
Vu l’enthousiasme
généré par notre chronique sur la vie des Girondins de Bordeaux durant la mini-trêve, la rédaction a décidé d’en faire un rendez-vous
hebdomadaire. Ne reculant devant rien pour vous satisfaire, nous y avons mis les moyens qui s'imposent : c’est carrément une unité
spéciale que nous avons mis sur le coup. Des hommes et des femmes au service des lecteurs qui vivront au cœur du club pour vous relater
tous les mardi les aventures des joueurs au scapulaire dans ce feuilleton intitulé HAILLAN’S ARENA. En effet, Jean-Louis Triaud nous a
généreusement laissé nous installer dans un coin du sous-sol du Château, et nous a même offert des vieux matelas de piscine pour la nuit, ainsi
que des équipements neufs floqués Kossonogov en guise de pyjama. On y dort finalement très bien, si ce n’est qu’on est un peu
perturbés par les grognements d’Henrique qui séjourne dans la pièce d’à côté suite aux multiples plaintes pour actes de barbarie
déposées par ses ex-voisins lorsqu’il vivait en société (son crâne a été déclaré arme de 2ème catégorie par la préfecture de Gironde).
Bref, on est dans la place et on compte bien y rester, l’équipe de 100% Girondins n’a qu’à bien se tenir !
Malgré
l’absence de match officiel, cette semaine au Haillan n’a pas été aussi calme qu’on aurait pu le penser. Tout a commencé
vendredi, lorsque l’intendant du château apporta un mot d’absence de Frank Jurietti. Après avoir jeté un rapide coup
d’œil à la bande élasto griffonnée, Ricardo demanda à Fernando de lui décrypter le message (celui là c’est le T9 de
l’effectif : tu lui donnes n’importe quel texte, il le remet au propre sans réfléchir et dans la langue que tu veux). On pouvait y
lire ceci. « Désolais cotsh, je serai absent jusqu’à jeudi. Il est normal que j’aille encourager mes partenaires de
l’Equipe de France à Glacegaux et à Socho. » En effet, depuis que Franckie a lu dans Onze Mondial que Bernard Mendy se sentait
membre à part entière du Club France, il s’est dit qu’il y avait pas de raisons. Là-dessus, Ricardo a fait la même tête que quand
Colleter avait claqué la porte du vestiaire du stade Ataturk avec les clées, les licences, les calmants d'Henrique et le formulaire E111 de
Ducasse à l’intérieur. Heureusement que Wendel avait pu se glisser sous la porte. C’est à ce moment là que Ricardo décréta que tous
les entraînements de la semaine seraient à huis-clos. Non pas pour se protéger des observateurs, mais pour mieux pouvoir surveiller les gars et
ainsi éviter de nouvelles évasions. Il pria donc aux agents de sécurité de demander au public et aux journalistes de rentrer chez eux.
Darcheville et Dalmat s’exécutèrent aussitôt, sans rencontrer trop de problèmes, si ce n’est ce grand type (« Nan mais
moi c’est Gérald Cid, les gars, je fais parti de l’équipe »). Ricardo expliqua ensuite aux joueurs qu’il allait
procéder à des mises en place tactiques pour tester des nouveaux systèmes afin que chacun puissent s’exprimer au mieux sur le terrain.
« C’est des conneries tout ça, grommelle Colleter, ce qui compte c’est de jouer avec ses couilles ». Le
manager fit semblant de ne rien avoir entendu et demanda à son adjoint de distribuer les chasubles. Bleues pour les titulaires, Rouges pour les
remplaçants, et une avec les manches qui s’attachent dans le dos pour Henrique. Edixon Perea demanda si c’était possible d’en
avoir une d’un autre club. Ricardo testa d’abord un 4-3-1-2 (Wendel-Fernando-Ducasse – Micoud – Bouscarrat-I.Cissé).
Ayant lu chez nos inénarrables confrères de Bordelais4Ever que la principale cause de l’inefficacité girondine était le fait que les
joueurs « pensent en premier lieu à échanger des maillots à la fin du match. Qui plus est sur le terrain, alors qu’ils gagnent
des milliers d’euros, sont tous millionnaires », il décida d’inclure quelques jeunes pas encore trop riches à ses
essais. Non concluant. Wendel n’arrête pas de déconcentrer Fernando en lui demandant tout le temps de traduire les consignes du coach en
simultané. Puis les joueurs passèrent en 5-3-1 pour retrouver l’assise défensive de l’an dernier. Mais aligner Perea tout seul
devant est impensable, à chaque fois qu’on lui laisse un peu d’espace on le retrouve à l’aéroport. Enfin, le fameux 4-4-2 en
losange, ou 4-4-2 pavonesque, fut testé. Après une victoire 2-1 face aux poussins + Francia, c’est ce schéma que Ricardo décida de
retenir. Et puis comme l’an dernier lorsqu’il avait décidé que Cheyrou jouerait à la place de Mavuba, il profita de l’absence
de ce dernier pour annoncer que Bordeaux jouerait désormais avec un seul milieu défensif. Pour savoir qui de Fernando, Mavuba ou Ducasse allait
occuper le poste, Ricardo décida de responsabiliser les joueurs en les faisant voter. Il se heurta tout d’abord à une incompréhension
générale. En effet, à l'exception de Fernando, aucun joueur bordelais n’avait jamais voté auparavant hormis pour élire le meilleur
joueur de L1, mais ça c’est facile c’est canal + qui te donne les réponses. Le n°5 brésilien se chargea donc d’expliquer
aux joueurs comment procéder à un vote. Le bulletin, l’urne, blablabla… « Mais c’est comme dans Koh-Lanta !
» hurla Tremoulinas. Cette intervention permis à tout le monde de comprendre plus vite de quoi il s’agissait. « Bon, donc
on va maintenant procéder à l’élection, annonça Ricardo. Tout le monde est là ? » « Non, coach, y a Obertan
et Baysse qui sont partis chercher du petit bois pour faire un feu de camp, avertit Colleter. Et Ducasse escalade la façade du
château. Il dit qu’il veut gagner l’épreuve d’immunité. » A Caen, le portable de Mavuba vibra et on y lut ceci :
« g vote pr toa, lol kiss, mar1 ». Le principal sujet de discussion au Haillan ces temps-ci est bien évidement les 2
prochaines réceptions de clubs étrangers : Monaco puis Liverpool. Rien de mieux pour motiver les troupes. Fernando eut un mal fou à expliquer à
Wendel que le match face à l’équipe de la principauté entrait dans le cadre du championnat de France. « Mais yo ne les vois pas
dans la clasificacion », lui dit Wendel. « Si, regarde en bas », lui répondit Fernando. « Y el
Luxemburgo, ils sont en segunda division ? », interrogea Wendel. Faubert, Ducasse, Francia et Baysse, quant à eux, ont joué le match
contre Liverpool… à Pro Evolution Soccer. Au bout de douze parties sans succès, les 4 jeunes pousses girondines décidèrent de prendre
quelques mesures. Tout d’abord, ils gonflèrent quelque peu les stats de Paul Baysse. Ensuite ils arrivèrent à convaincre Jean-Paul France
de débuter sur le banc. En effet, les 3 compères prirent comme un signe les 4 manettes cassées par Faubert durant ces 3 heures de jeu passées
en défense. Enfin, ils transférèrent Ronaldinho aux Girondins. C’est ainsi que vers 23h45, Bordeaux battait les Reds 4-3. C’était
moins une pour le petit Pierre qui avait juste la permission de minuit. |