Après un mois de compétition sur un rythme infernal, nous ne remercions pas Thiriez, Les Girondins de Bordeaux ont enfin eu droit à une quinzaine de jours de trêve, dévolue aux rencontres internationales. Du côté du Haillan, le mercato s'est pour une fois achevé sans surprise du chef, autrement appelée recrutement à la con de Triaud. Si les résultats du mois d'août permettent à l'équipe au scapulaire de travailler tranquillement, ce n'est pas pour autant que les évènements y sont rares.

Sur le terrain d'entraînement principal, Laurent Blanc supervise le bon déroulement des exercices du jour. Il repère vite un problème avec Ducasse, et décide de s'entretenir avec le jeune homme. Intimidé, Pierre n'ose pas répondre franchement aux questions de son moniteur, qui cherche à savoir pourquoi son milieu défensif pratique depuis plus d'un mois maintenant un football aussi agressif qu'un pressing de Micoud, lui qui avait pourtant fait preuve d'une belle présence sur la cheville de Samir Nasri. Après quelques minutes, et la promesse d'une protection rapprochée de Jemmali et Jurietti, le garçon avoue à Blanc qu'il est persuadé que Diawara est en fait un tueur envoyé par le milieu marseillais, les gants qu'il porte en permanence lui servant à ne pas laisser ses empreintes n'importe où. Dépité, l'ancien libéro champion du monde abandonne Ducasse pour s'intéresser au reste de la troupe et s'entretenir avec Bédouet.
- Salut Eric.
- Ah, Laurent, ça va ?
- Oui, merci. Dis-moi, tu n'organises plus d'atelier coup-franc ?
- Ben, c'est difficile, Francia est parti avec tout les mannequins en Argentine.
- Ah, bon ? C'est pas une grande perte en fait. Hey, mais qu'est-ce qu'il fout Gasset encore ?
- Ah ça, je sais pas, je pensais qu'il était encore en train de mettre de l'ambiance. Ca change de Ricardo, tu sais.
- Non, mais là ça a l'air sérieux, il essaie même d'entraîner Obertan. Quand ils s'occupait de Jemmali et Perea, je disais rien, mais là ça m'ennuie. Je te laisse Eric, je vais voir ça.

"A la tuhuelpa legria Macarena, Eeeeeeeeeeeh Macarena !"
En fait d'entraînement, Jean-Louis et son alcolyte Michel Pavon sont en pleine séance de motivation des joueurs. Fascinés qu'il sont par la coupe du monde de rugby, les ex-Montpelliérains tentent d'appliquer les techniques de ce sport au football. Leur tentative pour instaurer une 3° mi-temps refusée par la quasi-totalité des joueurs, exception faite de Lavie, soucieux d'en profiter quitte à sacrifier sa carrière, les deux compères s'essayent à une démonstration de leur version du « haka » néo-zélandais, qu'ils ont intitulé le « kiki ». Laurent Blanc arrive à ce moment là dans le groupe, et manque de s'étouffer avec sa touillette devant le spectacle auquel il assiste. Pavon et Gasset se trouvent au centre du groupe de joueurs, et enchaînent des mouvements incohérents, sifflent et vocifèrent. L'entraîneur se frotte les yeux, pour vérifier que le club n'a pas engagé Luis Fernandez et Guy Lacombe en cachette, mais non, ce sont bien là les deux autres hommes forts du secteur sportif. Quand les rires des joueurs devant cette danse de l'homme saoul digne de Jacky Chan laissent la place à un silence général de l'assistance (Jussiê mis à part, il semble avoir été habitué à ce spectacle dans le nord), Blanc décide d'arrêter le supplice, demande à l'effectif de retourner à des exercices plus sains, et prend à part les 2 zigotos pour les questionner.

"Sais tu danser la carioca ?
C'n'est pas un fox-trot
Ou une polka
C'n'est vraiment pas
Très compliqué
Pour la comprendre
Suis bien mes pas"
- Dites les comiques, vous étiez en train de faire quoi là ?
- Calme toi Laurent, on essaye une nouvelle technique. Si ça marche pas, c'est pas grave. Nous ce qu'on veut, c'est t'aider à les motiver.
- Ouais Michel, merci pour votre aide. Mais question psychologie, je me charge de leur parler, occupe toi du reste.
- Le sportif ?
- Euh, ben ça aussi je vais m'en occuper. Et laisse tomber la technique, le fax, la compta, le relationnel aussi. Tu sais, le mercato est fini, t'as fait du bon boulot, n'hésite pas à te prendre des vacances.
- Chouette, comme tu veux Lolo. Je comptais justement faire un tour chez Camporro pour une ou deux semaines. Mais avant je vais passer chez Quick, un indic m'a dit que là-bas y a un plan pour choper Anelka pour moins de 10 €uros. Avec des frites en plus.
- Si tu veux. Bon, et toi Jean Louis, tu sais déjà que Triaud et le reste de la direction me cherchent des crosses depuis un moment. Tu pourrais pour une fois ne pas me foutre dans la merde, ne pas faire de conneries, au moins pendant une semaine.
- Je vais voir ce que je peux faire. Qu'est-ce qu'ils te veulent les boss au juste ?
- Des broutilles, mais ça m'ennuie. Le Président de M6 m'a téléphoné l'autre fois, alors que ça faisait déjà 2 mois que j'étais à la tête de l'équipe.
- Ah ? C'était pour te féliciter du bon début de saison ?
- Pfff, tu parles. Il m'a demandé si j'avais une idée du coût de fonctionnement d'un club pro. Devant mon étonnement, il m'a engueulé, en me disant que je devrais faire gaffe à la montée du cours du pétrole avant de parler de réserve de carburant et de trucs comme ça. J'ai eu beau lui parler de métaphore, d'image, il a rien voulu entendre, et voulait ensuite parler à Triaud. J'ai laissé tomber. Hey, tu m'écoutes Jean Louis ?
- Euh, ouais ouais, les doryphores, tout ça. Excuse-moi si j'ai un peu la tête ailleurs, mais y a un truc qui me perturbe depuis quelques jours. Figure toi que j'arrive pas à remettre la main sur la recette des glaçons et ça, ça fait vraiment chier parce que l...
- Ok, ok, on verra ça plus tard, arrête de trembler comme ça. Tu me disais tout à l'heure que tu voulais m'aider à motiver les garçons, t'as pensé à quoi ?
- J'avais prévu de leur lire la lettre d'adieu à la Mosson de Bakayoko aux joueurs, mais je sens que c'est encore un truc qui va pas te plaire.
- Tu veux que Perea se tire une balle bordel !
C'est ainsi que s'achève la journée d'entraînement au Haillan. Les supporters fidèles ne manqueront pas de s'étonner du spectacle de Blanc plaquant Gasset, essayant d'enfoncer les touillettes qu'il gardait en réserve dans la narine droite de son adjoint. Il aura fallu l'intervention de Diarra et Diawara pour ramener leur entraîneur à la raison.

"Le mec de West Ham, je lui dis que Faubert c'est 9 millions. Et là, le mec me dit banco ! Elle est pas belle l'histoire ?" |