Trophée des Champions : l'analyse |
| Coupes | |
| Écrit par Donovanne | |
| 04-08-2008 | |
|
Et si… Et si le déclin lyonnais commençait par la perte d’un titre de seconde zone… Et si… Et si remporter un titre de seconde zone marquait le début d’une période faste pour le club bordelais… Et si, à travers la rencontre des chants du virage sud avec ceux du virage nord, à travers le mélange des voix de Denis Balbir et Xavier Gravelaine, à travers le croisement entre le tir de Cris et le vol d’une mouette, nous venions d’assister à un passage de témoin, à l’adoubement d’un nouveau seigneur national, à l’abdication du chevalier Aulas devant le preux JLT…
Trêve de phrases à rallonge et de plans sur la comète. Samedi, Bordeaux a battu Lyon 0-0 et a ainsi remporté son 1er trophée des champions. Voilà pour le palmarès. Pour le reste, on a vu un match de foot plutôt sympa, avec notamment une équipe bordelaise déjà bien en place et en jambes. Tactiquement, on a pu remarquer que le 4-5-1 champion d’Europe (et globalement à la mode durant l’Euro helvético-autrichien) s’adaptait plutôt bien à l’effectif bordelais. Au coup d’envoi on avait donc droit à à une défense à 4, rien de neuf, avec Chalmé à droite, Jurietti à gauche (en attendant Placente), et la paire Diawara-Henrique au centre. A la récupération on a pu retrouver avec un immense plaisir le non-moins immense Alou Diarra, épaulé dans l’axe par les gars Fernando et Gourcuff, tous deux dans des rôles un peu plus portés vers l’attaque. Alonso parti à Monaco (il est parti en courant, ça a fait du vent et ça a séché nos larmes direct), le couloir droit a été confié à Gouffran, qui doit avoir un Wendel (son homologue gaucher et gaucho) dans chaque épaule. Enfin, seul en pointe sèche se trouvait Marouane Chamakh et ses cheveux cassants. Ah oui, et puis dans les buts c’était Ramé, fallait-il le préciser.
Equipe bien en place, donc, puisque dès le coup d’envoi les Bordelais se montrèrent les plus à même de faire le jeu, de garder la balle et de semer la panique chez les septuples champions de France. Jusqu’à la pause, ce fut presque parfait. Verrouillé par un Diarra des grands soirs (et des grands après-midis), le milieu fut complètement bordelais. Même si Fernando se montra parfois un peu trop agressif (le concept de « faute intelligente », c’est pour lui qu’on l’a inventé) et Gourcuff trop discret, la triplette girondine su se montrer au niveau. Déjà. Les rares incursions lyonnaises dans le camp girondin furent elle bien gérées, notamment par Souleymane Diawara qui fit preuve d’autorité avec, entre autres, un joli retour pour intervenir sans prendre de gants (ah bah si) dans les pieds de Reveillère. Pour le reste, tout le monde a fait son taf, et on ne peut regretter que trois choses : Jurietti n’est pas devenu gaucher durant ses vacances, Chalmé n’est pas devenu droitier (comment ça, il l’est ?), et le jeu long de nos stoppeurs est toujours aussi médiocre. Tout ça pour dire que l’apport offensif de notre arrière garde est une nouvelle fois réduit à la portion congrue. C’est dommage. Dernière satisfaction de la première période, l’animation offensive. Le moins que l’on puisse dire c’est que Jean-Michel Aulas a du regretter une paire de fois de ne pas avoir réussi à attirer Chamakh il y a deux ans. Complètement déchainé, le Marocain a mis au supplice une défense lyonnaise un peu lourde, offrant notamment une visite gratuite du viaduc de Millau au brave Cris. Le chameau et le policier, c’est pas un titre de film, ça ? Bien dynamisée par Gouffran et Wendel, tous deux percutants mais un peu maladroits, l’attaque bordelaise n’a trouvé d’écueil qu’en la personne d’Hugo Lloris, irréprochable pour sa première sortie lyonnaise. Ceci expliquant cela, on s’est retrouvé à la pause avec un 0-0 et beaucoup d’espoirs. A la reprise, le poids de la préparation physique semblait se faire sentir, et le rythme baissa. Loin d’être renversants, les Lyonnais en profitèrent pour se montrer un peu. Toutefois, ce n’est qu’avec la sortie de Diarra que ceux-ci prirent l’ascendant sur la rencontre. Laissant à Fernando et Gourcuff le soin de contrôler le milieu, la nouvelle organisation tactique de Laurent Blanc n’a pas été particulièrement convaincante. Peut-être peut-on aussi souligner le fait que Cavenaghi et Bellion, entrés en jeu à ce moment du match, avaient choisi de rendre un vibrant hommage à leur coéquipier Jussiê en réalisant une prestation fantomatique. Pour Bellion, cela devient récurrent. Pour Cavé, espérons que ce soit uniquement dû à son retour décalé en Gironde… Toujours est-il que la fin de match ne fut pas palpitante, et que les deux équipes semblaient s’être assez vite résignées à jouer la victoire aux tirs au but.
Quelles leçons tirer de ce match ? Tout d’abord, la solidité. En ne concédant qu’une seule vraie occasion à Lyon (cette frappe trop enlevée de Benzema), Bordeaux a montré qu’il savait jouer serré et se faire respecter dans son camp. C’est une bonne nouvelle pour une équipe qui a pris autant de buts qu’elle a disputé de match la saison dernière (stat valable pour le championnat). Ensuite, cette solidité semble se construire sans Marc Planus. Une nouvelle fois remplaçant, le joueur formé au club semble peiner à regagner sa place. Sa présence sur le banc n’étonne même plus, et la belle performance des titulaires ne joue pas en sa faveur. Au milieu, Diarra a encore cassé la baraque, et sa sortie a fait basculer le jeu de son équipe dans le commun. Seul vrai récupérateur du groupe, son absence serait à coup sûr très préjudiciable. Si l’on devait encore recruter, il serait peut-être bon de lui chercher une vraie doublure. En attaque, c’est l’opulence. Commencer le match avec Wendel, Gourcuff, Gouffran, Chamakh sur le terrain, Cavenaghi, Bellion, Obertan sur le banc, et Jussiê à l’infirmerie, c’est ce qui s’appelle avoir de la ressource. Et c’est tant mieux. Abondance de biens ne nuit pas, comme ont dit. Alors voilà, premier match officiel de la saison, premier trophée, victoire contre Lyon (jamais négligeable), une équipe solide derrière et agréable à voir jouer, des recrues qui semblent bien s’adapter… Tout ça, c’est bien. Il ne manque qu’une seule chose pour que ça soit encore mieux : que ça continue ! |
|





