Trêve internationale oblige, les Girondins de Bordeaux ont organisé un
match amical contre Angers vendredi dernier. En l’absence d’Alou
Diarra, la désignation du capitaine pour ce match a posé plus de
problèmes que prévu. C’est ce que l’on vous
raconte dans ce 31ème épisode d’Haillan’s Arena.
Laurent Blanc est le premier surpris par ce soucis. En désignant Alou Diarra comme capitaine, il pensait être tranquille pour toute la saison sur ce sujet, sachant que Diarra joue tous les matchs, même quand il est à plat. Mais finalement, ce problème n’est pas une mauvaise chose, car durant cette trêve internationale, les médias sont tous concentrés sur les deux matchs restant que les Bleus doivent absolument gagner pour participer aux barrages qualificatifs pour la coupe du monde, étant donné que le branquignol de sélectionneur a pas été fichu de le faire avant. Bref, Lolo s’ennuyait ferme, et même la défaite à Saint Etienne avec une équipe 2 n’a pas provoqué plus de remous que ça. Il va donc en profiter pour réunir tout le groupe.
Lolo : Bonjour tout le monde.
Le groupe : Bonjour.
Lolo : Jean Louis n’est pas là ? Personne ne l’a vu ?
Le groupe : Non.
Lolo : Merde alors.
Planus : On appelle les hôpitaux et les flics comme l’autre fois ?
Lolo : Non, surtout pas. Ça a foutu une merde pas possible, ils ont cru qu’on refaisait le coup de Frank. Il réapparaitra bien à un moment, la gueule enfarinée je suppose… Bref, je vous ai réuni pour parler du capitanat pour le prochain match, en l’absence d’Alou.
Ramé : Je pense que ça me revient de droit. J’ai été capitaine durant presque 10 ans ici.
Jurietti : Pour ce que t’en as fait...
Ramé : Non mais j’ai l’expérience de ça.
Chalmé : L’expérience c’est bien, mais il faut aussi insuffler un vent nouveau dans un groupe pour qu’il atteigne ses objectifs.
Cavénaghi : Rien compris.
Chalmé : Moi non plus, t’inquiète.
Lolo : Ulrich, je comprends ton sentiment, mais j’aimerais que tout le groupe décide ensemble de ce choix. On va donc procéder à un vote.
Henrique : Que es oune vôt ?
Trémoulinas : Mince, on est pas sorti de l’auberge.
Henrique : Porque tou mé parle d’Ôbergine ?
Trémoulinas : …
Lolo : Carlos, toi pas trop réfléchir, ça faire mal à ton cerveau. Prends os Ted Lavie, va faire mumuse.
Le groupe : Bien joué coach.
Lolo : Merci. Bon, allez-vous entrainer le temps que je mette ça en place. Rendez vous dans une demi-heure ici. Jean Louis sera peut être revenu, je commence à fatiguer moi.

"T'es l'enfant seul, je sais que c'est toi."
Durant cette demi-heure récréative, les joueurs batifolent sur les
terrains d’entrainement, encadrés ni par Gasset, disparu, ni par Blanc,
fatigué. Jean Louis Triaud, depuis la fenêtre de son bureau, observe ce
joyeux bordel et se dit qu’il est heureux qu’il soit bénévole, sinon il
serait déjà descendu depuis longtemps leur expliquer sa façon de
penser. Ça aurait été basique et sommaire. Mais c’est sa nouvelle façon
de communiquer à Jean-Wi. Et le pire c’est que ça plait. Il s’en est
aperçu en accompagnant Gasset et Pavon lors d’une de leurs soirées
étudiantes du jeudi soir. Les djeun’s adorent ce langage bourru, à
milles lieues de la langue de bois. Ah ah, sont cons ces djeun’s ! Bon,
ceci dit, ça marche pas à la maison ce langage. Madame Triaud l’a
regardé d’un drôle d’air quand il s’est mis à parler comme un
charretier. Pire encore, c’était hier, quand ce bon Nicolas de
Tavernost a passé son coup de fil trimestriel pour savoir comment tout
se passait. Jean-Wi a vite changé de ton quand son boss lui a dit
d’arrêter ses conneries. Heureusement que ça plait dans les médias ce
langage, ça le fait bien marrer à Jean-Wi. Bref, la demi-heure est
passée, et une seule partie des joueurs retourne en salle de réunion.
Lolo : Vous êtes tous là ?
Chalmé : Non coach, j’ai noté les absents. Il manque Fernando, Saivet, et Gouffran.
Lolo : Merci mon petit. Ils ont de bonnes raisons je suppose ?
Chalmé : Fernando a dit que ça ne l’intéressait pas, qu’il ne votait qu’aux élections européennes, et qu’il faudrait une prime pour qu’il participe. Saivet a dit qu’il n’avait pas encore l’âge pour voter, et Gouffran n’a pas osé venir, prétextant que c’était trop de responsabilité pour lui, qu’à Caen on ne lui en demandait pas tant d’abord.
Lolo : Bon ben on fera sans eux. Donc, hormis ces 3 là et les internationaux…
Bellion : Euh, faut compter Frank dans les internationaux ?
Franky : Connard !
Le groupe, moins les internationaux, plus Lolo, moins les 3 absents se marrent.
Lolo : Le principe est simple. Vous allez tous écrire sur un bout de papier le nom de celui que vous voyez comme capitaine pour ce match. L’un de vous récupérera ces papiers, on procédera au dépouillement et celui qui a le plus de voix sera capitaine. C’est simple il me semble. Des questions avant qu’on commence ? Oui, Abdou ?
Traoré : J’ai Pierre Ducasse au téléphone là, il demande s’il peut voter.
Lolo : Non, il peut pas. Il est à Lorient pour une saison. Alors il arrête de nous appeler tout les jours pour savoir comment ça se passe. Il commence à nous les briser menus. Il passe le bonjour au père Gourcuff, la bise tout ça. Merci, au revoir. D’autres questions ? Michaël ?
Ciani : En fait c’est pas une question. Mais je profite qu’on soit tous réunis pour vous dire que j’en ai marre qu’on me compare à mon prédécesseur.
Franky : Souley il mettait l’ambiance, lui.
Ciani : Ouais, je sais, on me l’a déjà dit.
Chalmé : Et même s’il écoutait de la musique pourrie, il nous faisait marrer.
Ciani : Tu veux vraiment que je mette du Patrick Sébastien, ce vieux beauf libidineux, dans les vestiaires ?
Chalmé : Non mais c’est pas pareil.
Ciani : Quoi, c’est pas pareil ? Vous me faites chier, vous comprenez. L’autre buse portait des gants en permanence, avait une relance pire que celle de Carlos (Henrique, grignotant son os, dans le fond de la salle, lève la tête et grogne), a fait chier tout le monde pour rejoindre Marseille, et vous me comparez encore à lui ?
Wendel : Fau pas t’énervao. Souley il était cool loui.
Ciani : Oh putain !

Attends, toi. Tu viens de me comparer à Gouffran
à cause de mes boucles d'oreille ?
Lolo : Vous êtes tous là ?
Chalmé : Non coach, j’ai noté les absents. Il manque Fernando, Saivet, et Gouffran.
Lolo : Merci mon petit. Ils ont de bonnes raisons je suppose ?
Chalmé : Fernando a dit que ça ne l’intéressait pas, qu’il ne votait qu’aux élections européennes, et qu’il faudrait une prime pour qu’il participe. Saivet a dit qu’il n’avait pas encore l’âge pour voter, et Gouffran n’a pas osé venir, prétextant que c’était trop de responsabilité pour lui, qu’à Caen on ne lui en demandait pas tant d’abord.
Lolo : Bon ben on fera sans eux. Donc, hormis ces 3 là et les internationaux…
Bellion : Euh, faut compter Frank dans les internationaux ?
Franky : Connard !
Le groupe, moins les internationaux, plus Lolo, moins les 3 absents se marrent.
Lolo : Le principe est simple. Vous allez tous écrire sur un bout de papier le nom de celui que vous voyez comme capitaine pour ce match. L’un de vous récupérera ces papiers, on procédera au dépouillement et celui qui a le plus de voix sera capitaine. C’est simple il me semble. Des questions avant qu’on commence ? Oui, Abdou ?
Traoré : J’ai Pierre Ducasse au téléphone là, il demande s’il peut voter.
Lolo : Non, il peut pas. Il est à Lorient pour une saison. Alors il arrête de nous appeler tout les jours pour savoir comment ça se passe. Il commence à nous les briser menus. Il passe le bonjour au père Gourcuff, la bise tout ça. Merci, au revoir. D’autres questions ? Michaël ?
Ciani : En fait c’est pas une question. Mais je profite qu’on soit tous réunis pour vous dire que j’en ai marre qu’on me compare à mon prédécesseur.
Franky : Souley il mettait l’ambiance, lui.
Ciani : Ouais, je sais, on me l’a déjà dit.
Chalmé : Et même s’il écoutait de la musique pourrie, il nous faisait marrer.
Ciani : Tu veux vraiment que je mette du Patrick Sébastien, ce vieux beauf libidineux, dans les vestiaires ?
Chalmé : Non mais c’est pas pareil.
Ciani : Quoi, c’est pas pareil ? Vous me faites chier, vous comprenez. L’autre buse portait des gants en permanence, avait une relance pire que celle de Carlos (Henrique, grignotant son os, dans le fond de la salle, lève la tête et grogne), a fait chier tout le monde pour rejoindre Marseille, et vous me comparez encore à lui ?
Wendel : Fau pas t’énervao. Souley il était cool loui.
Ciani : Oh putain !
Attends, toi. Tu viens de me comparer à Gouffran
à cause de mes boucles d'oreille ?
Lolo : Bon, y’en a marre, plus de questions, ça part en touillette, y’en a
marre. On va procéder au vote. Vous avez tous un bout de papier. Faites
vous passer les stylos. Et je ne veux pas de conneries, genre Goldorak
ou Captain America.
Trémoulinas : Capitaine Crochet non plus ?
Jussiê : Tou veux dir’ Gourcuff ?
Le groupe, moins les autres : Ah ah !
Lolo : …
Sertic : Coach, je viens de voir Jean Louis Gasset par la fenêtre. Il avait une grande plume qui dépassait de l’arrière de son pantalon de survêt’. Je l’appelle ?
Lolo : Non, on va faire sans. Bon, vous avez fini ? Oui. Parfait. Allez, euh, Jussiê, tu te cachais au fond de la salle, c’est donc toi qui va tout ramasser.
Trois minutes passent, où le fantasque brésilien trébuche deux fois, fais tomber quelques bulletins, accélèrent soudainement, évite avec maestria le croche pied que voulait lui faire Franky, et arrive finalement devant le coach, les mains vides.
Lolo : Mais bon sang, qu’est-ce que tu as fait des bulletins ?
Jussiê : Oune magicien né révél yamé ses secrets.
Lolo : Tu te fous de moi, c’est ça ?
Jussiê : Cé ça lou magik !. A quel momento yé fé disparitionne tou pense ?
Lolo : …
Cavénaghi : Lé croch’ pieds ?
Planus : Le deuxième trébuchage ?
Lolo : … … …
Ciani : Moi je pense que c’est quand il a accéléré.
Bellion : Ouais, pareil que Soul…euh, que Michaël.
Ciani : PUTAIN !
Lolo : … … … … … … …
Jussiê : Et no, vous avé touos perdou.
Lolo : Bon, c’est bien Jussiê, t’as montré à tout le monde que tu étais très fort en matière de disparition. Si tu ne veux pas disparaitre des feuilles de match, tu vas gentiment me donner les bulletins.
Jussiê : Vous zetes mové jouor coaoache. Tené.

Trémoulinas : Capitaine Crochet non plus ?
Jussiê : Tou veux dir’ Gourcuff ?
Le groupe, moins les autres : Ah ah !
Lolo : …
Sertic : Coach, je viens de voir Jean Louis Gasset par la fenêtre. Il avait une grande plume qui dépassait de l’arrière de son pantalon de survêt’. Je l’appelle ?
Lolo : Non, on va faire sans. Bon, vous avez fini ? Oui. Parfait. Allez, euh, Jussiê, tu te cachais au fond de la salle, c’est donc toi qui va tout ramasser.
Trois minutes passent, où le fantasque brésilien trébuche deux fois, fais tomber quelques bulletins, accélèrent soudainement, évite avec maestria le croche pied que voulait lui faire Franky, et arrive finalement devant le coach, les mains vides.
Lolo : Mais bon sang, qu’est-ce que tu as fait des bulletins ?
Jussiê : Oune magicien né révél yamé ses secrets.
Lolo : Tu te fous de moi, c’est ça ?
Jussiê : Cé ça lou magik !. A quel momento yé fé disparitionne tou pense ?
Lolo : …
Cavénaghi : Lé croch’ pieds ?
Planus : Le deuxième trébuchage ?
Lolo : … … …
Ciani : Moi je pense que c’est quand il a accéléré.
Bellion : Ouais, pareil que Soul…euh, que Michaël.
Ciani : PUTAIN !
Lolo : … … … … … … …
Jussiê : Et no, vous avé touos perdou.
Lolo : Bon, c’est bien Jussiê, t’as montré à tout le monde que tu étais très fort en matière de disparition. Si tu ne veux pas disparaitre des feuilles de match, tu vas gentiment me donner les bulletins.
Jussiê : Vous zetes mové jouor coaoache. Tené.
Laurent Blanc récupère enfin ses fichus bulletins, et procède au
dépouillement. Evidemment, ses cons de joueurs n’ont pas suivi ses
consignes et ont inscrit les noms les plus fantasques qui soient, de
Souleymane Diawara à Captain Cavern, en passant par le capitaine
abandonné. L’énumération des candidats provoque l’hilarité des
électeurs, tandis que Lolo sent qu’une sacré migraine arrive. Il
s’arrête quelques instants, souffle longuement, met une main au front,
ou plutôt pose son front sur sa main, et sent le désespoir l’envahir.
Il ne lui reste plus que 3 bulletins, et il doit bien aller au bout de
sa démarche. Après tout, c’est lui et lui seul qui a eu cette idée
conne. Pas de Gasset pour assumer, ou une excuse facile à faire passer
pour s’en tirer, comme la fois où il avait aligné un onze titulaire
composé de 8 joueurs qui n’avaient presque pas foulé les terrains
jusque là.
Lolo : On continue. Marrez vous bien, il n’en reste que 3. Pierre Ducasse, oui, on l’avait pas fait encore. C’est bien… Laurent Blanc. Bon, c’est gentil Mathieu, mais j’ai arrêté de jouer depuis longtemps. Le dernier, on y arrive enfin. Voilà. Ulrich Ramé.
Ramé : Yeah !
Lolo : Bon, c’est plié. Bien joué, vous pouvez retournez vous amuser, allez, sortez, vite, tous, je veux plus voir. Laissez moi seul.
Les Girondins firent match nul (2-2), lors d'une rencontre durant laquelle la présence d'un capitaine s'avéra totalement inutile.
Lolo : On continue. Marrez vous bien, il n’en reste que 3. Pierre Ducasse, oui, on l’avait pas fait encore. C’est bien… Laurent Blanc. Bon, c’est gentil Mathieu, mais j’ai arrêté de jouer depuis longtemps. Le dernier, on y arrive enfin. Voilà. Ulrich Ramé.
Ramé : Yeah !
Lolo : Bon, c’est plié. Bien joué, vous pouvez retournez vous amuser, allez, sortez, vite, tous, je veux plus voir. Laissez moi seul.
Les Girondins firent match nul (2-2), lors d'une rencontre durant laquelle la présence d'un capitaine s'avéra totalement inutile.

