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T. Oleksiak : « Je souhaite que les deux clubs se rapprochent »

Interviews
Écrit par Alfonso Ribeiro et Tias   
30-06-2009
En complément de notre article du 25 juin dernier (Ne nous cassez pas Libourne !), nous avons demandé à Thierry Oleksiak, l'entraîneur du F.C. Libourne-Saint Seurin, de faire le point sur la situation de son club et de nous donner son point de vue sur un éventuel partenariat avec les Girondins de Bordeaux.


Thierry Oleksiak, entraineur du FCLSS


Chez Les Girondins : Pouvez-vous nous résumer la saison que vient de vivre le Football Club de Libourne-Saint Seurin ?

Thierry Oleksiak : C’est une saison qui a été préparée « à la va vite », parce que la saison précédente le club était persuadé de se maintenir en Ligue 2, et n’avait donc pas préparé la descente en National. Donc on s’est retrouvé en difficulté dès l’intersaison parce qu’il n’y avait pas vraiment de stratégie élaborée, ce qui explique notre mauvais début de saison. Ensuite, on peut dire qu’il s’est passé un truc extraordinaire parce que sportivement on a fait un parcours de grande qualité pour finalement finir à une belle 12ème place. On a vécu six mois exceptionnels au cours desquels on a pris énormément de points puisqu’on a fait le parcours d’une équipe qui monte sur la 2ème partie de saison. Le mérite en revient bien entendu aux joueurs, mais aussi à mon staff technique et à l’ensemble du club parce que ce sont des choses qui ne peuvent pas se faire dans d’autres conditions. Au final on a des souvenirs extraordinaires sur le plan sportif mais quand même assez mitigés parce qu’on a fini dans la difficulté à la fois sportive et financière. La dynamique sportive, je le répète, est exceptionnelle, et je souhaite que toutes les composantes du club se mettent à la hauteur de ce qui a été fait.


CLG : Vous êtes arrivé au FCLSS en début de saison en tant qu’adjoint de Stéphane Ziani, puis vous avez pris la tête de l’équipe au mois de décembre alors que le club était reléguable. Comment faut-il agir dans ce type de situation désespérée ?

TO : Vue la situation quand je prends l’équipe, l’objectif ne peut être que le maintien. Il fallait définir des priorités. On n’a absolument rien laissé au hasard. On a affiné sur le plan physique, on a beaucoup travaillé sur le plan technico-tactique, sur le plan mental aussi. On a appuyé sur tous les boutons, on a fait preuve de combativité, de constance sur la durée, parce que le maintien ça se joue dans la globalité. Cela passe par des moments difficiles et d’autres plus heureux. Dans les moments difficiles il ne faut pas être catastrophiste, et après les victoires il ne faut pas tomber dans l’Euphorie. J’ai toujours dit que cela se jouerait sur l’ensemble du parcours et peut être à la dernière journée, il se trouve que c’est ce qu’il s’est passé.


CLG : Vous aviez déjà connu ce type de situation au cours de votre carrière ?

TO : L’année dernière avec Aurillac on s’était sauvé de façon un petit peu limite. Cela fait partie du job de l’entraîneur de faire face à ce genre de situation. Il faut être très exigeant avec son groupe, et il faut qu’il le soit en retour. Cela a été le cas cette saison.


CLG : Avez-vous apporté des modifications à votre groupe lorsque vous êtes arrivé à sa tête ?

TO : Oui, trois joueurs sont arrivés au mercato d’hiver. Romain Dupuis, prêté par les Girondins, Lys Mouithys, un ancien des Girondins, et Matthieu Ligoule qui s’entretenait physiquement avec la CFA des Girondins. On peut donc dire qu’indirectement, les Girondins ont participé à notre maintien.


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CLG : Justement, pour faire face aux difficultés financières rencontrées par le FCLSS (relégué administrativement en CFA par la DNCG, le club a fait appel et présentera un nouveau dossier le 1er juillet), beaucoup de gens dans la région souhaitent un rapprochement entre les deux clubs. Qu’en pensez-vous ?

TO : Je ne parlerais sûrement pas à la place des dirigeants de mon club et de celui des Girondins. La seule position que je puisse prendre, c’est celle d’un technicien, et je ne parlerais pas, là non-plus, à la place des techniciens de Bordeaux parce que je les ai rencontrés une fois ou deux et il y a des choses creuser. Je pense que l’on peut être extrêmement complémentaire du travail des Girondins. Bien entendu, je ne prétends pas du tout faire de la formation à leur place parce qu’ils en sont tout à fait capables et le titre de Champion de France qu’ils viennent de remporter avec beaucoup de joueurs formés au club en est la preuve. Je pense qu’il y a moyen de travailler sur certain profils de joueurs, de manière complémentaire, je le répète, car il y a beaucoup de choses qui sont très bien faites. Certains profils de joueurs, donc, qui peuvent trouver du temps de jeu en National et peut être peaufiner leur formation et s’aguerrir. Ce sont des choses qui peuvent se travailler entre techniciens. J’ai déjà eu quelques contacts avec Patrick Battiston parce que j’ai eu le bonheur de jouer avec lui (à Saint Etienne, ndlr) et c’est quelqu’un que j’apprécie donc on a déjà eu quelques discussions à ce propos. Il n’y a absolument rien de mis en place en ce moment. Il y a des choses qui se passent au niveau des dirigeant, et puis il y a des choses qui se passent au niveau des techniciens.


CLG : Pensez-vous qu’un partenariat concret entre les deux clubs est souhaitable ?

TO : Je pense que c’est extrêmement souhaitable. Je souhaite que les deux clubs se rapprochent, qu’il y ait des contacts qui se mettent en place, notamment au niveau des staffs techniques, qu’il y ait des échanges. Pour avoir un petit peu d’expérience dans le football, je pense que c’est la meilleure des solutions pour envisager d’autres choses. Je peux comprendre que les Girondins se demandent ce qu’ils ont à y gagner. Ils sont champions de France, ils jouent la coupe d’Europe, et il y a un club à côté qui joue en National, qui est peu médiatisé... Je pense que c’est aux techniciens de faire passer le message d’abord entre eux, et à travers ce rapprochement éventuel il pourrait se passer beaucoup de choses. Mais nous n’en sommes qu’aux frémissements.


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CLG : Par rapport au Girondins de Bordeaux, le FCLSS fait office de « petit Poucet ». Comment expliquez-vous qu’en Aquitaine il n’y ait pas un deuxième gros club derrière les Girondins de Bordeaux ?

TO : J’adhère sans problème au fait que l’on soit « le petit Poucet » par rapport aux Girondins de Bordeaux. Quand on est à 25 kilomètres du club champion de France qui participe à la Ligue des Champions, il serait déplacé de dire le contraire. En revanche, je pense que le terme de « petit Poucet » ne convient pas au club de Libourne, parce que le National est un niveau qui n’est pas du tout anodin. C’est quand même la 3ème division nationale, on fait partie des 60 meilleurs clubs français. Les deux divisions qui sont le plus exposées médiatiquement sont la Ligue 1 et la Ligue 2, mais je reste persuadé que le niveau du National n’est pas du tout négligeable. C’est un championnat de 38 journées, un vrai marathon, très exigeant, avec des équipes armées, des équipes qui descendent de Ligue 2. C’est un niveau qui mérite d’être découvert. Je l’ai découvert cette saison, et au niveau du quotidien on est dans une démarche totalement professionnelle. On peut éventuellement employer l’expression « petit Poucet » si on se compare aux Girondins de Bordeaux, mais nous sommes tout de même le leader en Aquitaine juste derrière les Girondins. Il n’y a pas d’autre club aquitain en National.


CLG : Pour cela il faudrait que le club reste en National. Vous êtes optimiste avant le deuxième passage devant la DNCG ?

TO : Je suis confiant. Je ne suis pas optimiste, mais je suis confiant. J’ai confiance dans les gens qui travaillent. Le rôle de l’entraîneur prend des dimensions de plus en plus importantes, on est en contact avec les partenaires, les médias, mais les vrais décideurs restent les dirigeants. Donc je suis dans l’attente et je fais confiance aux gens qui travaillent en ce moment.


CLG : Qu’est-ce que cela changerait pour Libourne si le club devait descendre en CFA ?

TO : C’est marqué dessus, il y a 80 clubs de CFA et 20 clubs de National. En terme de niveau, cela change beaucoup. Les équipes sont beaucoup plus solides en National. L’année prochaine il y aura Troyes, Reims, Amiens en National, ce sont des équipes qui ont un vrai passé en L2 ou en L1. Il y aura aussi l’A.S. Cannes qui a également un vrai passé en L1, Croix de Savoie qui aura un budget de 5 millions d’Euros, ce qui équivaut à un petit budget de L2… C’est un championnat qui est effectivement en grosse difficulté parce qu’il est un peu laissé à l’abandon au niveau des droits télé, mais qui reste sportivement de grande qualité.







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