Ramos à la playa
Pour préparer au mieux la coupe du monde, la décision d'affronter une équipe qui plie tout sur son passage depuis le dernier Euro alors que l'équipe de France n'est pas franchement en confiance n'apparaissait pas des plus judicieuses. Et ce qui devait arriver arriva. Les Bleus ont pris une leçon, la France a peur.
Yoann Gourcuff : clause combat |
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| Écrit par Donovan | |
| 26-10-2008 | |
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Depuis sa frappe sous la barre face à la Roumanie le 11 octobre dernier, Yoann Gourcuff a changé de dimension. En 3 matces il s’est imposé en équipe de France et ses bonnes performances semblent rejaillir sur les Girondins de Bordeaux, où il est désormais attendu à chaque match.
Pourtant sa situation demeure précaire et son avenir incertain. ![]()
Barré par une pléiade de joueurs plus aguerris de lui, Gourcuff a fait le choix de quitter le Milan AC pour trouver une place de titulaire dans un bon club et ainsi prouver son niveau à tous. C’est donc sous la forme d’un prêt que le Breton est arrivé en Gironde cet été. On le sait maintenant, ce prêt est assorti d’une option d’achat comprise entre 12 et 15 millions d’euros. Qui dit option d’achat dit possibilité de rester, mais également de retour à l’envoyeur, voire de départ vers un autre club.
Ce sont donc ces trois possibilités qui concerneront Gourcuff à la fin de la saison. A la fin de la saison ? Pas vraiment, puisque les dirigeants bordelais ont en fait jusqu’au 15 avril pour prendre leur décision. Si le joueur continue sur sa lancée, on imagine mal ce qui pourrait faire que Bordeaux refuse de lever son option d’achat. Après avoir fixé le montant avec le club lombard, on conçoit mal que l’on nous serve l’excuse d’une indemnité trop élevée. Si c’était le cas, de là à ce qu’on nous prenne pour des jambons, il n’y aurait qu’un pas. Seulement, Jean-Louis Triaud l’a dit, si cette option est levée, ce sera en accord avec la volonté du joueur. On peut donc considérer que Gourcuff a les cartes en main.
Sa décision de rester répondra certainement à plusieurs considérations : la perspective de la coupe du monde 2010, le nom du coach, la participation du club à la ligue des champions, et l’attitude de Milan et des autres clubs. Même si l’exception semble faire règle au même titre que la règle elle-même (vous avez suivi ?), Raymond Domenech a confirmé le principe selon lequel il faut être titulaire en club (personne n’a dit « performant ») pour être appelé en sélection. Bleu parmi les bleus, Gourcuff ne peut donc pas, à un an de la coupe du monde Sud-africaine, se permettre de cirer le banc de Milan ou d’un autre grand club suréquipé. Cette assurance d’être titulaire, tant qu’il joue à ce niveau, Bordeaux lui offre. Finalement, seules deux hypothèses fragilisent potentiellement son statut : le retour de Juan Pablo Francia et un changement d’entraîneur. Passons sur le 1er cas, et au passage prions pour cette brebis égarée (mais bien nourrie apparemment) en terre argentine, et concentrons-nous sur le second. Le contrat de Laurent Blanc prend fin en juin prochain. Pour le moment, malgré une proposition de JLT, l’autre Président de tous les Français n’a toujours pas prolongé son bail bordelais. C’est un secret de polichinelle, Blanc voit Bordeaux comme un tremplin (pour un club anglais ? Pour l’équipe de France ?) et il y a fort à parier que celui-ci préfère garder sa porte ouverte aux propositions qui pourraient lui parvenir. Son avenir à Bordeaux est donc plutôt incertain. Or, on imagine mal que son cas soit réglé le 15 avril, et on imagine encore moins que, s’il lui fallait un successeur, celui-ci soit déjà choisi au printemps. Cette incertitude profitera-t-elle à Bordeaux, au bénéfice du doute ? Au contraire, poussera-t-elle Gourcuff à choisir un club dans lequel les choses sont claires ? Difficile de répondre, mais cet élément est assurément à prendre en compte. Autre point à considérer, qui ne sera surement pas réglé en avril, la participation de Bordeaux à la Ligue des Champions. Pas la peine d’expliquer pourquoi cette compétition est important pour un jeune international comme Gourcuff. Toujours est-il qu’un Bordeaux bien placé à l’entrée de la dernière ligne droite ne pourrait qu’être profitable au club.
Bien évidemment, l’attitude du Milan AC pèsera également dans la balance. Pour le moment, Galliani a déclaré qu’il souhaitait que notre Ken national rentre au bercail, tout en précisant que c’était pas la fête et que celui-ci devait s’attendre à poser ses fesses sur le banc régulièrement, et en silence… Simple déclaration ou véritable souhait ? La seule chose dont on peut être sûr c’est que Milan ne bradera pas le joueur, que ça soit à Bordeaux ou à un autre club. Voilà la dernière inconnue de l’équation, l’intérêt potentiel des autres clubs. Si Bordeaux est prioritaire, Gourcuff peut refuser l’offre bordelaise et rentrer en Lombardie pour mieux signer ailleurs dans la foulée. Le Bayern s’est déjà déclaré intéressé, Wenger semble apprécier le profil du meneur des Bleus (d’ailleurs, si vous croisez Samir Nasri, saluez-le pour nous), et si l'ami de Laure Manaudou continue comme ça, nul doute que les sollicitations seront nombreuses. C’est là que le paramètre Coupe du Monde 2010 (lui-même conditionné aux performances des Bleus, et donc du Breton lui-même…) revient dans la partie. En effet, découvrir un club une année de mondial, ce n’est jamais recommandé, surtout après avoir brillé pendant une seule saison (si vous croisez Ibrahim Ba, saluez-le pour nous), sans quoi Julien Faubert aurait bien évidemment joué l’Euro 2008. On l’aura compris, difficile aujourd’hui d’anticiper la décision de la nouvelle star du football français. Beaucoup d’éléments entreront en compte dans ce choix, et nombre d’entre eux seront encore inconnus au moment de se prononcer… |
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