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  • 15 Avril 2008

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  • 3 avril 2008

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  • 25 mars 2008

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  • 7 mars 2008

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Comment je suis devenu supporter de Bordeaux : Donovan

Écrit par Rédaction Chez Les Girondins   
21-11-2007

Oh la belle nouvelle rubrique que voilà ! Désormais, les membres de notre communauté qui le désirent (et qui ne massacrent pas la langue de Jean Lefèbvre) nous révéleront régulièrement d'où vient leur amour inconditionnel du Scapulaire. Pour cette première, c'est Donovan qui s'y colle.

Je suis né en 1984, à Nancy.
Nancy, préfecture de Meurthe-et-Moselle. Au nord, la Moselle et son activité minière et sidérurgique à l’agonie. A l’ouest, la Meuse, département rural et exsangue, théâtre de multiples batailles tristement historiques. Au sud, les Vosges, montagnes culminant à 1400 mètres et qui hébergent une industrie textile saignée à blanc par la concurrence mondiale. A l’est, l’Alsace et plus loin la vallée de la Ruhr et ses fumées d’usines, l’Allemagne.
C’est au centre de ce décor que se dresse Nancy, capitale des Ducs de Lorraine, ville chérie de Stanislas Leszczynski, roi de Pologne. Tout autour de la ville règne donc une certaine morosité à laquelle Nancy échappe. Car loin des mines de charbon, la ville s’est constituée une image et un paysage bien différent : à Nancy les universités et les centres de recherche, les ors de la Place Stanislas, la culture. Nancy est une ville bourgeoise.

Dès lors, il est bien compliqué d’imaginer l’enracinement d’une culture footballistique dans ce contexte. Quand on parle de football à Nancy, la seule chose que les gens peuvent répondre, et répondent, est : «Michel Platini ». Légende, gloire du football local, Platini incarne à lui-seul le football nancéien. Il est également un peu l’arbre qui cache la forêt, le tronc s’étant élargi avec les années. En effet, avant la coupe de la ligue 2005, le seul titre jamais remporté par l’ASNL était la coupe de France 1978, autant dire pas grand-chose, en tout cas pas suffisamment pour créer un réel engouement autour du club local.

Pour un gamin, grandir à Nancy signifiait donc ne pas grandir dans un environnement imprégné de football, ne pas connaitre l’enthousiasme d’une ville pour son équipe, ne pas supporter son club de génération en génération. Cet état de fait a quelque peu changé depuis mon enfance, Nancy étant devenue une place importante du football hexagonal, drainant un nombre important de supporters dans la Cité Ducale.

Né un mois avant le sacre de la bande à Platoche lors de l’Euro 1984, ma découverte du football se fit plus par l’intermédiaire de la sélection nationale que du championnat. Il me semble d’ailleurs n’avoir connu l’existence des clubs de foot qu’à l’occasion de mon premier abonnement à Onze Mondial. En ce temps-là j’avais 10 ans, Emil Kostadinov avait annulé le voyage de l’équipe de France aux Etats-Unis, je me prenais de passion pour la Suède de Thomas Brolin mais mon idole restait un grand brun moustachu répondant au doux nom de Don Diego de la Vega. Zorro : c’était lui et personne d’autre, je pouvais rater un match de foot, peu importe, mais rater un épisode de Zorro, impossible. Voir courir des manchots dans un pré après un ballon, qu’est-ce que cela valait à côté de Don Diego qui chevauchait les plaines californiennes sur le dos de Tornado, sous un ciel cinglé d’éclairs ?

Le foot occupait donc une place secondaire dans ma vie d’enfant, jusqu’au jour où… Zorro est arrivé ? Presque.
Nous étions le 18 août 1994, j’étais en vacances sur l’Ile d’Oléron et je vaquais à mes occupations de jeune vacancier. Tout à coup, ma mère m’a appelé, il allait être 13h, il fallait passer à table. Je suis rentré dans l’appartement et là, qu’ai-je vu ? Le générique de mon feuilleton favori, le générique de Zorro. Me demandant bien ce que faisaient ces images dans le journal de 13h, j’attendais, incrédule, la suite du reportage et les explications de Claire Chazal. C’est alors que je vis, pour la première fois de ma jeune vie, Zinedine Zidane. La veille il avait inscrit un doublé à l’occasion de sa première sélection face à la République Tchèque. Zinedine Zidane, ZZ. Les journalistes découvraient ce joueur, son nom, ses initiales et le rôle du sauveur qu’il avait brillement interprété la veille les avaient poussé à comparer ce jeune freluquet à mon idole masquée de noir.
Les ressemblances étaient portant troublantes : ce Z, ce caractère discret et maladroit à la ville, cette métamorphose une fois le costume endossé, ce rôle de sauveur… Dans mon esprit la fusion était faite. Zidane était le nouveau Zorro, ma nouvelle idole, et je comptais bien le vénérer comme je le faisais avec le Sieur de la Vega.
Pour adorer Zidane comme il se devait, il m’a fallu apprendre à le connaitre : né à M********, parents kabyles, formé à Cannes, joue à…Bordeaux. Bordeaux ? C’est sous ses couleurs-là que ce Zidane évolue ? C’est avec un maillot Panzani que se réincarne Zorro ? Dur à encaisser, mais très bien, j’accepte tout, je prends Zorro, Zidane, les Girondins de Bordeaux, le Parc Lescure, Panzani,…

Je me mis dès lors à suivre les résultats de ce club d’une ville lointaine, à l’exact opposé de celle où je grandissais, et, petit à petit, je me pris d’attachement pour celui-ci.
Il faut dire que ma passion pour les Girondins est apparue à une époque particulièrement propice à l’inflammation des cordes vocales et à l’enthousiasme. Après un an passé à découvrir ce club par l’intermédiaire d’un numéro sept qui me faisait rêver et que je tentais, en vain, d’apercevoir chaque dimanche matin lors de Téléfoot, MON équipe écrivit une des plus belles pages de son histoire. Si Zidane a déclenché mon amour pour le club, cette épopée européenne l’a définitivement scellé.
A l’époque, souvenez-vous, la Coupe de l’UEFA se jouait le mardi soir. Les matchs étaient diffusés sur Canal+ ou ne l’étaient pas du tout, en fonction des affiches proposées. A 11 ans, mes parents m’envoyaient me coucher tôt, si bien que je ne pouvais connaitre le résultat de Bordeaux que le lendemain matin, par l’intermédiaire du Post-It que laissait mon père à côté de mes tartines. C’est ainsi que je suivis les qualifications successives des Girondins, et ce jusqu’au ¼ de finale retour face à Milan. Ce soir-là, je me couchai tôt, comme d’habitude, mais je pris la décision d’emporter sous la couette mon baladeur-radio. Paisiblement allongé, feignant le sommeil, j’écoutais donc sur Europe 1 les commentaires de ce match de légende. A l’ouverture du score de Tholot, je tressaillis mais gardai mon calme. Quand vint le deuxième but, je ne pus réprimer ma joie, serrant rageusement les poings, toujours silencieux. Le troisième but me fit sortir de mon silence, de mon lit et de ma chambre. Je courus alors annoncer l’extraordinaire nouvelle à mon père : Bordeaux menait 3-0 face au Milan AC. Manifestant moins d’enthousiasme que moi, mon père me fit simplement remarquer, étonné de me voir debout à cette heure, que tout cela était très bien mais qu’il était tard et que je devais dormir. Aucunement refroidi par cette tentative de cassage d’ambiance, je retournai dans mon lit pour écouter la fin du match, serrant les dents à chaque assaut milanais et exultant au coup de sifflet final. La passion était née, je vibrais pour ces joueurs, plus uniquement pour Zidane, pour cette équipe, pour ce club.

Dès le lendemain je rédigeais une véritable lettre de motivation pour recevoir le catalogue des produits girondins, justifiant précautionneusement de mon amour du club. Le merchandising n’était pas encore ce qu’il est et je reçu quelques semaines plus tard un livret dans lequel étaient proposés, outre quelques produits dérivés du FCGB, des accessoires portant la griffe Paris-Dakar et Tour de France. Je ne m’en formalisai pas et versai alors ma première donation au club, en échange d’une écharpe, d’un fanion, d’une casquette et d’un sweatshirt Asics. J’étais alors paré pour parader et afficher ma passion pour les Girondins de Bordeaux, passion qui ne faisait que commencer…




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Commentaires
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Masta   |22-11-2007 10:52:25
Bdx-Milan, c'est le plus gros pétage de sloggi de la galaxie !
comment   |22-11-2007 15:03:03
tu m'étonnes.
Kilik   |22-11-2007 20:22:08
Comment j'avais gueule comme un goret en regardant le match sur canal dans mon
pyjama short+tshirt fido dido.

_watson   |23-11-2007 00:52:04
kilecon ce kilik :abovelol:



Très biejn ecrit et très emouvant donovan.

On s'y retrouve.



De plus, c'est une bonne idée de rubrique.
Mc Field   |23-11-2007 02:58:50
Bordeaux-Milan : j'étais au virage sud et je m'en souviens encore comme si
c'était hier
Ziegler   |23-11-2007 12:05:05
Bravo Dono !
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