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Le blog de Pierre Ducasse

Bilan de la saison : le milieu

Effectif
Écrit par Benamoch   
17-06-2008
Si il y a un secteur de l’équipe girondine qui offrait des certitudes de qualité cette saison, c’est bien le milieu de terrain. Muni de trois internationaux de grands pays du football moderne et de deux combattants, il affichait une belle figure prometteuse au départ de la saison. Laurent Blanc et ses promesses de beau jeu aux manettes, on allait enfin voir la technicité de nos milieux à l’oeuvre.
Le milieu en losange


Pourtant, rapidement, la question de l’utilisation du duo Micoud-Fernando allait se reposer et le cauchemar tactique de Ricardo semblait hanter aussi Laurent Blanc.
Apres quelques semaines d’hésitations où il ne fit jouer Johan qu’à l’extérieur et seulement dans un rôle de joker à domicile, l’entraîneur girondin décida d’organiser son milieu en losange.
Construit autour de Diarra (35 matchs sur 38 en tant que titulaire) et Wendel (31 titularisation et très rarement en défenseur), ce losange vit alterner les titularisations de Fernando, Alonso et Micoud (alignés 5 fois ensemble dont 4 fois en l’absence de Diarra ou Wendel, l’exception étant le match à Gerland ou les 5 joueurs débutèrent dans un 451). Ce losange, adapté à la spécificité du profil du Français, n’associa que rarement les deux meilleurs techniciens que sont Micoud et Fernando au départ d’un match (13 fois). Cependant, le Brésilien, très polyvalent, fut le plus aligné des 3 alternants (27 titularisations) en occupant 3 des 4 postes du losange notamment lorsque Alonso, Micoud ou Diarra manquaient. Il forma, avec Alonso, le duo le plus souvent utilisé (17 fois dont 12 sans Micoud) loin devant les duos Micoud/Alonso et Micoud/Fernando (13 fois pour ces deux duos dont 8 sans le troisième).

Base arrière du losange, Alou Diarra fut un des meilleurs girondins de la saison. Régulier dans ses performances, il ratissa un nombre incroyable de ballons tout au long de la saison. Son gros abattage au milieu et son apport décisif sur les coups de pieds arrêtés (4 buts en L1) en firent un des hommes clefs de la saison. Malgré une précédente saison blanche avec l’Olympique Lyonnais, il fut très tôt dans le rythme mais souffrit par la même d’un manque d’endurance chronique au fur et à mesure qu’il enchaînait les titularisations en championnat. On le vit souvent les mains sur les hanches dès l’heure de jeu.
Perdant très peu de ballons, il fut à la base du jeu en passe courte des girondins et du système en losange mis en place par l’entraîneur. Blanc s’était battu pour que le club le fasse signer car il savait que pour tirer profit de toutes les qualités de Micoud et d’un système à un seul réel milieu défensif, il avait besoin d’une tour de contrôle telle qu’Alou. On pourra tout de même lui reprocher un trop grand nombre de ballons joués vers l’arrière et se trouve là sa principale marge de progression même si l’on peut penser qu’il s’agissait d’une consigne managériale qui visait à ce que l’équipe ne prenne des risques que mesurés dans la première relance.

A la gauche du losange, évoluait Wendel qui réalisa une saison en tout point énorme. Des buts ultra importants, des coups de pieds arrêtés bien distillés, un apport incontestable dans le jeu court des girondins grâce à une des meilleures techniques de passe et de conservation de balle de l’effectif, une combativité et une régularité exemplaire, il fut une des pièces maîtresses du onze bordelais. Rarement suspendu ou blessé (on se souviendra de son retour très rapide après le choc contre Réveillère à Gerland), il sut, en plus, rattraper ses rares prestations moyennes ou ses disparitions chroniques de quelques minutes par match par un but ou une passe décisive et fit donc l’unanimité.

Au contraire, Johan Micoud fut le joueur le plus contesté de l’effectif tout au long de l’exercice, et ce fut longtemps justifié. Il n’était guère brillant en début de saison et l’on craignit que Blanc, comme Ricardo avant lui, aurait du mal à faire exprimer les nombreuses et évidentes qualités du meneur de jeu bordelais. Il jouait peu en début de saison et le coach semblait le cantonner à un rôle limitant de joker d’ultra luxe. Puis, finalement, il réalisa des matchs retours de toute beauté jusqu'à se rendre indispensable dans la fluidité du jeu léché que Laurent Blanc voulait mettre en place. Il sut faire taire les critiques qui avaient accompagné son retour à Bordeaux en réalisant une dernière demie saison de toute beauté. Classe (sauf une fois dans une surface de réparation…), précieux par sa technique sa vision du jeu hors du commun et son sens de la passe juste, Johan est vraiment un grand joueur.

Fernando, Alonso, les deux se partagèrent le coté droit du milieu de terrain. Si l’Argentin réalisa une très bonne partie de saison pendant laquelle il était le principal animateur de l’attaque bordelaise et avait faillit nous faire croire au miracle, il remontra vite ses lacunes et à quel point il était un joueur intéressant par sa vivacité mais limité dans sa technique de passe et sa capacité à être décisif (frappes et centres approximatifs). Le Brésilien, lui, est sûrement une déception au final, cette saison. Il faut dire que l’on attend énormément de ce joueur qui nous avait tant éblouis lors de sa première saison. Une pseudo participation à la Copa, de nombreux allers retours transatlantiques et une blessure, en janvier alors qu’il semblait bien revenir, ont empêché ce joueur incroyable de rendre une copie plus propre. Il fut tout de même parmi les hommes précieux du printemps bordelais rattrapant un peu, ainsi, deux premiers tiers de saison poussifs.

Obertan, Ducasse et Jussié se partagèrent les rares minutes qu’ont bien voulu laisser les 5 joueurs précités. Ils furent tous trois, à des degrés différents décevants.
Gabriel Obertan devait tout casser cette saison. Il devait exploser, devenir le meilleur ailier droit du championnat. Il a échoué, c’est une évidence. Il est un diamant mais encore à l’état brut et l’on a sûrement attendu trop, trop tôt de lui. Ses derniers matchs furent à la hauteur de ce qu’il avait réalisé la saison dernière et l’on se remet à espérer que la saison prochaine sera la sienne. On saura, de toutes façons, se montrer patient.
Pierre Ducasse fut très loin du niveau que l’on avait vu lors de la saison précédente et notamment de ses quelques très beaux matchs de l’automne 2006. Lui qui avait réussit à concurrencer sérieusement Mavuba sous l’ère Ricardo n’a guère été enthousiasmant cette saison, quoique… Son extraordinaire but à Marseille illustre des dernières performances qui semblent montrer des qualités qui pourraient faire de lui un bon 8. Mais il ne les montre pas assez et reste décevant dans l’ensemble. Il a probablement besoin de temps de jeu et d’enchaîner les titularisations mais il n’est pas sûr que le club puisse se permettre le luxe de les lui offrir.
Jussiê… le Fantôme de la Gironde. Il fit un bon tout début de saison mais s’éteignit très vite. Très utile lorsque l’équipe joue en contre attaque, il fut extrêmement décevant dans la jeu collectif bordelais. On ne sait toujours pas ce qu’il peut apporter, sur la longueur à l’effectif girondin. On ne connaît toujours pas le poste où il sera le plus efficace mais on le sait capable de coups de génie à nous faire bondir d’enthousiasme. Sa blessure a écourté sa saison qui n’était de toute façon guère flamboyante. Encore une fois compté comme une recrue pour la saison prochaine par le président Triaud, il nous doit une énième revanche.

Le départ de Micoud choisi par le coach obligeait le club à recruter un technicien digne du Français. Le choix de Gourcuff annonce que ce secteur de jeu sera toujours le point fort de l’équipe et que Laurent Blanc continuera de prôner un jeu tout en technique, passe courte et offensif.
 
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