Planus vient tout juste de prolonger son contrat avec les Girondins de Bordeaux, pour entamer un nouveau cycle avec le club au scapulaire. Celui qui est maintenant le seul défenseur à légitimement prétendre à une place de titulaire espère bien que l'arrivée de Laurent Blanc en tant qu'entraîneur redonnera un nouveau souffle aux ambitions aquitaines. Il est vrai que la présence de celui qui fut l'un des derniers libéros du foot moderne a sûrement joué dans la décision de prolonger de Marc (ou alors c'est le manque de propositions, mais faut pas le dire). Cependant, tout un chacun se rappellera l'adage du « président », à savoir qu'un bon défenseur, c'est un défenseur qui défend debout. C'est là qu'apparait un certain schisme, le joueur de 25 ans étant plutôt connu pour ses tacles rugueux, mais corrects. Toujours soucieux du bon devenir du club que nous supportons (et qui nous fournit logis, couvert et accompagnatrices), nous avons précédé les demandes du nouvel entraîneur en enquêtant sur les causes de cette gestuelle systématique à l'approche d'un attaquant, cette belle façon de se jeter pieds en avant, aux risques et périls des chevilles adverses et de la couverture non assurée.
L'explication technico-tactique :
Malheureusement pour Marc, le statut de défenseur a fortement évolué depuis ses années de formation. Alors qu'il était de coutume de placer un libéro et un stoppeur en charnière centrale, le jeu a évolué depuis plus d'une décennie vers une défense à plat et une couverture alternée. Finie donc la période bénie des grands défenseurs, élégants balle au pied, avec une bonne lecture du jeu, que furent les Beckenbauer ou autres Blanc. Planus, habitué dés son plus jeune âge à cette position, est maintenant un des derniers héritiers de ce poste quasiment disparu au profit d'une défense plus proche de l'attaquant, maillot contre maillot, où les deux joueurs restent constamment en contact (calmez vous mesdames et mesdemoiselles). C'est une regrettable évolution du jeu, profitant à des gladiateurs plus qu'à des artistes, mais c'est une autre histoire. Le Bordelais s'est donc retrouvé obligé de devoir réduire la distance avec son vis-à-vis, ce qu'il n'arrive quasiment jamais à faire, malgré sa bonne volonté.
On peut aisément comprendre la répugnance qu'éprouve Marc à devoir se résoudre à être collé pendant 90 minutes à des attaquants qui suent, crachent et reniflent. Ni voyez pas là un excès de pudeur fort peu à-propos, il s'agit d'une réaction pleinement justifiée, surtout quand on voie vers quels excès cela peut conduire.
L'explication freudienne :
C'est bien connu, le subconscient se forge à partir des réserves de minerai que sont les évènements de l'enfance. Le natif de Bordeaux ne se le rappelle peut-être pas, mais l'éducation de ses parents se voulait proche de la nature, dans un monde si matèrialiste. Papa et Maman Planus, dans un regrettable héritage post-68, souhaitaient voir leurs deux enfants apprécier les valeurs de la terre, entrer en communion avec Gaia, se détacher du règne de l'argent. Bref, un vieux rêve de hippies sur le retour, et les deux gamins ont rapidement préféré jouer au foot avec leurs potes plutôt que trainer dans la maison, à tisser des paniers en osier avec les amis mal coiffés de leurs parents.
Là où cette éducation a porté ses effets pervers, c'est lors de l'interdiction qui était faite par monsieur et madame de regarder tout dessin animé, japonais de surcroît, et l'obligation d'assister laborieusement aux émissions de Nicolas le jardinier à la place, sur leur modeste écran en noir et blanc. Les enfants Planus se sont vite lassés de ce mièvre programme, d'autant plus que leurs camarades de classe dissertaient pendant ce temps sur les séries du Club Dorothée. Marc, rebelle dans l'âme, multiplia alors les sorties chez ses copains, pour visionner en boucle l'émission du mercredi matin, particulièrement les épisodes d'Olive et Tom.
Il en est resté une facheuse tendance à magnifier le geste défensif du tacle glissé, au ralenti si possible, prouvant la puissance du dernier rempart contre les offensives adverses. En plus, ça fait bien chier ces connards de jardiniers, non mais !
L'explication physiologique :

Cette photo illustre bien nos prochains propos. Vous aurez bien sûr remarqué la disproportion tragique des membres du défenseur bordelais. A l'instar d'un Darcheville, l'essentiel du poids de Planus se trouve dans ses jambes (Jean-Claude équilibrait ça par son bid... euh, ses abdominaux). Il ne s'agit pas uniquement de quadriceps fortement développés, comme on en rencontre beaucoup chez les footballeurs, mais réellement d'une répartition des masses imparfaite. La conséquence logique de cela est un centre de gravité exceptionnellement bas, et du même coup un équilibre d'un genre nouveau. Ce qui est un avantage pour un sumo ne l'est pas forcément pour un footballeur, le foot demandant une plus grande agilité, et puis Planus n'aime pas porter des cordes entre les fesses, on le comprend facilement.
Marc était bien conscient de son problème physique dès son entrée dans le centre de formation bordelais, et comprenait qu'à défaut de pouvoir changer son corps, il devait tout faire pour exploiter sa disproportion. Le tacle est ainsi devenu son meilleur atout, par un phénomène on ne peux plus physique : l'énergie cinétique (EC). EC = 1/2MV² (M= masse; V=vitesse). En gros, pour nos lecteurs peu adeptes de la physique, à la même vitesse, c'est le truc le plus gros qui fera le plus de dégats. Un Planus qui se lance jambes en avant à 100km/h possède une énergie cinétique plus grande qu'un Wendel à la même vitesse.
C'est un bel exemple humain d'acceptation de soi et de ses défauts, qui pourrait en faire réfléchir beaucoup, ou provoquer l'écriture d'un film hollywoodien à la con. Pour Marc, c'est aussi ce qui lui a permis de devenir professionnel (c'est pas ses relances, pour ceux qui n'ont pas suivi).
Vous avez en substance le rapport que nous avons remis à Laurent Blanc. Nous ne doutons pas un seul instant que ce dernier saura apporter à Marc les conseils nécessaires pour lui permettre de défendre plus proprement, et de ce fait, de se rapprocher d'une sélection en bleu. c'est tout le mal que l'on souhaite à Planus, et ça nous ferait mal au derrière qu'il n'y arrive pas (bleu, Planus, tout ça).
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