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Après Donovan il y a quelques semaines, c'est au tour de Ziegler, notre ami suisse grossiste en touillettes, de nous raconter comment il est tombé amoureux des Girondins de Bordeaux.
Je suis né en 1976 de père français et de mère suisse, à Bâle, ville internationalement connue pour les jeux de mots foireux et son industrie pharmaceutique : Syngenta, Hoffman-La Roche, Sandoz, Novartis, bref si vous avalez des médicaments, il y a de fortes chances qu’ils soient issus d’une de ces entreprises.
Bâle est la seule ville suisse qui vibre réellement pour son équipe. Même lors des sombres années en D2, la moyenne de spectateurs tournait à plus de 20'000. Quand on sait qu’en règle général un match de D2 suisse attire rarement plus de 2'000 personnes on mesure l’engouement.
A Bâle le foot est sur un piédestal, on y vient, en général, en famille, plus d’une heure avant le match les pères de familles et leurs enfants sont présents dans les travées du stade pour manger avant le spectacle. Bâle et son Sankt-Jakob-Park est également connu pour ses hooligans, un noyau dur qui « siège » à la MuttenzerKurve, plutôt violents et forcément anti-zurichois, calqué sur l’ancien modèle anglais.
Dans ce stade règne une ambiance survoltée, ça chante sans arrêt la gloire des stars locales (dont çecarroni, je vous raconterais son histoire un jour, elle est invraisemblable !), je me souviens d’un Bâle –Valence en LDç il y a quelques années, avec égalisation d’Ergic dans les dernières minutes, J’ai craqué mon sloggi comme si c’était les girondins qui jouaient ce jour-là.
Je suis donc de 1976 et c'est lors de cette saison que Daniel Jeandupeux, le seul suisse ayant porté le maillot girondins, est sacré meilleur joueur étranger du championnat de France.
Mon père n’appréciant que modérément la langue de Goethe, la possibilité de rejoindre la suisse romande est saisie en 1978. Nous débarquons donc en Valais. Canton réputé, entre autre, pour ses vins, sa fermeture d’esprit et son club de foot, le Fç Sion.
Dès que je sais marcher, je tape dans un ballon, les grands de mon immeuble (attention, un immeuble en Valais c’est 12 appartements, pas une barre HLM…) viennent sonner à la porte pour que je joue avec eux, j’ai 5 ans, pas le droit de participer à un championnat. Comme je crise, c’est une constante pour moi sur un terrain, on me trafique un faux passeport pour que je puisse jouer !
1982, le déclic, le choc, le délire, la haine, ma vie qui bascule. Séville, c’est l’été, j’ai le droit de regarder le foot avec mon père, footix de premier ordre qui n’aime pas le foot ! Je me souviendrais toute ma vie de cette image qui restera au générique de Stade2 pendant des années : ç’est un bordelais, Giresse qui court plein de joie. 3-1, la France est en finale !!! puis la suite que tout le monde connaît. Je jure de haïr l’ensemble du peuple allemand jusqu’à la fin de mes jours. Aujourd’hui, mon meilleur ami est Allemand, la poisse !
Je commence à suivre ardemment le championnat de France et il y a un maillot qui me plait plus que tous les autres, c’est le maillot marine des Girondins. Chaque année pour mon anniversaire ou Noël, je recevais l’année d’or du football français (ou un truc du style), je passais mes journée à étudier les compositions des girondins et à être Alain Giresse sur les terrains de la région. En plus ça tombait bien, c’est le début dela période dorée des girondins.
La consécration, 1984, Mémé Jacquet aux manettes, Giresses, Tigana, Twésow, Battiston, Lacombe, Müller, le titre de champion. J’ai 8 ans et je commande pour noël un maillot des girondins. A l’époque y’avait un coupon de commande dans le Onze, je reçois mon maillot et l’use jusqu’au bout, il est trop court mais je veux pas m’en séparer, il disparaît subitement après un entraînement, sûrement un oubli ou un coup de ma maman qui supporte plus de le laver ce maillot qui ressemble plus à rien. Coup dur ! Pas grave, c’est marqué, je serais à jamais un supporter des Girondins !
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