Joie, voici le retour
du best of du forum. Cette semaine, nous reviendrons sur une fine analyse d'Absolute qui nous décortique les mécanismes menant
certains à commettre l'irréparable dans l'est de la France. Edifiant.
Pour nous remettre de nos émotions, nous irons ensuite faire une
petit tour en Sardaigne, à Nuoro, afin de suivre les aventures de l'équipe de foot locale avec coach Paf à la baguette. Passionant (si, si, j'vous
jure).
Message d'Absolute dans La Cachette de la Honte
:
La criminalité en Meurthre-et-Moselle :
La Meurthre-et-Moselle a longtemps été tristement célèbre pour ses
criminels en tous genres (on citera Elie Kroupi, responsable de nombreux fossoyages d'occasions). Durant la seconde moitié du XXe siècle
notamment, le taux de criminalité a atteint des sommets (un dicton populaire nous rappelle d'ailleurs que "à chaque foyer son
fossoyeur"). Mais comment l'expliquer ? Certains spécialistes en criminalistico-sociologie suggèrent que la morosité de la région peut
être un facteur déclenchant des comportements étranges (et Laurent Fournier de nous rappeler dans son ouvrage Pompon Ruzizi ou la vie
sauvage (préface de Jermaine Defoe, l'auteur de Robinson Paul Crusoé) qu'en juillet les bords de certaines routes sont envahies de
cyclismix à mains vertes géantes).
En dépit de ce lourd héritage, cette fière région française portée par l'attrait de sa ville-phare,
Nancy Sinatra, a entamé depuis quelques années une véritable révolution de velours. Ainsi l'abattage systématique des chevreuils de toute la
campagne environnante a considérablement diminué la délinquante attitude ambiante. Hors-la-loi, voyous, carlomolinaristes, bandits de grands
chemins, tous ont été boutés hors des frontières de la Lorraine. (Note qui n'a rien à voir, mais un de mes co-alcooliques ne voulait pas de
ouiche lorraine mais une ouiche alsacienne, la parenthèse est fermée.). Exilés les Arnaud-le-rouge, Pablo North Correa et Jean-Jacques
Donnejoeysilvera de la Vanne over-capillotractais, dispersés les coureurs de jupon de la bonne mère (subtil). La fin justifiant les moyens, le
taux de criminalité a ainsi scapulairement évolué de 856 délinquants pour 1000 habitants à 666 pour 1000 : au diable (hihihi) les vieux dictons
!
C'est pourquoi je demande solennellement (pardon à Maître Kapello) que soit retiré "Meurthre-et-" du nom de ce département, en
l'honneur de ces progrès spectaculaires que Nicolas S. ne renierait pas ; ainsi que le droit de sortir de la Cachette de la Honte mais si je
concède sans peine que certains calembours de cette nalyse (non dénuée d'intérêt soit dit en passant) sont élégamment foireux.
Message de Paf dans le sujet Football Manager is killing my
life :
Ca y est, l'épopée de Nuorese prend enfin une tournure convenable !
Rappelons qu'emmenés par leur
fidèle entraîneur Cesare Torticoli, la trentaine flamboyante, ambitieux, exigeant, et irrascible, les joueurs de Nuoro, petite ville sarde de
36000 habitants ont terminé leurs 3 dernières saisons de série C2 deux fois à la 14ème place, sauvés de la relégation grâce à leur habilité
dans les barrages, puis 8èmes.
Soit une progression constante pour les chamois Nuortais si l'on considère que la 2ème saison est toujours
la plus difficile (voir le petit guide des poncifs du football).
Que manquait-il à ces valeureux insulaires parés de blanc et vert pour éviter le calvaire et
passer un cap supplémentaire ? Non pas un pullover, mais une organisation ambitieuse et des joueurs avec des couettes (ca tient plus chaud
qu'un pull). Je reprends donc mes fondamentaux et j'abandonne mon 4-4-2 en remplaçant le milieu défensif par un milieu offensif placé
derrière les 2 attaquants, ca donne un 4312 messieurs-dames.
Problème : pas un de mes MOC ne semble avoir la carrure pour occuper ce
poste clé. Il devra être capable d'apporter un véritable soutien aux attaquants pour transpercer la défense et attirer l'attention de
l'adversaire.
Deuxième problème : en checkant la liste des joueurs disponibles, pas un ne semble faire l'affaire.
Tant pis, je
repère un anonyme brésilien répondant au doux nom de Carlos Alberto, avec des stats catastrophiques de 4 buts et 1 passe décisives en 55
matches entre série C1 et série C2. Pourquoi donc recruter cette terreur qui ressemble à une erreur ? Parce qu'il a tout ce qu'il faut aux
attributs clés que sont la vitesse, l'accélération, le dribble, la puissance, la finition, et la technique, en attendant de voir si sa noble
paire d'attributs est forgée dans l'acier ou dans l'étain. Et puis pour 4.000 euros on va pas chipoter.
Autre poste important :
l'attaquant qui viendra épauler Fabio Gaucho, sans doute un vague cousin de Ronaldinho et star de l'équipe, malheureusement trop souvent
blessé depuis son arrivée. Là encore je prends un risque en engageant Franco di Santo, un jeune argentin de 20 ans inexpérimenté auteur de 17
buts en 25 matches en 2 saisons dans le prestigieux club chilien Audax Italiano. N'ayant que très peu d'infos à son sujet, juste qu'il est
assez rapide et assez bon finisseur, mais surtout qu'il mesure 1m94, je casse ma tirelire et je mise 375.000€ pour l'attirer en Sardaigne.
Franco Di
Santo
Pour le reste je récupère un attaquant belge libre, Mickaël Lebe qui fera sans doute rire le vestiaire avec son
imitation du chinois, et des ailiers moyens mais plus rapides que ceux à ma disposition, et si possible bons dribbleurs et centreurs (mais ca
c'est limite utopique, j'en trouverai un seul).
Last but not least, LE défenseur qui stabilisera ma défense passoire : le jeune
brésilien André, encore un pari fou sur la base de quelques notes dont un 15 en accélération et 1m86 pour 86 kilos, une belle bête. Au moment
où j'hésitais à me délester des 250.000 euros nécessaires pour recruter cet inconnu (pour rappel mon budget transferts est de 700.000 euros),
une dépêche passe pour dire qu'il a un certain statut auprès des supporters dans son misérable club brésilien de Caxias. Je prends et je
découvre le reste de ses notes... pas terribles.
Me voilà bien armé avec ma demi-douzaine de sud-américains prêts à enflammer le stade
Franco (Frogheri), du nom du plus grand joueur de tous les temps de Nuorese, un avant-centre de 1m66 qui a guidé les siens de série D en série
C2 dans les années 50, l'âge d'or du club.
Franco Frogheri
Et la saison commence bien : après un nul à domicile pour commencer, l'équipe enchaîne
les victoires, le 4-3-1-2 fait merveille et Nuorese s'affiche à la première place du classement à la trêve hivernale. Seule la Juve (Stabia),
parvient à suivre le rythme infernal de mes joueurs, les autres équipes commencent à lâcher, incrédules. Pour ma part je suis complètement
euphorique, et tel le buteur qui court dans tous les sens sans avoir conscience de ce qu'il fait dans l'euphorie du retourné acrobatique
décisif qu'il vient de mettre en lucarne à la 89ème minute de la finale de la Coupe du Monde contre le Brésil, je m'empare de mon téléphone
et j'appelle une copine dont je suis sans nouvelles depuis le 9 juillet 2006, le soir de France-Italie. Elle scandait alors mon nom dans le
métro après que je l'eut portée en triomphe sur les Champs tout en répondant à la télé italienne. Lui aurais-je parlé de ma fabuleuse épopée,
quitte à passer pour un nerd repoussant ? Peut-être... En tout cas je n'ai rien dit à son répondeur.
La reprise est du même accabit,
toujours des victoires, encore des victoires, je commence à croire à la montée directe malgré le parcours hallucinant de la Juve Stabia qui
gagne tous ses matches et passe un point devant moi. Ils vont craquer, c'est sûr, c'est écrit. Elle n'en sort plus de ma mémoire cette
montée en série C1.
Et là c'est le drame. Mon gardien titulaire se blesse pour plus d'un mois, alors qu'il reste 9 matches à jouer. Ce
jeune avait gagné ses galons de titulaire au prix de belles performances en début de saison, alors que j'avais décidé de lui donner sa chance,
par défaut, même si le précédent titulaire ne déméritait pas forcément bien que vieillissant. Logiquement, ce dernier reprend sa place dans les
buts. Bilan après 3 matches : une sortie ramesque sur corner et une défaite 1-0, une sortie ramesque hors de sa surface et une nouvelle défaite
1-0, un dégagement raté et une déroute 3-1. Incroyable. Le moral des joueurs est en berne, et c'est le moment choisi pour rencontrer la Juve
Stabia, qui a désormais 10 points d'avance. Et une défaite de plus. Je reste tout de même 2ème fort du trou d'une dizaine de points que
j'avais glané sur le 3ème et de la quinzaine que j'avais mis au 6ème et premier non-barragiste. Mais les 6 défaites pour 2 victoires et 1 nul
sur les 9 derniers matches ont fait mal, je finis 4ème à un point du second Nocerina, et 3 points seulement devant le 6ème. Ouf, j'irai quand
même en barrages mais c'est plus la même dynamique. La copine rappele, finalement je lui parle d'autre chose.
Ces bâtards de la Juve Stabia
Contre toute attente, les barrages sont une tuerie : en demi-finales j'étrille Catanzaro (qui m'avait battu 2 fois dans la
saison), 5-1, 3-1, circulez. En finale, je tombe Nocerina guère plus difficilement. Nuorese est en série C1, le bonheur fou.
Les
supporters sont en fusion, les rues de Nuoro sont vertes de peuple. On propose de m'ériger une statue ? Que dalle ! A peine les dirigeants se
fendent d'un commentaire positif, heureux du travail que j'accomplis. Pourtant j'ai la deuxième meilleure affluence de série C2C avec 8.000
spectateurs de moyenne, c'est quand même pas rien. Mais non, les supps doivent encore vivre avec la période faste de Franco Frogheri et
rentrent chez eux peinard pour mater Jour de Calcio comme si de rien n'était.
Faut dire qu'ils ont pas l'air super cool non plus :
Rayon individualités, André
a fini meilleur joueur de la ligue, suivi de près par son compère de la charnière Ante Aracic. Fabio Gaucho a inscrit 16 buts en 31 matches, di
Santo 13 buts en 27 matches, les deux avec 9 passes décisives. Mais la meilleure surprise, et de loin, c'est bien sûr Carlos Alberto, auteur
d'une saison éblouissante avec 15 buts, pas mal pour un MOC !
Ante Aracic
A moi la série
C1, Nuorese décolle enfin, et bien. |