• 17 Mai 2008

    Ramé : A Lens, ce sera l'enfer (Sud-Ouest).

    Fallait voir le film jusqu'au bout, Ulrich. En fait ils sont gentils.

  • 20 Avril 2008

    Wendel : "Lyon garde la fourchette et le couteau dans ses mains" (lequipe.fr)

    Ah bah c'est pour ça que tu bouffes rien 

  • 15 Avril 2008

    Blanc : "Je suis un enfant de la Coupe" (lequipe.fr)
     
    Jemmali : "Je suis un enfant de la cisaille" 

  • 3 avril 2008

    Geraldo Wendel : "Je crois que je voudrais me marier avec mon fils" (site officiel)
     
    Cette banderole a fait beaucoup de bien. 

  • 25 mars 2008

    Wendel : "J'ai mis trois ou quatre grosses frappes sans faire semblant. Je n'ai rien senti."

    Et après il s'est excusé auprès d'Anthony Réveillère, la classe.

Entretien avec Gaëtan Huard - 5ème partie

Interviews
Écrit par Rédaction Chez Les Girondins   
04-01-2008
Gaëtan est de retour et il vous souhaite une très bonne année !

Voici donc le 5ème épisode de notre saga Guéguette, ou comment les Girondins de Bordeaux ont tapé le grand Milan AC et la mafia russe.

 

Nous avons revu Bordeaux-Milan AC (1/4 de finale de coupe de l'UEFA 1996, victoire 3-0 des Girondins, ndlr) et ce qui est frappant c'est qu'on a l'impression que ce type d'exploit est totalement impossible de nos jours. Le pressing tout-terrain exercé pendant 90 minutes par les Bordelais, par exemple, est incroyable. Comment expliques-tu ce qui s'est passé ce soir-là ?

On est parti au vert 2 ou 3 jours avant le match à Lège-Cap Ferret avec Gernot (Rohr, l'entraîneur de l'époque, ndlr). On était dans les bois, c'était sympa, on était super bien et à l'entraînement tu sentais un parfum. Tu sentais le truc qui prenait bien, dans les jeux, dans la préparation, les répétitions de coups de pied arrêtés, le toucher de balle... Il y avait quelque chose. On se regardait, et on savait que quelque chose était en train de se passer. Moi, c'est là que j'ai su qu'on allait battre le Milan AC. Là, je me suis dit « on va le faire ! ».

ticket bordeaux milan

C'est ça qui est incroyable ! Quand on regarde la cassette retraçant l'épopée européenne de 1995/1996, on voit des interviews de Dugarry et Lizarazu sur le plateau de FR3 Aquitaine dans lesquels ils disent : « Rendez-vous mardi au stade, on va éliminer Milan ».

Surtout qu'on est revenu de Milan sans avoir vu une seule fois le but de Rossi (défaite 2-0 de Bordeaux, ndlr). Là-bas on ne s'est jamais mis face au jeu. Il y a juste une occasion de Witschge sur la fin, mais sinon il n'y a rien !

De nos jours on n'imagine pas des joueurs venir annoncer une victoire face au meilleur club du monde en direct à la télévision.

Je pense qu'ils l'ont dit aussi pour se motiver, en extrapolant. Avant de partir à Lège-Cap Ferret on se disait qu'on verrait bien. Mais à Lège il s'est passé un truc.

Quel a été le discours de Gernot Rohr ?

Il a été lucide en nous disant que tout était possible. Je pense que lui aussi a senti qu'il allait se passer quelque chose. Tout comme avant la finale contre Munich j'ai senti qu'on ne gagnerait jamais. C'était mort. Même avant de jouer je le savais déjà.

Pour en revenir au match contre Milan, quel était votre plan ? Pendant le match, Platini explique dans ses commentaires que Philippe Lucas coupe parfaitement la relation entre Baggio et Weah.

Philippe a fait un match extraordinaire, tout à fait. J'ai revu le match il n'y a pas très longtemps, je ne l'avais jamais revu. C'est vrai que Lucas récupérait tous les ballons, on anticipait tout leur jeu, on était vraiment en symbiose.

Dutuel en marcel
Les shorts sans sponsor, c'était quand même vachement plus classe.

Dans cette équipe, il y avait des jeunes joueurs tels que Fernandez, Toyes, Anselin, Fischer, Histiolles ou De Blasiis qui n'ont pas fait une grande carrière après cette épopée. Réussir un tel parcours avec des joueurs aussi improbables, c'est ce qu'on appelle « avoir l'esprit de groupe » ?

Ouais ! Il y a eu une union qui s'est créée durant la coupe intertoto, la « coupe à Toto » comme on l'appelait. Cela nous embêtait plus qu'autre chose de la jouer et puis on s'est pris au jeu. A l'époque il y avait des poules en Intertoto, pas comme maintenant où tu fais un match et t'es en UEFA. Je me rappelle des matchs au mois de juillet quand il faisait beau et qu'on devait partir au vert...
C'est pour cela qu'on a eu un contre-coup en championnat, aussi. Si tu regardes les premiers matchs de championnat, on est parti à fond parce qu'on était tous plein de gaz. Ensuite si tu regardes la première quinzaine de novembre, tu vois nos résultats plonger. A ce moment-là t'as l'impression d'avoir déjà joué une saison et t'attends décembre pour recharger les batteries.

Qui étaient les leaders dans le groupe cette saison-là ?
Il y a toujours des leaders. Il y avait le noyau des anciens, et puis les jeunes étaient toujours à l'écoute, ils avaient un bon fond. La réussite passe par des mecs qui ont un bon fond, qui acceptent de ne pas être titulaires, qui savent être là quand ça ne va pas. Cette saison il y a eu un « truc » vraiment bien, c'était sympa. Mais c'est vrai que c'était au détriment du championnat.

Et vous avez vécu des déplacements incroyables durant cette épopée. Celui à Volgograd, en Russie, en 1/16 de finale semblait des plus pittoresques...

En réalité, maintenant on peut le dire, le club de Volgograd (qui avait éliminé Manchester United en 1/32 de finale, ndlr) appartenait à la mafia russe. D'habitude on allait toujours dans des supers hôtels, et quand on est arrivé là-bas on a demandé à Bibi (Bernard Bilatte, l'intendant des Girondins, ndlr) qu'est-ce que c'était que cet hôtel. Chez nous cela n'aurait même pas été un deux étoiles. On nous a expliqué que si on n'était pas allé dans cet hôtel-là on n'aurait pas récupéré nos bagages à l'aéroport. On était obligé d'aller dans cet hôtel. Mais ce sont des aventures extraordinaires, tu vis des choses. Ensuite ils ont demandé à des filles de nous appeler tout le temps à l'hôtel pour nous perturber au maximum. Il voulaient vraiment la qualification ! J'avais déconné au match aller (cf épisodes précédents), il y avait eu 1-1, ils venaient d'éliminer Manchester... Quand tu regardes les stats, en coupe d'Europe l'équipe qui fait 1-1 à l'extérieur à l'aller elle est qualifiée à 90%. Donc c'est vrai qu'ils ont tout essayé.

On va encore revenir à ce fameux match contre Milan. Penses-tu que ce genre d'exploit d'un club français sur un match aller/retour soit encore possible ?

Oui, parce qu'il y a toujours eu des exploits dans notre football. Metz a battu le Barça, Toulouse a battu le Naples de Maradona. T'as toujours des matchs de référence.

Là cela fait bien longtemps qu'on n'en a pas vu.

C'est vrai.

C'est peut-être la faute de cette culture individualiste, de ce manque de « culture-club » que tu évoquais précédemment. C'est peut-être plus difficile de souder une équipe pour ce genre d'exploit, on est peut-être un peu démissionnaire ?

Pas démissionnaire. Moins concerné, peut-être.

Désormais avant ce genre de match on entend les Français dire : « le salaire d'un de leur joueur équivaut aux salaires de toute notre équipe », ou ce genre de chose.

C'est parce qu'il n'y a plus de culture-club. Moi ça m'embêtait, pour être poli, que l'équipe d'en face soit donnée favorite. Surtout lors d'une confrontation internationale. Lorsqu'on a joué contre le Betis de Séville (1/8ème de finale, ndlr), je me rappelle très bien de Michel Platini me disant : « Gaëtan, vous n'allez pas perdre contre les espagnols, hein ! ».
Aujourd'hui il n'y a plus ça.

Toujours sur la cassette de l'épopée 1995/1996, il y a une interview de Joachim Fernandez qui va être titularisé pour la première fois de sa carrière justement contre le Betis qui illustre bien cela. Il dit : « Ils ont des chaussures, on a des chaussures. Ils ont des maillots, on a des maillots. La vérité c'est sur le terrain, c'est tout ». Aujourd'hui, on n'imagine pas un jeune joueur parler comme ça, on l'entend plus parler du salaire de l'adversaire. On a l'impression qu'ils ont trop de respect parfois.

Moi j'étais plus motivé si les mecs d'en face étaient des internationaux mieux payés que moi. Par exemple, contre Milan à un moment il y a un ballon en profondeur, Marcel Dessailly vient me presser et me dit : « Qu'est-ce que ça peut vous foutre de vous qualifier ? ». « Tu crois que je vais te laisser gagner ? », je lui ai répondu.
Sur ce match, je pense que la grosse connerie qu'a faite Milan c'est de ne pas faire jouer Savicevic qui à ce moment-là était leur meilleur joueur.

Ils avaient fait jouer le deuxième gardien, Ielpo, aussi.

Oui, enfin Rossi c'était pas non-plus...

Autographe Joachim Fernandez
« Ils ont un stylo, j'ai un stylo. »

BONUS : LA FEUILLE DE MATCH DE BORDEAUX-MILAN 1996
(click-droit + « enregistrer sous »).




Votez pour cet article :
Wikio !Facebook!Del.icio.us!Technorati!
Commentaires
Ajouter un nouveau
Ecrire un commentaire
Nom:
Email:
 
Website:
Titre:
 
Saisissez le code que vous voyez.
 
< Précédent   Suivant >