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Le blog de Pierre Ducasse

L'affaire Carvalho, ce qu'on ne nous dit pas.

Écrit par Rédaction Chez Les Girondins   
11-08-2006
Qui connaissait Daniel Carvalho il y a quelques semaines seulement? En tout cas son transfert aux Girondins de Bordeaux, qu'il se réalise ou pas, aura été le feuilleton de l'été. Pourquoi tant de tergiversations et de rebondissements dans cette affaire? Toujours à la pointe de l'info, nous vous livrons notre version de l'histoire. Tout commence un beau matin de juillet. Michel Pavon se réveille difficilement, quelque peu fracassé par la cuite de la veille. Le club organisait une petite fête pour célébrer l'arrivée de l'enveloppe des transferts. En fouillant dans ses poches de pantalon, il trouve un petit papier sur lequel il lit "Ricardo Carvalho Néné Zé Roberto". Il a quelques trous de mémoire sur la soirée de la veille, mais très perspicace, il en déduit que c'est une liste de joueurs à recruter que lui a glissé Ricardo. Bon, Ricardo Carvalho il joue à Chelsea, inaccessible, donc "Ricardo" ça doit être pour se rappeler que la liste provient du coach bordelais, et "Carvalho" c'est sûrement un joueur brésilien. Un petit tour sur Google et Michel tombe sur un certain Daniel Carvalho, évoluant au CSKA Moscou, ancien international espoirs sous les ordres de Ricardo. C'est donc bien lui. Il trouve aussi une petite video compilant les exploits du joueur sous le maillot moscovite. Pavon n'est pas vraiment emballé. Certes ce joueur possède a priori une excellente technique et une vision du jeu hors du commun, mais on ne le voit pas exécuter des tacles rageurs et assassins, toiser haineusement l'adversaire, ou invectiver l'arbitre. Peu importe, Ricardo a gentiment accepté de faire revenir son pote Micoud à Bordeaux, il peut bien lui faire une petite surprise à son tour. Sans prévenir personne, voilà Michel qui embarque sur le premier vol pour Moscou. Là-bas il retrouve Ivan Vukomanovic, un ancien girondin avec qui il a gardé contact, et qui parle couramment le russe depuis son passage au FK Alania Vladikavkaz. Il sera son interprète. Tous deux se rendent au bureau du président du CSKA afin de discuter du transfert du joueur brésilien. Les négociations avancent très vite, Vukomanovic parle vraiment très bien russe et a l'air de bien s'entendre avec le président, en témoignent les regards complices et les sourires en coin échangés. Les deux parties sont d'accord, reste à voir avec le joueur. Direction le centre d'entraînement, où Carvalho et Wagner Love se livrent à un petit concours de jongles, pendant que les autres joueurs enchaînent langue pendante les tours de terrain. Pavon en profite pour se renseigner sur le poste du petit hargneux tout rouge qui essaie desespérément de tacler les deux brésiliens. Son profil est intéressant mais fausse joie, c'est le préparateur physique. Pavon s'entretient avec le joueur pour obtenir son accord. Sobre, efficace, le discours du directeur sportif bordelais séduit le brésilien, enchanté à l'idée d'aller se vider les c... en Gironde. Et voilà c'est bouclé, l'homme fort de la cellule de recrutement retourne à Bordeaux pour annoncer la bonne nouvelle au président, qui demande aussitôt une traduction du contrat récapitulant les modalités du transfert. Bordeaux tient sa seconde recrue après Micoud, la campagne de recrutement démarre fort! C'était oublier un peu vite que l'entraîneur de Vukomanovic à l'Alania Vladikavkaz n'était autre que... Rolland Courbis : la version française du contrat met en évidence certaines clauses stipulant en vrac le versement d'une indemnité à un club de ping-pong russe implanté au Brésil, au titre de club formateur, le remboursement d'un dictionnaire franco-russe édition gold collector "rare" ayant soit-disant servi aux négociations, ainsi qu'un forfait d'un montant de 500.000 euros incluant une extension de garantie à 5 ans et la livraison du joueur sous 48h. Jean-Louis Triaud, à qui on ne la fait pas, soupçonne immédiatement des irrégularités qui pourraient mettre son club en danger. Charles Camporro, qui passait récupérer quelques documents, lui donne ses conseils avisés: "Attends tu le veux ou pas ce joueur? Comment tu crois qu'on mène une campagne de recrutement? Si tu commences à faire attention à ce genre de détails tu vas galérer grave pour trouver des joueurs d'ici à la fin du mercato crois-moi". Mais Triaud hésite. Et s'il a ce genre d'états d'âmes, c'est parce qu'il se souvient qu'enfant, il s'était laissé entraîner par son cousin dans une sombre histoire de vol de bonbons. Pris la main dans le sac, il avait pris une sévère rouste par son père qui l'avait ensuite enfermé dans la cave familiale pendant 8 heures et... Aaaaah Charles Biétry sors de mon corps!!! Enfin bref, le président bordelais fait savoir à son homologue moscovite qu'il n'a pas l'intention de conclure le transfert dans ces conditions. Les négociations doivent repartir sur des bases saines. Le dirigeant du CSKA lui fait comprendre qu'il est ouvert à tout, mais que ce ne sera pas le même tarif et demande une rallonge conséquente sur le montant de la transaction. Triaud jubile, ca va devenir intéressant. Il affectionne particulièrement ces joutes interminables, ces discussions de marchand de tapis destinées à faire baisser le prix d'un joueur. Justement, il vient de recevoir une carte postale du Brésil. C'est Denilson qui passe le bonjour de la côte Atlantique, en précisant qu'il n'a toujours pas trouvé de club et qu'il envisage sérieusement de reprendre les négociations pour un nouveau contrat aux Girondins. Côté russe on sait très bien que Bordeaux s'éternise dans ses prospections pour un milieu gauche, poste vacant au club depuis le départ du dribbleur brésilien, et qu'il devient urgent de recruter à ce poste. Il faxe aussitôt la carte postale au club moscovite, qui doit absolument savoir que Carvalho n'est pas la seule piste étudiée. Mais en face on reste insensible à cet argument de poids, pire on menace de faire disputer le tour préliminaire de la Ligue des Champions au joueur, ce qui l'empêcherait de jouer la compétition avec le club aquitain. La menace sera mise à exécution et le recrutement du joueur a depuis pris du plomb dans l'aile. Toutefois, Triaud ne desespère certainement pas et pourra à présent arguer de cette contrariété pour faire baisser l'indemnité de transfert...



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