissent peu à peu des statistiques de ballons touchés
dans les 5 dernières minutes. David Bellion, bien lancé en profondeur
se fait faucher par Sorin et obtient le penalty au quart d’heure de
jeu. L’ancien mancunien le tire lui-même, en visant la main du portier
auxerrois pour permettre à Cavenaghi d’ouvrir le score sur le
cafouillage qui s’ensuit. Scénario habituel, la prophétie est en
marche. Bordeaux continue à pousser et double la mise peu avant la
mi-temps, d’un joli but du poteau droit, sur un bon service de Planus
sur coup franc. Il y avait apparemment du pari dans l'air, tous les
joueurs allant se jeter sur Jean-Louis Gasset à la suite de ce but.

Avec en bonus les leçons de penalty de Toifilou Maoulida, un
concours capillaire opposant Lilian Laslandes à Taribo West et un cours
de self-defense par William Prunier avec Philippe Violeau dans le rôle
de la victime.
La deuxième période redémarre avec les
mêmes joueurs, et sur les même bases que la première, avec des
Girondins qui maîtrisent leur sujet, et des Auxerrois qui subissent. On
sent le match prêt à basculer à tout instant en Premier League anglaise
avec un score de baby-foot. Le troisième but est argentin. Alonso,
virevoltant pendant tout le match, récupère un ballon dans ses 30
mètres, le remonte dans l’axe, chambre Pedretti avec un petit pont,
puis sert Cavenaghi sur un plateau à 25 mètres. Un contrôle, une frappe
enroulée parfaite, on appelle ça un buteur. C’est si simple le
football.
A partir de là, le match est plié et la suite servira de remise en
forme pour Wendel, Fernando et Jussiê, qui remplacent Tremoulinas,
Micoud et Alonso. A noter une ovation du public pour Micoud à sa
sortie. Le tacle effectué à la 32ème minute a porté ses fruits.
Le match devient moins passionnant, Jean Fernandez ayant décidé
d’assurer le résultat en passant à une défense à 5 avec l’entrée de
Tamas à la place de Lejeune. Moins de rythme côté girondin, les deux
équipes se neutralisent et le match s’équilibre.
Le dernier coup d’éclat interviendra dans les arrêts de jeu, avec un
bon ballon de Wendel pour Bellion à la limite du hors jeu, qui efface
Sorin et marque dans le but vide. But somme toute anecdotique rapport
au résultat, mais qui devrait faire du bien pour la confiance de
l’ancien niçois.
On a souvent reproché à Bordeaux de manquer le coche aux moments clé.
Cette fois-ci les hommes de Laurent Blanc n’ont pas laissé passer la
chance de revenir à hauteur de Nancy, et se positionnent désormais
comme un dauphin en puissance, grâce à cette victoire convaincante.

Peu de gens le savent, et c'est d'ailleurs une exclusivité www.chezlesgirondins.com, mais l'AJA possède la plus vieille couette de France.
Les Boys :
Ramé : Cap’tain n’est pas forcément rassurant en ce
moment. Après un geste social en coupe de France, il porte une partie
de la responsabilité du 1er but par sa non-sortie, quelques hésitations
au pied, un timide ballon boxé tout à fait captable. Peut mieux faire.
Chalmé : porte une autre partie de la responsabilité du but de Niculae. S’est plutôt bien repris par la suite.
Henrique : le patron hier. Très rassurant, il a eu le
souci de poser le ballon au sol plutôt que de dégager à
l’emporte-pièce. Cela fait plaisir de le revoir à ce niveau.
Planus : un peu moins serein défensivement que
d’habitude, malgré quelques tacles et interventions bien senties. Une
bonne patate pour son 1er but en Ligue 1.
Jurietti : un gros match de la part de l’international
tricolore. Toujours solide défensivement, il n’a pas hésité à apporter
son soutien offensivement, avec quelques montées tranchantes, même s’il
a parfois donné l’impression de marcher sur les pieds de Tremoulinas.
Diarra : pris de court de manière inquiétante contre
Quevilly, il nous a sorti cette fois un match de grande facture. Très
en jambes, grosse activité, s’il reste à ce niveau, on n’a pas de
soucis à se faire.
Alonso : son meilleur match. Gros boulot défensif, il
a bien couvert son coté, tantôt en position d’ailier, le plus souvent
recentré en axe droit, son travail sur le 3ème but est remarquable.

Le papa de Benoît Pedretti est fier et il tient à l'afficher sur son Laguna.
Tremoulinas : un
enthousiasme qui fait plaisir à voir. Il ne se pose pas de questions,
et s’affirme comme une solution intéressante pour occuper le côté
gauche, plus vif et percutant que Wendel.
Micoud : sur sa lancée du match de coupe de France.
Une bonne prestation, peu de pertes de balles, une orientation du jeu
complètement naturelle pour lui. Indispensable pour trouver la
solution, le bon espace, face à ce genre de défense regroupée.
Bellion : un match sérieux, récompensé par le 4ème but
bordelais. Il a joué à la pointe de l’attaque, souvent à la limite du
hors-jeu (voir même dedans). Son entente avec Cavenaghi s’améliore. Son
appel de balle sur le dernier but est un modèle.
Cavenaghi : le meilleur attaquant de la L1 à 19, si
certains en doutaient. Il sent le jeu et y participe beaucoup, perd peu
de ballons, offre des solutions en soutien. Impeccable à la finition
sur le 1er but là où le joueur moyen aurait balancé une mine, son 2ème
but est magnifique. Un peu moins présent en fin de seconde période où
il a été décalé à gauche après l’entrée de Wendel.
Fernando : a repris le rôle de Micoud, évoluant plus en retrait avec un souci de propreté dans les transmissions.
Wendel : peu actif sur l’aile gauche en comparaison avec Tremoulinas, il donne un excellent ballon sur le 4ème but.
Jussiê : placé sur le flanc droit, il a montré une
nouvelle fois qu'il n'est pas un joueur de côté. Il recentre
naturellement le jeu au lieu de l'écarter.
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