Interview de Tony Selliez |
| Écrit par Rédaction Chez Les Girondins | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| 24-08-2007 | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
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Tony Selliez, aka The Voice, commente depuis 5 ans pour France Bleu Gironde tous les matchs des Girondins de Bordeaux en direct et en intégralité. Il s'agit donc d'un homme valeureux, dur-au-mal, qui mérite tout notre respect. En plus des matchs, Tony anime le Club Foot tous les lundis à partir de 18h30 (reprise le 03 septembre), émission culte que nous avions perturbée sous sa bénédiction la saison dernière (toujours écoutable dans la colonne de droite du blog).
La version audio de l'entretien est écoutable dans la colonne de droite du blog. Chezlesgirondins : Bonjour collègue ! Tony Selliez : Ouais ! Confraternel, on va commencer comme ça. On est chez nous d’ailleurs ! « Il y a des gens pour qui c’est très très très important ce que je vais leur apporter. Donc la pression elle est là. » Chezlesgirondins : Tu as passé un bon mercato d’été ? Tony Selliez : J’ai souffert de très loin. J’ai bien découpé tout ça, je vous montrerai un jour. J’ai un cahier. C’est ridicule, mais bon, c’est le genre de chose qui rassure. Je suis pire que les supporters. Donc moi aussi je colle. J’ai récupéré tous les articles, enfin les trois, parce qu’il n’y a pas beaucoup d’arrivées, vous le savez bien. J’ai souffert avec vous (ndlr : entretien réalisé fin juillet, avant l'arrivée de Diawara) Chezlesgirondins : ça fait quel effet d'être le seul a commenter les matchs des Girondins de Bordeaux en intégralité ? Tony Selliez : Il y en a un autre mais je ne vais pas le citer.... Il ne les fait peut être pas tous, non plus… Chezlesgirondins : Il ne le fait peut-être pas aussi bien... Tony Selliez : Je ne sais pas (rires). Ça me fait plaisir, en revanche ça me met pas mal de pression et ce qui est un peu embêtant c’est qu’on ne peut pas plaire à tout le monde. Après, forcément, quand on est de l’autre coté du micro c’est grisant. D’autant plus d’être tout seul, d’avoir tué la concurrence. Je n'y suis pour rien, mais bon... C’est triste mais c’est comme ça. Chezlesgirondins : Oui, enfin bon. Officiellement tu n’y es pour rien... Tony Selliez : (rires) Chezlesgirondins : Quand tu parles de pression, comment ça se matérialise ? Tony Selliez : On essaie toujours de faire au mieux. Déjà quand on n'était pas tout seul j’ai toujours voulu faire au mieux. Maintenant on va considérer qu’on est tout seul, de toutes façons le but c'est de se faire plaisir, non ? Donc on est tout seul et en plus on est les meilleurs (ironique) ! La pression, pour moi c’est d’être le plus précis possible, de plaire au plus grand nombre. J’ai un métier extraordinaire. Je n’ai pas l’impression de travailler. Il y a des gens pour qui c’est très très très important ce que je vais leur apporter. Donc la pression elle est là. Il faut être à la fois supporter pour faire plaisir aux supporters et être objectif parce qu’il ne faut pas mentir aux gens. Chezlesgirondins : C’est quoi techniquement le truc le plus difficile quand tu commentes ? Meubler quand il y a 5 minutes où il ne se passe rien ? Tony Selliez : Non, ça fait 5 ans que je commente les Girondins, donc ça, j'ai l'habitude (rires). « Il y a quelques joueurs aux Girondins qui refusent les interviews ou qui choisissent les journalistes ou les médias. » Chezlesgirondins : Est-ce que c’est facile d'exercer son métier de journaliste aux Girondins ? Tony Selliez : C’est le seul club de L1 que je connaisse. J’en connais d’autres à des niveaux où c’est un autre monde, ça n’a rien à voir. Chez les Girondins, c’est simple, c’est le minimum. Il ne faut pas rêver, on n’est pas copain avec les joueurs. J’ouvre pas toutes les portes du château du Haillan, encore moins celles du vestiaire. En 5 ans, j’ai du rentrer deux fois dans le centre d’entraînement proprement dit. Les règles sont de plus en plus restrictives, on a accès à très peu de choses. Il ne nous ferme pas complètement les portes, mais ce qu’on craint, là je vais être sérieux, c'est qu’un jour le club nous dise :"voilà, on est allé à l’entraînement, on a fait une vidéo, on a fait une cassette, vous prenez, c’est service du club et vous vous servez des interviews." On n’en est pas encore là mais on s’en rapproche. Et là c’est très dangereux. Et pour nous, et pour vous. Mais bon, de temps en temps ils nous invitent au château, on soulève la Coupe de la Ligue quand ils la gagnent. Chezlesgirondins : Comment ça se passe lorsque vous faites des demandes d'interviews de joueurs ? Tony Selliez : Les joueurs ne veulent pas forcément. Ce qui est problématique, c’est qu’on ne les oblige pas à nous répondre. Il y a quelques joueurs aux Girondins qui refusent les interviews ou qui choisissent les journalistes ou les médias. Il y en a plusieurs aux Girondins, enfin il y en a surtout un, et là c’est très embêtant. Il y en a un que je n'ai pas interviewé depuis au moins six mois. Chezlesgirondins : Son nom commence par mi et se termine par cou (rires) ? Tony Selliez : C’est possible. Chezlesgirondins : Est-ce qu’il y a des choses qui sont tabou aux Girondins ? Des choses dont tu sais que tu n'as pas le droit de parler ? Tony Selliez : Ils n'aiment pas qu’on parle d’argent, mais ce n’est pas spécifique aux Girondins. Je ne leur jette pas la pierre, c’est la mentalité française. En Angleterre, ils sont très fiers d’aligner leur salaire. Je dis pas que c’est mieux là-bas, mais en Angleterre c’est une fierté de dire :"Moi je gagne tant". Aux Girondins ils ne veulent pas en parler et je ne m’en plains pas spécialement. Chezlesgirondins : Et au niveau de la direction, est-ce qu'il y a des questions dont tu sais que cela ne sert à rien de les poser ? Tony Selliez : Vous voulez vraiment que je balance (rires) ! On essaye tout les ans de leur demander combien d'argent est disponible pour les transferts. Ça tourne toujours autour de ça. On pose toujours la question et on a toujours une réponse qui n’en est pas une. Chezlesgirondins : Quels sont les meilleurs clients que tu aies eu en interview depuis que tu es aux Girondins ? Tony Selliez : Pour moi, le meilleur c’était Christophe Dugarry. Et de très loin. Après, c’est dommage parce qu’on ne va parler que des gens qui sont plus là. J’aimais beaucoup Rio Mavuba, surtout sur la fin parce qu’il avait appris. C’est un métier aussi, ce n’est pas facile de s’exprimer devant la presse. De temps en temps on leur tape dessus et ce n'est quand même pas évident de se retrouver devant une meute de journalistes qui vous harcèlent toutes les semaines. Pour sa sincérité, j’aimais bien Rio Mavuba. Après, il y en a quelques un dans l’effectif actuel. Parmi mes préférés il y a David Jemmali et Ulrich Ramé, par exemple. Ulrich Ramé ce n'est pas le meilleur client parce qu’il est comme moi, temps en temps il bafouille, il cherche ses mots. Le plus franc du collier, c’est David Jemmali. « les stades où je préfère aller ce sont ceux des ennemis héréditaires des Girondins, c’est à dire le Parc des Princes et le stade Vélodrome. » Chezlesgirondins : Est-ce qu’il y a des stades où tu es mieux accueilli qu’ailleurs, d'autres que tu redoutes, des stades dans lesquels il est plus agréable de bosser que dans d’autres ? Tony Selliez : Il y en a un qui est fantastique, près de la mer méditerranée, qui plaît beaucoup à mon collègue qui commente Libourne aussi, c’est Gueugnon. C’est assez terrible (ironique). Le problème surtout c’est quand on est mal placé, loin de la pelouse, voir à hauteur de la pelouse... Mais je n’ai pas de mauvais souvenirs. En revanche, je ne sais pas si c’est triste, mais les stades où je préfère aller ce sont ceux des ennemis héréditaires des Girondins, c’est à dire le Parc des Princes et le stade Vélodrome. Et à Sainté aussi, et là c’est tout le contraire. Chezlesgirondins : Pour l’électricité qu’il y a dans le match ? Pour l’ambiance ? Tony Selliez : Oui. Au Parc des Princes, on sent l’électricité à plusieurs centaines de mètres du stade, déjà. Donc, quand vous êtes dedans c’est encore pire, c’est l’ébullition. Même quand il est encore vide il se passe quelque chose. Çà pue le foot. Chezlesgirondins : D’un point de vue architectural, est-ce qu’il y en a qui se démarque ? Tony Selliez : Le plus magique c’était Liverpool, l’an dernier. Depuis cinq ans, il n'y a pas photo. En même temps si vous regardez le parcours européen des Girondins, ils n’ont pas fait grand-chose... Chezlesgirondins : C’est marrant, c’est depuis que t’es là (rires)... La saison des Girondins, tu la sens comment ? Tony Selliez : Il y a encore un mois pour recruter. Donc rien n’est perdu. Moi je suis persuadé qu’ils auront une équipe solide comme ils ont toujours eu. Il faut voir devant, moi je reviens de vacances, j’en sais pas beaucoup plus. Je ne les ai pas vu jouer, je n’ai pas vu un seul match amical donc... Chezlesgirondins : Fallait pas le dire ! Tony Selliez : Non, je ne sais pas. Cette semaine on a vu Ulrich Ramé qui nous a dit : "On a changé de jeu, on va jouer toujours avec deux pointes devant." Diarra a dit la même chose, ce que Blanc ne voulait pas forcément dire. Ils veulent un jeu de passes courtes qu’on n’a pas vu depuis une éternité. Apparemment c’est terminé les passes longues, je ne sais pas si c’est une bonne nouvelle pour Marc Planus. Je ne sais pas si c’était des consignes qu’on lui donnait avant, mais à priori c’est terminé. C’est quand même plutôt une bonne nouvelle. Je suis persuadé que çà va être une équipe solide derrière. Ça va être un bloc. Blanc va réussir à faire ça. Après, j'aimerais bien un festival de buts mais je n’y crois pas trop. Il faut voir l’éclosion d’Obertan, si on va lui laisser du temps de jeu... Il manque le gros gros buteur devant, sauf si Cavenaghi a deux jambes un jour... Chezlesgirondins : Tu as déjà interviewé Laurent Blanc ? Tony Selliez : Oui. Chezlesgirondins : Alors ? Langue de bois ou bon client ? Tony Selliez : C’est un pro de la communication, ce qui en dit long. « chezlesgirondins.com est un site qui commence à faire son trou dans la petite famille du football bordelais. Je ne dis pas çà parce que vous êtes là, c’est vrai. » Chezlesgirondins : Pour parler de toi plus particulièrement, l’année prochaine tu maintiens le Club Foot le lundi soir ? Tony Selliez : Oui, avec une montée en puissance. On va rester sur une demie heure toujours le lundi soir de 18h30 à 19h00. Cette année on aura plus d'invités qu’ailleurs. On va essayer d’investir la toile avec vous en particulier parce que chezlesgirondins.com est un site qui commence à faire son trou dans la petite famille du football bordelais. Je ne dis pas çà parce que vous êtes là, c’est vrai. Ce n’est pas moi qui vous ai découvert, c’est un confrère de l’AFP, donc plutôt une boîte sérieuse. Ce sont des gens sérieux qui vous lisent. C’est le seul site décalé sur les Girondins, dans un esprit un petit peu turbulent qui vient bousculer un peu ce qu’on peut voir. chezlesgirondins.com c'est quelque chose à part. C’est embêtant que je le dise devant vous, je n'ai pas envie de vous faire rougir, mais je suis persuadé que l’émission que l’on a faite l’an dernier était la plus déjantée de l’année et j’ai eu beaucoup d’échos. Il fallait absolument remettre ça. Donc j’espère que vous serez brillant et on vous retrouvera une fois par mois. Vous avez la pression maintenant ! Chezlesgirondins : Non, ça va ! Tu peux présenter l’émission pour les internés qui ne l’auraient jamais entendue ? Tony Selliez : Le principe est simple : pendant une demie heure tous les lundis, on va parler du match qui a eu lieu, mais l’idée c’est surtout d’inviter la famille du football et des Girondins. C’est pour cela qu’on vous avait tendu la perche et qu’on voulait vous faire venir cette saison. C’est pour découvrir votre site. On va découvrir tous les gens qui parlent des Girondins. On ne va pas parler que des matchs, que de l’actualité. Çà ne va pas être que les transferts, que du 4-4-2 et du 4-5-1. Honnêtement c’est le genre de chose qui m’énerve. Je ne suis pas un féru des schémas tactiques. On va vraiment parler des Girondins de Bordeaux sous toutes leurs coutures. Chezlesgirondins : Merci collègue ! Tony Selliez : Merci, à bientôt ! Le 03 septembre ce sera avec vous, vous pouvez noter que je viens de vous inviter (ndlr : ce sera finalement le 10 septembre).
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