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Le blog de Pierre Ducasse

Tampere United - Bordeaux : l'après match

Écrit par Rédaction Chez Les Girondins   
21-09-2007

Après avoir livré une campagne médiocre l’an passé, les Girondins retrouvent la coupe de l’UEFA en affrontant l’équipe de Tampere United, un club évoluant en Finlande. La précision est de rigueur, tant on ne sait absolument rien du football finlandais. La C3 est de nature à offrir des premiers tours assez improbables en allant chercher des affiches au fin fond de l’Europe et favoriser le folklore des joutes européennes. Du glamour et des paillettes de la ligue des Champions, les Bordelais passent par la case de la Coupe des Villes de Foire avec les crampons crottés, l’odeur de saucisse et le thermomètre qui plonge irrémédiablement vers le zéro.

Marange m'a tuer
Après avoir assisté aux relances de Marange, ce renne ne se relèvera plus jamais.

Le changement est saisissant, au regard du stade de banlieue à 80% vide, à l’architecture plus proche du stade municipal de Talence que de celle du Nou Camp, il va falloir trouver la motivation de jouer une coupe dont tout le monde se fout. Dépouillée des meilleures équipes versées en C1, financièrement pas viable, sportivement inintéressante, la formule moderne de la pauvre coupe de l’UEFA emmerde le calendrier déjà surplombé avec des horaires débiles et des voyages interminables, le lustre d’antan n’existe plus et les équipes françaises se font la spécialité de snober la compétition. Attitude parfaitement regrettable, tant il est dommage de mépriser une coupe d’Europe quelle qu’elle soit, comme si pour un joueur pro, jouer de mauvais matchs de L1 suffisait à son épanouissement sportif.

Et Bordeaux repart de Finlande avec une défaite surprise. Enfin une défaite… si, comme beaucoup, vous vous êtes levés de rage et de honte à la 91ème minute. Si vous avez eu la patience d’attendre le coup de sifflet final, Bordeaux arrache la victoire en deux minutes pour l’emporter 3 buts à 2. Comme quoi, c’est aussi possible pour les Marines et Blancs de renverser une situation difficile dans les derniers instants.

En dépit du caractère perturbant de cette coupe, les pontes du football français tentent de motiver leurs équipes à jouer la carte UEFA à fond, à l’instar de Laurent Blanc qui insiste sur l’importance de cette coupe en précisant qu’il la jouera honnêtement. C’est sans doute en alignant une équipe B qu’il valide sa position et montre aux observateurs qu’il ne fera pas l’impasse. Ainsi manquent à l’appel pas moins de 9 titulaires. Jurietti, Chalmé, Micoud, Bellion, Alonso, Planus, Wendel, Diarra, et Jussiê ne débutent pas la rencontre. Un luxe qui profite aux jeunes pousses girondines et aux habituels tricards de l’effectif. L’indéboulonnable Ramé dans les buts, Brégérie vient se placer dans l’axe aux côtés de Diawara, Marange retrouve son flanc gauche, Ducasse à la récupération avec Fernando, Trémoulinas occupe l’aile gauche, Obertan l’aile droite et le duo d’attaque est composé du suspendu face au PSG Chamakh et du revenant argentin Cavenaghi. Une équipe expérimentale qui s’apprête à débuter un match épique face à une équipe finlandaise qui réserve bien des surprises.

Deux minutes de jeu, l’attaquant finlandais Daniel se moque de la maladresse de Chamakh en manquant un but tout fait. Profitant des largesses de l’axe défensif, il loge sa balle au-dessus de la barre à quelques centimètres de la ligne de but. 6 minutes plus tard, les locaux ouvrent le score sur une action cafouillée dans la surface. Les Bordelais filment totalement ce début de partie comme si la tâche s’annonçait si facile qu’il paraissait courtois de laisser un peu d’avance aux hôtes d’un soir. De l’enthousiasme des soirées européennes, le match se meut en laborieux match de coupe de France, quand un solide pensionnaire de L1 va jouer un 16ème de finale contre une CFA2, dans un stade algeco et une ambiante de rink hockey. Sans exprimer le moindre mépris pour l’équipe finlandaise, on ne peut pas dire que le niveau proposé par cette équipe, pourtant championne en titre dans son pays, fleure bon l’élite du football continental. Deux incursions, deux buts et un jeu ultra basique d’une lenteur pachydermique, on peut encore chercher une explication rationnelle à ce scénario improbable. Signe que malgré la victoire et l’équipe réserve, la physionomie du match laisse quelques inquiétudes tant la domination fut sans conteste et la pluie d’occasions manquées problématique. Ce genre de match, avec un peu de sérieux et d’application, c’est un 5-0 des familles, une confiance gonflée pour le prochain match de championnat et un tour de coupe dans la poche. Mais rien n’est simple aux Girondins de Bordeaux qui semblent ne se révéler que dans la difficulté. Après avoir encaissé le premier but, le match vire au sens unique, les Bordelais, ce soir en jaune, multiplient les situations de buts, les occasions franches et les corners sans jamais trouver la faille. La maladresse, les approximations et les erreurs techniques amputent les mouvements et privent les visiteurs de l’égalisation avant la mi-temps. Grosse surprise à la pause, Tampere mène 1-0.

L’équipe est reconduite en seconde période, et c’est seulement après 2 minutes de jeu que les Girondins trouvent enfin la faille grâce à un énième débordement d’Obertan qui trouve Cavenaghi au second poteau qui pousse le ballon dans les buts vides. Bordeaux respire, Bordeaux est récompensé. D’autant plus que les Finlandais ne sont toujours pas disposé à faire le jeu, et continuent à faire la tortue dans leur camp. Bordeaux redouble ses assauts mais ne parvient toujours pas à passer devant au tableau d’affichage. Pire encore, c’est Petrescu, d’un but youtubesque, qui redonne l’avantage aux locaux. Si la Laponie finlandaise est de coutume la patrie du père Noël, cette frappe magnifique est tout sauf un cadeau pour Youl. Sans jamais approcher de la surface, Tampere double la mise alors que Bordeaux était au bord de prendre l’avantage. Scénario compliqué tant la maladresse girondine contraste avec l’hyper réalisme des Finlandais. 20 minutes à jouer, le nul était, dans l’absolu, un bon résultat, mais une défaite dans ces conditions ferait beaucoup de mal. La domination s’accentue, Micoud et Wendel remplacent Fernando et Trémoulinas, mais Bordeaux bute inlassablement sur le bloc de Tampere, même si comme à l’accoutumée, Obertan et Chamakh y vont de leur louche seuls face au gardien. Poissards, les Girondins voient filer le match, incapables de concrétiser leur domination sans partage et leurs occasions immanquables. Mais c’est sans compter sur une fin de match échevelée qui va permettre à Bordeaux de repartir du grand Nord avec une victoire. D’abord Micoud qui soulage son équipe d’une tête bien piquée à bout portant, et enfin Cavégol qui signe un doublé d’un magnifique lob en première intention qui n’est pas sans rappeler le but de Pauleta contre Guingamp…

Mais qu’elle fut dure cette victoire… il parait anormal qu’en ayant plus de 10 corners, 7 ou 8 occasions franches, une pelleté de situations propices, le match ne fut pas plus facile. Certes, les locaux ont connu une réussite maximum et le score ne reflète ô grand jamais la tournure du match, mais on peut supposer que contre un adversaire plus sérieux, Bordeaux serait reparti bredouille de son déplacement.

Mais ce match n’a pas seulement livré des déceptions. Les 90 minutes de cette équipe inédite auront montré que Bordeaux possède un banc et des joueurs plus que satisfaisants. En témoigne le match plein de culot du jeune Trémoulinas qui, positionné plus haut sur le terrain, a multiplié les efforts et les percussions. Ou encore le match impressionnant de Cavenaghi qui fait se demander pourquoi il n'a pas plus joué depuis son arrivée. Obertan s’est régalé et a totalement pourri le match de ses adversaires directs qui en plus d’avoir perdu la boule doivent encore se demander s’ils jouent au même sport que lui. C’est une victoire obtenue au courage et à la persévérance, sans relâche ni abandon, des valeurs que l’on a malheureusement peu vues ces dernières années. Laurent Blanc peut donc compter sur bien plus que son 11 type pour mener une saison chargée et aller chercher les places d’honneur en championnat. Si la bouteille est à moitié pleine, le match fut plaisant, vivant et dynamique, avec de beaux mouvements et des occasions. De bon augure pour la suite.

Les boys :

Ramé : surpris sur les deux buts, il se couche bien sur la frappe de Daniel. Un match où il aura fait plus d’efforts pour aller chercher la balle dans ses buts qu’en effectuant des arrêts.

Marange : profite du turn-over pour retrouver sa place, il n’aura laissé aucun doute quant au choix du latéral gauche. Ce ne sera pas lui.

Jemmali : plutôt présent offensivement il n’aura pas eu d’adversaire pour en découdre. Un match simple pour lui, sans briller il aura tenu honnêtement sa place.

Diawara/Brégérie : à la rue sur la première occasion, mous à souhait sur le premier but finlandais, début difficile pour le duo inédit. Même si le reste du match fut maîtrisé, sans erreurs ni faits d’arme.

Ducasse : Diarra et Fernando peuvent dormir sur leurs deux oreilles et les supporters s’inquiéter sur l’absence de relève. Pas en jambe, trop de ballons perdus, il n’a pas semblé concerné ni capable de tenir sa place. Inquiétant.

Fernando : il a donné la désagréable impression de ne pas avoir envie de jouer. Placé plus haut que d’habitude, à la place de Micoud, il a bien servi de relais, mais n’a pas fait d’étincelles. Alternance de ballons perdus et d’orientations intéressantes, il cède sa place à Micoud et file direct au vestiaire. Micoud a profité du rythme de sénateur du match pour orienter le jeu tranquillement et y aller de son but.

Obertan : les défenseurs finlandais se souviendront de son nom. Virevoltant, il a systématiquement enrhumé les défenseurs se montrant le principal danger offensif. Dommage qu’il soit si maladroit, il aurait livré une copie magnifique.

Trémoulinas : surprise de la soirée, il a profité des faiblesses de l’adversaire pour se libérer et s’annoncer comme un pendant crédible d’Obertan à gauche. Malin, percutant, dangereux, il frôle le match parfait comme son comparse du centre de formation, mais hélas il manque un but tout fait en première mi-temps. A revoir d’urgence. Remplacé par Wendel qui s’est contenté d’envoyer des ballons dans la boîte, sans succès.

Chamakh : du Chamakh dans le texte. Impeccable dans la combativité, pourvoyeur essentiel de bon ballon d’attaque, pivot impeccable, il fait preuve d’une maladresse maladive qui complexifie le match. S’il marque sur une occasion sur deux ce soir, il affole les compteurs.

Cavenaghi : l’homme du match avec Obertan. Hormis un ou deux ballons mal négociés, chaque ballon touché fut bonifié. Non content d’avoir la réputation de buteur, il a également donné des caviars à Chamakh. Bon quand il redescend, bien placé, auteur de deux buts capitaux, il match énorme de l’argentin. Pour un retour, c’est un bonheur.




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