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12h30 :
Triaud va trouver Ricardo et Pavon pour un petit briefing. Alors, Michel, on en est où sur Ze Roberto et Luca Toni ? Euh, Jean-Louis, ça c’est des conneries de journalistes, tu sais. Nous on bosse sur des dossiers plus réalistes, en rapport avec nos moyens, tu vois, quoi. Ah… Triaud réfléchit. Donc quand M6 propose une rallonge financière pour le budget transferts, c’est des conneries aussi, alors ? Bein oui, Jean-Louis, tu sais bien que Darche nous coûte cher en pâtisseries, et qu’il faut payer les indemnités de départ d’Elie. Bordel, s’écrie Triaud, tout est de sa faute comme d’habitude ! Ah, si on n’avait pas été champions, on serait vraiment plus tranquille à l’heure qu’il est. Il est midi et demi passé, Jean-Louis. Hein ? Nan rien, c’était de l’humour, président. Bon, les gars, faut s’activer, hein, parce que les supporters s’impatientent, là. Y en a même un qui m’a adressé la parole, ils vont pas tarder à déployer des banderoles, casser nos voitures et violer nos femmes, si ça continue ! Pavon intervient. Du calme, Jean-Louis. Va faire un peu de scooter des mers sur le Bassin d’Arcachon, ça va te détendre. T’inquiètes, on s’occupe de tout. Triaud s’en va, visiblement perturbé. Il remarque le même jeune homme que tout à l’heure, qui le guette derrière une barrière, mais fait en sorte de l’éviter, cette fois. Ces supporters sont vraiment bizarres, se dit-il. Ils me foutent les jetons, ces tarés. Heureusement qu’ils ne sont pas nombreux, ils seraient capables de prendre le club en otage, comme chez mon pote Robert-Louis. Je me demande comment il fait pour supporter tout ça. Ils seraient même capables de créer des sections de socios, comme dans ce club allemand, là. Ah merde le nom m’échappe, ah oui, la Juve. Il paraît que Deschamps est entraîneur là-bas, d’ailleurs, on aurait peut-être pu le contacter. Enfin bon c’est trop tard. Je vais faire comme Michel a dit, tiens. Un peu de sport me fera du bien. Il s’éloigne.
13h :
A la cantine du Haillan, Pavon et Ricardo mangent ensemble. Dis donc, Michel, c’est quoi ce M6 dont tu parles tout le temps ? Ah, je t’ai déjà expliqué ! Ce sont les propriétaires du club. Ils l’ont acheté en 99, ils nous payent, font vivre tout le monde ici. Pourquoi on les voit jamais ces gens-là ? Bah, tu sais ils aiment pas trop le foot, ils préfèrent l’O*. Ah okay. Dis-moi, ils ne vont pas racheter le PSG, non ? Parce que… enfin bref, je me comprends. Oh Ricardo, arrête un peu tes conneries. M6 c’est le propriétaire idéal : ils envoient un peu d’argent, la seule chose qu’ils demandent, c’est qu’on ne le dépense pas, c’est nickel ! Ouais ouais… Ricardo se lève brusquement : Oh Edixon, doucement sur les frites, tu vas finir par casser le banc de touche si tu grossis trop, hin hin hin (il rit).
15h :
Les joueurs reviennent pour le 2ème entraînement de la journée, axé cette fois sur la technique et des oppositions sur le terrain. Bédouet envoie une équipe de jeunes se poster dans le champ derrière un des buts. Pourquoi ? demande Micoud, fraichement arrivé. Planus va s’exercer au jeu long, et notre budget ballons n’est pas extensible, répond Bédouet. Le temps de séparer Jurietti, qui mordait l’oreille d’Henrique, suite à la demande du Brésilien de lui dédicacer son maillot de l’équipe de France, et les exercices continuent : Laslandes peaufine ses retournés acrobatiques, râlant contre un arbitre imaginaire, Faubert travaille ses centres (on a demandé aux jeunes de se placer de l’autre côté du terrain, toujours en prévision), et l’après-midi se passe dans la bonne humeur, tout le monde essayant de faire abstraction des hurlements de Ricardo qui ne lâche décidément pas Perea d’une semelle. D’ailleurs il faut aller chercher le jeune attaquant colombien plus d’une fois alors qu’il s’est caché derrière un plot pour échapper à la vindicte de son entraineur. Le métier qui rentre !
17h :
L’entrainement se termine, et Darche propose un atelier « épilation de sourcils » à Lilian Laslandes avant une virée sur les Quais. Rio Mavuba décline gentiment l’invitation, à cause de son 3ème rendez-vous chez le coiffeur de la journée. Jurietti aimerait faire de même, mais un coup de coude vicieux d’Henrique lui a cassé 2 dents lors d’un duel un peu musclé et il ne peut répondre. Le défenseur brésilien traine un peu à l’infirmerie pour subir quelques examens de routine, suite au tacle assassin de Jurietti qui lui a fracturé le tibia. Rien de grave, sourit le docteur, il s’en remettra. Le seul problème, c’est qu’il a aussi taclé Smicer dans son élan, et là notre pronostic est plus réservé : sans doute 6 ou 7 ans d’indisponibilité, ajoute-t-il avec une grimace. Perea file à son cours de français, il apprendra aujourd’hui à prononcer correctement la phrase « Pitié, maitre, ne me frappez pas », regrettant d’autant plus l’absence de Denilson, qui mettait tellement d’ambiance la saison précédente ! Le jeune homme au téléphone portable tente d’organiser une visio-conférence avec Florian Marange, mais l’opération échoue, faute de batterie. Dommage !
17h30 :
Les journalistes locaux sortent d’une dégustation de vin organisée par Jean-Louis Triaud dans un salon du château, l’esprit quelque peu embrumé. Du coup tout le monde oublie de parler des transferts qui sont prévus en ce début de saison, mais tous remercient chaleureusement le président des Girondins pour les excellents cigares qui accompagnent leur sortie des lieux. Ils sont témoins d’une scène curieuse : Jurietti arrive vers sa voiture et trouve ses 4 pneus crevés. Henrique passe un peu plus loin, claudiquant à cause de ses béquilles, le sourire en coin, mais déchante rapidement lorsqu’il découvre le monceau de fumier qui a été déversé sur son 4x4. Jurietti tente de rire à gorge déployée, opération rendue difficile par l’anesthésie locale qu’il vient de subir, et quelques instants plus tard, il faut un cordon de CRS pour séparer les 2 hommes. Ricardo contemple la scène, visiblement ravi : il faut être un guerrier pour être un bon footballeur, de nos jours, assène-t-il aux journalistes, apeurés à cause des effluves de gaz lacrymogènes qui arrivent jusqu’à eux. Jean-Denis Renard remballe sa question sur le niveau de jeu, et tous se dirigent vers la sortie. Le football à Bordeaux a encore de beaux jours devant lui.
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