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Gillot, ici c'est Bordeaux!

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L'élimination en coupe d'Europe concédée ce jeudi soir face à l'Eintracht Francfort, et plus généralement la campagne calamiteuse menée dans cette compétition par Bordeaux, interpelle tant elle ne ressemble pas à ce que sont les Girondins. Mais ça, Francis Gillot ne semble pas en être conscient.


C'est avec des cœurs plein les yeux que les supporters des Girondins de Bordeaux considèrent leur club, à tort ou à raison, comme un des grands historiques de la ligue 1. Et louent en particulier son Histoire européenne. Une Histoire pas seulement faite d'exploits que les moins de trente ans ne peuvent pas connaître. Une Histoire que les Marine et blanc tentent tant bien que mal de recréer chaque saison avec les moyens du bord. Éliminé à cause d'une erreur individuelle de Fernando en 2008, sorti avec plein de regrets suite à une expulsion contre Rome en 2009 et puni par Lyon en quarts de finale de la Ligue des Champions en 2010, Bordeaux a toujours su élever son niveau de jeu dès lors que l'enjeu européen l'exigeait. La saison passée ne déroge pas à la règle avec un huitième de finale perdu face au Benfica, futur finaliste de l'épreuve.


De fait, cela fait bien longtemps que nous, supporters de Bordeaux, ne comprenons pas (ou trop bien) le traitement réservé par les médias aux clubs français qui « ne jouent pas à fond la Ligue Europa ». Si cela se vérifie souvent, nous aimions rappeler que les Girondins respectent en général cette compétition, nous aimions nous dire qu'il est dans l'ADN de Bordeaux de jouer toutes les coupes européennes du mieux possible, car l'ambiance d'un match européen est incomparable, comme nous l'a prouvé la rencontre de ce jeudi face à l'Eintracht Francfort.


Seulement, voilà. De déclarations en déclarations, Francis Gillot a dénigré cette compétition. Les spectateurs ne se déplacent plus, certes. C'est dommage, mais c'est aussi parce que cette équipe ne leur donne pas envie. Il serait illusoire de penser que la présence d'un club étranger à Lescure suffise à faire venir un public blasé devant le jeu de moins en moins intéressant de son équipe. Mais il est de la responsabilité du club de donner envie aux spectateurs de se déplacer. Le supporterisme est inconditionnel, mais la passion, elle, n'est pas une flamme sur laquelle on peut souffler indéfiniment sans prendre le risque de la voir faiblir, voire s'éteindre.


Des paroles aux actes, Bordeaux n'a pour ainsi dire jamais aligné que des équipes bis en Europa League cette saison, s'alignant sur les habitudes tant décriées par l'ensemble des médias Français (à juste raison) des Saint-Etienne, Rennes et autres équipes peu habituées aux récentes épopées européennes. Les Girondins faisaient figure d'exception, ils sont désormais le FC Bordeaux-Montbéliard. Si la vision à long terme de l'équipe dirigeante ou le manque d'implication des joueurs sont critiquables, le premier responsable de cette situation est Francis Gillot en personne. Ne pas respecter l'Europa League, c'est ne pas respecter Bordeaux, son Histoire et ses supporters. Son institution, pour faire court. Venant de l'entraîneur de l'équipe première, c'est une faute grave, impardonnable.


À l'heure où nul ne sait si le Parc Lescure reverra un match européen, quel est le message envoyé aux joueurs désireux de venir à Bordeaux ? Que les finances sont en berne, que les supporters ne se déplacent plus, que les valeurs et l'Histoire du club ne valent pas le coup d'être respectées, que si tu es talentueux, alors tu es destiné à jouer le championnat, car c'est la "priorité". Une vision court-termiste aux effets qu'on imagine d'ores et déjà désastreux.


Choisir de saborder l'un des rares attraits des Girondins, celui qui faisait sa spécificité, au motif qu'il ne peut lutter financièrement avec les ténors du championnat, est le pire des calculs. Entre ici, Ubu, Roi des inconséquents. Dimanche, on reçoit l'Atlethic Club Ajaccien. Le match le plus important de la semaine, à ce qu'il paraît.

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