Bilan 2006/2007 - 1ère partie |
| Écrit par Rédaction Chez Les Girondins | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| 13-06-2007 | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
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Nous aurions pu vous révéler les informations de nos indics concernant les transferts, mais afin d'éviter de faire capoter ceux-ci, nous préférons nous essayer à l'exercice du traditionnel bilan de fin de saison dont voici le premier volet :
Le Championnat de France : Deuxième des trois saisons du contrat lucratif signé avec Canal+, rarement un Championnat n'aura paru aussi insipide et joué d'avance. On peut même affirmer que cette saison, le championnat de France a touché le fond. La mort de Julien Quemener et l'amputation du pompier Anthony Roko furent les deux faits les plus abjects, mais on citera également l'épisode Kashkar, une journée à huit 0-0, la saison du FCNA et Barthez, un meilleur buteur remplaçant pendant un tiers de saison qui plonge un peu plus Bernard Zénier dans l'oubli, des entraîneurs en conflit avec leurs dirigeants dans un bon tiers des clubs, et le PSG. On peut tirer un coup de chapeau à M.Thiriez pour avoir réussi à vendre son produit à ce tarif. Il gagne ainsi notre trophée d'employé de l'année. Le spectacle proposé fut un festival, si tant est que l'on apprécie les passes mal ajustées et les contrôles ratés. Le prochain exercice se devra d'être plus attrayant pour les spectateurs, sous peine de voir ses droits de diffusion baisser, avec les conséquences que cela pourrait avoir sur le budget des clubs. Ce ne sont pas les challenges de l'offensive, ou le championnat des tribunes, voir l'élection de la meilleure eau, goût bière, autour des stades, qui réhausseront l'intérêt de la compétition.
De plus, les faibles résultats européens de l'ensemble des clubs français, Lyon y compris, font craindre la perte de la 3ème place qualificative pour la Ligue des Champions. Quand on sait l'impact financier (environ 15M€) que cette compétition apporte, il est impératif que la Ligue1 retrouve plusieurs clubs capables de se retrouver régulièrement dans cette compétition. Il convient toutefois de noter combien les politiques de droits TV ne sont pas du même ordre entre la France, l'Espagne, l'Italie, et surtout l'Angleterre. Le fossé se creuse, et la dernière Ligue des Champions a bien exposé ces différences. Nous reviendrons plus loin sur les clubs, mais force est de constater que cette saison fut la plus improductive en matière de suspense. Si la suprématie lyonnaise en championnat n’a, encore une fois, souffert aucune contestation, l’équipe du Rhône, tout en ayant relégué son dauphin à 17 longueurs (record absolu), a néanmoins connu sa saison la plus chaotique et poussive depuis son premier titre en 2000. Paradoxe qui mettait le sextuple champion de France sous la menace d’un petit groupe de clubs qui ont eu l’extrême gentillesse ne de pas profiter des deux mois du début d’année pour aller chatouiller l’ogre. Au lieu de ça, chaque prétendant qui eut la possibilité de recoller, d’aligner des performances et de se mettre à l’abri, aura systématiquement loupé la marche et permis à ses poursuivants de revenir (Lens comptait jusqu’à 10 points d’avance avant d’aligner 1 victoire en 10 rencontres), ce qui conduit à l’incongruité de voir le TFC gagner 1 seule de ses 5 dernières rencontres et d’accéder quand même au tour préliminaire de la C1. De constater que le champion de France de L1 à 19 compte pas moins de 12 défaites, que le dernier titulaire du podium en compte 14, une différence de but incroyable de +1, que le total de 58 points est de toute faiblesse pour une équipe troisième. A peine 3 pts de plus que le 8ème (11 l’an passé), 10 seulement du PSG 15ème (25 en 2006), et moins de 20 du premier relégable (36 l’an passé) ! Bien sûr, ce constat plus que mitigé sur la saison passée n'a pas pour but d'accuser le leader lyonnais de piller la L1, mais plutôt de souligner comment les supposés autres « gros » clubs n'ont pas su imposer leur supériorité budgétaire. Hormis Marseille en fin de saison, les autres puissances ont connu des résultats trop chaotiques pour s'imposer durablement contre les équipes dites de milieu de tableau. Cela aboutit au résultat 2006/07, où quasiment chaque équipe pouvait perdre n'importe où. Il revient donc aux leaders budgétaires de tirer le championnat vers le haut, et traduire leur puissance par des saisons enfin réussies.
C’est dans ce contexte un peu particulier qu’il faut analyser le parcours des Girondins de Bordeaux (analyse à venir dans un prochain article). Parce qu’en données brutes, le bilan n’a pas de sens s’il n’est pas confronté à la conjoncture dans laquelle se déroule le championnat. On lit beaucoup de commentaires soulignant qu’avec une telle faiblesse générale, il est parfaitement anormal que le club n’ait pas fait mieux qu’une 6ème place, que compte tenu des nombreux errements et défections des adversaires, la porte était grande ouverte pour retrouver le star système de la ligue des Champions. C’est nier qu’un club doit évoluer en tenant compte de ceux qui l’entourent, des paramètres qui jalonnent le parcours, du comportement des autres équipes et de son cheminement personnel.
L'Arbitrage : Eternellement remis en cause à chacune de leurs décisions, les hommes en noir sont confrontés à une multitude d'éléments qui jouent en leur défaveur. Il leur est demandé d'appliquer des règles le plus souvent floues, comme le hors-jeu de position (Wiltord contre Bordeaux...), ou d'être plus sévères sur certains points, comme les tirages de maillots dans les surfaces (chacun aura pensé à Yepes pour ne pas le citer) mais ils sont régulièrement pris pour cible sans être fermement appuyés par la LFP. Cette dernière ne se bouscule pas vraiment pour clarifier ses règles les plus génératrices de discordes. Pire, on demanderait aux arbitres de se munir de vision bionique, d'être capables de déceler des hors-jeu de moins de 10cm. Le révélateur dont est si fier le diffuseur unique de la Ligue 1 ne doit pas être admis comme un outil essentiel au football. Canal+ a beau présenter son appareil comme un outil, l'usage qui en est fait enlève tout ce qui fait la beauté de ce sport, le jeu, l'aléatoire, les matchs qui se jouent sur un détail. La chaîne cryptée pèse de la sorte de tout son poids sur la LFP pour imposer l'arbitrage vidéo, se voulant ainsi indispensable au règlement des problèmes qu'elle (Canal+) a constamment mis en exergue. Quand un besoin n'existe pas, il faut créer un état de manque. Capitalisme, quand tu nous tiens.
Les Clubs : A tout seigneur tout honneur, le premier club cité est forcément l'Olympique Lyonnais. L'OL a écoeuré la concurrence dans la première partie de saison, en totalisant 16 victoires en 19 journées, pour 2 matchs nuls et une défaite. De quoi prendre ses aises (cause peut-être de la baisse de rythme en seconde partie de saison, et particulièrement en Ligue des Champions), d'autant plus que les prétendus opposants auront tous pris une fessée (victoires à Bordeaux, 1-2, 3° journée; contre Lille 4-1, 7°; à Marseille, 1-4, 10°; à Lens, 0-4, 18°). Pourtant, ce sixième titre en autant d'années laisse peut-être le goût le plus inachevé pour les gones, il suffisait de voir leur joie dans leur hôtel Mercure à Auxerre. Un groupe qui semble arriver en fin de cycle, des tensions perceptibles entre l'entraîneur et son staff, les joueurs, les jardiniers, la compta... Pourtant, Aulas garde le cap et lance le club rhodanien dans une autre ère, l'entrée en bourse qui finance la construction d'un stade qui appartiendra au club. Qu'on aime ou pas ce club et son président, force est de reconnaître l'ambition qu'il affiche.
Les prétendus opposants font pâle figure à côté de l'ogre lyonnais. Malgré les résultats en dents de scie de l'OL sur la seconde partie de saison, aucun club n'a réussi à venir titiller les chevilles du géant. Lens, longtemps dauphin, s'est échoué comme une merde en fin de championnat (6 défaites dans les 10 dernières journées). Trajectoire inverse pour Marseille, récompensé finalement de son jeu offensif (8 victoires à partir de la 28° journée), malgré l'épisode Kachkar, comme seul l'OM ou le PSG peuvent en produire en France. Cette qualification en LDC permet d'entrevoir un renforcement du groupe, si tant est que la jolie plus-value réalisée par la vente de Ribéry (25M€, plus 4000€ pour le tracteur) soit bien utilisée. Lille est, avec Bordeaux, la déception de l'année. Le groupe de Puel avait réussi à se qualifier deux fois consécutivement en LDC, mais il a montré ses limites en jouant sérieusement la qualification en poule. La rotation d'effectif voulue par le coach n'a pas réussi à épargner son capital physique, le groupe semblait épuisé (mentalement?), et a fini à une peu glorieuse 10° place. L'intersaison va être primordiale pour le LOSC, d'autant que ses meilleurs éléments (Bodmer, Keïta, Tavlaridis...) attirent l'oeil des clubs plus aisés financièrement. Malgré ça, ils ont réussi à priver Rennes de la 3° place. Les Bretons doivent sévèrement se les mordre, eux qui ont longtemps flirté avec la 10° place avant de voir presque par miracle une possible qualification en Champion's League. Au final, c'est le TFC de Baup qui s'est emparé de la 3° place. On pourra maugréer contre l'envahissement de la pelouse des supporters nantais, il n'empêche que les Toulousains n'ont pas démérité, malgré 1 seule victoire (et quelle victoire !) sur les 6 derniers matchs.
Les trajectoires de ces différents clubs (et de Bordeaux bien sûr) illustre un niveau d'ensemble assez moyen du championnat. Certains s'en sont réjoui, chacun pouvant battre tout le monde sauf Lyon. Si l'on regarde de l'autre côté de la médaille, on interprète plutôt cette tendance comme un nivellement par le bas, principalement au niveau des talents offensifs, avec pour meilleur buteur un certain Pauleta, à 14 réalisations sur la saison. Il serait peut-être temps de classer le Championnat de France non pas parmi les 5 grands championnats européens, mais plutôt au niveau du Portugal ou des Pays-Bas. Au final, 5 clubs (Toulouse, Rennes, Lens, Bordeaux et Sochaux) se tiennent en 1 point, de la 3° à la 7° place. Là encore, la L1 n'a pas été suffisamment tirée vers le haut par ses ténors pour produire un spectacle et une hiérarchie importante. En bas du classement, même constat. Certaines équipes auraient pu se retrouver à un meilleur classement final. Saint-Etienne s'est effondré, Monaco s'est tiré une balle dans le pied en début de saison, Paris s'est tiré un missile dans la tronche, un missile avec une moustache. La relégation de Nantes peut attrister, elle n'est que la conséquence logique d'une politique inexistante, ça devait arriver en quelque sorte. |
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