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Qu'est-il arrivé au joueur si prometteur qui avait marqué 7 buts lors de la saison 2003/04, au point de
devenir le 146° successeur désigné de Zinédine Zidane (après les réussites tonitruantes de - remarquons la propension de nos camarades
journalistes à bien éviter tout systématisme dans ce type de liste - Camel Meriem, Mourad Meghni, Hatem Ben Arfa...)
?
Ses camarades de promo, Rio Mavuba et Marouane Chamakh, se sont depuis installés en équipe première bordelaise,
et en équipe nationale (oui Juan Pablo, tu peux écarter Riquelme de l'équipe d'Argentine, quand on veut on peut, ou presque). Quand bien même
tu n'es pas vraiment rapide sur le terrain, cela n'est pas forcément un si grand handicap, l'exemple des deux modestes joueurs précédemment
cités montre bien qu'il existe encore de la place pour des joueurs lents, mais techniques, enchainant contrôle rapide et passe précise, et que
le football moderne n'est pas taillé uniquement pour des athlètes. Combien se sont brisés les jambes à n'être que des dragsters poussant la
balle ?
Pour comprendre comment celui qui incarna la réussite de la formation bordelaise (à défaut de recrutements judicieux) est
devenu un joueur de fond de banc, il faut remonter aux sources, au lieu et la date de sa naissance. Francia est donc né à Cordoba, en
Argentine, le 3 Décembre 1984. L'observateur averti remarquera que ce jour correspond à la catastrophe de Bhopal, et donc aux émanations
toxiques catastrophiques qui ne se sont pas malheureusement pas arrêtées aux frontières comme le fait ordinairement tout nuage toxique bien
éduqué. La distance entre les deux pays aurait pu épargner l'Argentine, mais le puissant courant El Nino de cette fin d'année aura des
conséquences dramatiques. Ainsi donc, le petit Juan Pablo fût exposé durant ses premiers mois aux influences néfastes, physiologiquement et
psychologiquement, de cette accident industriel. Pourtant, J-P aura une enfance heureuse, courant après les lamas, pochettinnos et autre
animaux rigolos peuplant le sud du nouveau monde, et verra la grande équipe argentine menée par la main et le pied d'El Diego.
Après
la finale de 1990 perdue aux tirs aux buts contre l'Allemagne, qui s'etait honteusement mise à deux pour battre les albicelestes, il
décide de devenir footballeur pour laver l'honneur bafoué de son pays. Il joue à l'Esportivo Belgrano, et, par on ne sait quel miracle, sera
repéré par Jorge Gama, qui vient de réussir à placer un joueur aux Girondins (un certain Pedro Michel quelque chose) et bénéficie d'une
certaine confiance. La suite, c'est la saison 2003/04, qui sera le commencement de la fin, car son corps change, son comportement se modifie.
Ce qui ne serait qu'une adolescence tardive a en fait été infecté par les gaz de Bhopal, et le jeune Pablo voit son taux de testostèrone
chuter dramatiquement. Il perd donc tout influx nerveux, toute réactivité, ses passes sont molles, ses tirs peu appuyés, seuls les coups francs
restent un tantinet puissant, mais moins réussis qu'auparavant. Evidemment, de nombreux traitements ont été testés, même l'alcool, il parait
que ça marche chez certains.
Ses dernières prestations sous le maillot girondin ne laissent pas croire que l'influx nerveux est
revenu, malgré une blessure au poignet suspecte, si bien que Jorge Gama, qui en connaît un rayon, commence à penser à une nouvelle carrière
pour Francia. Jean Paul, une belle reconversion dans le 50 km marche te tend les bras, tâche de ne pas te laisser dépasser cette fois-ci. |