NoVuvuzela.com : le Mondial 2010 par Chez les Girondins

D.Riolo : "Je savais que Liza n'était pas un bon gars"

Interviews
Écrit par Alfonso Ribeiro et Tias, retranscription par Donovan et Benamoch   
28-04-2008

4ème volet de notre saga Daniel Riolo, avec Lizarazu, Platini, Malouda, Branco, Gaydamak, Tusseau, Candela, Fernandez, Jacquet et Amoros en guest stars.

 

Chez Les Girondins : Quel est votre point de vue de Parisien sur les Girondins de Bordeaux ?


Daniel Riolo : Bordeaux fait partie des clubs importants, historiques. Mon seul souhait c’est qu'il y ait des grands clubs à Bordeaux, Marseille, Monaco, Lyon, Saint-Etienne et Paris, des villes qui ont une vraie histoire. Quand je voyais Bordeaux galérer ses dernières années... Je n’ai pas à avoir d’image de Bordeaux, j’ai simplement à souhaiter que ces clubs-là marchent. Il ne faut pas que Bordeaux soit anonyme, il ne faut pas que Marseille le soit, il ne faut pas que Monaco fasse ce qu’ils font cette année, il faut qu’il y ait Saint-Etienne, Lyon, Paris...

C’est pour ça que parfois je rigole en parlant de Guingamp, et même de Auxerre. Qu’on arrête de nous faire chier ! Si on veut que le foot français progresse, il faut que ça soit dans des grandes villes ! C’est ça qui va faire que ça marche, c’est pas en applaudissant à des exploits à la con de Guingamp pour qui c’est magnifique de rester quatre saisons d’affilée en Ligue 1 ou qui a sorti Drogba, Candela, machin truc, enfin ça va on s’en fout !

Le foot marchera quand il y aura des grandes villes avec des grands clubs, avec des passés. A Bordeaux il y a eu des grands entraîneurs, des joueurs qui ont composé la moitié de l’équipe de France, il y a eu Zidane... Enfin voilà quoi, merde ! Qu’on respecte ces passés-là ! On en revient toujours à la même chose, l’importance d’une culture...

Je ne sais même pas si je suis déjà venu à Bordeaux. Si, j’ai du y venir... Luis (Fernandez) me dit toujours : « Est-ce que dans les couloirs tu as des photos des anciens matches, des photos des anciens joueurs, est-ce que tu as une salle des trophées qui est visible par tout le monde ? Quand un joueur arrive dans un club et qu’il signe tu dois lui montrer tout ça ! ». En Espagne c’est comme ça, en Angleterre pareil...


CLG : A Bordeaux on a le château du Haillan, mais ils ont pété la piscine. On a beaucoup parlé de racisme dans le football ces derniers temps, ça vous fait quoi d’être le nègre de Luis Fernandez ?  


DR : Je ne suis pas son nègre (rires). C’est un livre d’entretiens, je posais des questions et il y répondait. J’ai simplement réécrit ce qu’il disait. Ce n’est pas exactement être nègre puisqu’il y a des questions, des parties qui sont écrites par moi et qui sont lisibles.


CLG : Dans ce bouquin, est-ce qu’il y a des choses qui vous ont laissé sur le cul ?


DR : Si je l'ai fait avec Luis, c’est que je savais qu’il a une grande culture de foot, que c’est un passionné incroyable et que quand il parle avec des gens en privé, il dit énormément de choses. Il connaît le milieu super bien, il peut être passionnant, et que cela ne transparaît pas assez quand il est dans les médias. C’est pour ça que je suis allé le voir. Je le connais depuis un petit moment et c’était la troisième fois que je lui demandais si il voulait faire un bouquin. Il ne savait pas trop, et puis bon, l’été dernier, je l'ai appelé, je suis tombé sur un bon jour. Il me dit : « Qu’est ce que tu veux Riolo ?». Je lui réponds : « Ce bouquin dont je te parle depuis longtemps, faudra vraiment qu’on le fasse ». Et puis il me dit : « Ecoute, viens me voir demain matin, on va en parler ». En gros, je savais ce que ça allait donner. Je savais qu’à travers Luis, je pourrai faire passer pas mal de mes idées, car on est plus ou moins en osmose sur pas mal de sujets.

Pour en revenir à la question, il y avait beaucoup de choses que je savais déjà mais que j’avais envie qu’il dise. Ah si, il y a l’histoire avec Liza (Lizarazu, ndlr). Je savais que Liza, ce n’était pas un bon gars. Il y a pas mal de mecs de la génération 98 qui ne sont pas des mecs super et Liza en fait partie. Cette histoire me l’a confirmé.

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Bixente a vite du se rendre à l'évidence : le surf sur les lacs bavarois, c'est nul.


CLG : C’est quoi l’histoire avec Liza ?


DR : Quand il était à l’Atletic Bilbao, il en avait fait des tonnes sur son appartenance basque. Trois mois à peine après être arrivé, il cherchait déjà un nouveau club. Dès qu’il a eu une proposition du Bayern, il a tout fait pour y aller parce que Jacquet lui disait : « Il y a la coupe du monde dans deux ans, il faut que mes joueurs soient dans des grands clubs ». Il y est allé pour l’oseille, pour la visibilité, il a tout de suite oublié son appartenance, son identité. Luis, tout ce qui est identité lui tient vraiment à cœur, il adore les mecs qui s’inscrivent dans les clubs dans la durée, à l'ancienne. Il l’a super mal pris, ils se sont embrouillés, et surtout, Liza avait mis en avant une incompatibilité d’humeur avec l’entraîneur pour justifier son départ. Luis, ça l’a mis hors de lui : « putain mais qu’il arrête de mentir tout de suite ! ».

Luis m’a aussi raconté que Jacquet l’avait empêché de bosser à Saint-Etienne. J’aime beaucoup quand il parle des ses expériences au Qatar et en Israël parce que je l’ai beaucoup fait chier avec ça en disant : « Mais putain, tu peux pas dire que t’en as rien a foutre quand tu vas bosser avec Gaydamak ! C’est un trafiquant d’armes, tu peux pas nier ce qu’il fait, tu peux pas être un footeux à la con qui se soucie de rien ! » (Arkady Gaydamak, personnage pour le moins sulfureux, était le président du Beitar Jérusalem qu'a entraîné Fernandez. Cliquer ici pour voir sa biographie, ndlr). Je trouve ses justifications vachement bien. J’aime bien sa façon de parler de ça.

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Arcady Gaydamak, un type à la cool.


Il parle aussi de l'Equipe de France. J’aime bien quand il me parle de France-Brésil 1986. Je pensais tout connaître par cœur de cette période-là. Je lui cite la compo, et il me dit : « Ok, la compo tu l’as, mais tu places mal les mecs ». Il me raconte exactement le film du match et ça je trouve que c’est génial. Pour les mecs qui aiment le foot vraiment de longue date et qui aiment les grands matches et s’en souvenir, je trouve extraordinaire ce moment-là, lorsqu'il me dit : « Bah non tu vois, je ne suis pas au milieu quand on démarre, il n’y a pas de carré magique sur ce match puisque j'ai démarré arrière droit. C’était un coup tactique pour bloquer Branco qui montait beaucoup à gauche. J’avais déjà joué arrière droit contre la Belgique à l’Euro 84, on s’est dit que ça allait remarcher. Mais pendant 20 minutes, Amoros qui jouait à Gauche, Tusseau au milieu, et moi, on a complètement explosé. On a pris le but des Brésiliens, ils s’amusaient, on voyait passer le ballon, on était à la rue complet. Je suis donc allé voir Platini et je lui ai dit qu'il fallait changer, que j’y étais pas. Platini est allé voir Henri Michel et pendant 45 minutes, Amoros est repassé à droite, Tusseau arrière gauche et moi au milieu. Là, ça a changé le match, ça s’est beaucoup mieux passé, on a égalisé quelques minutes après (la France s'imposera aux tirs aux buts, Fernandez inscrivant le tir au but décisif, ndlr) ». J’adore quand il me raconte ce match là, je trouve ça génial !

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Interview Partie 1
Interview Partie 2
Interview Partie 3



PS : Dans le 2ème épisode, lorsque nous avons écrit que Daniel Riolo est à notre connaissance le seul à se prononcer ouvertement contre l'arbitrage vidéo, nous avons bien évidement oublié nos amis des Cahiers du Football.




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