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AS Roma - Bordeaux : l'analyse
Coupes
Écrit par Rédaction Chez Les Girondins   
11-12-2008
Du rêve à la réalité. En 90 minutes, les Girondins de Bordeaux sont revenus sur terre, corrigés par l'AS Roma. Mais voulaient-ils vraiment décoller ?


Blanc, Bordeaux, Roma
Instant décisif : dans une seconde, Laurent Blanc va se mettre le doigt dans l'œil et titulariser Wendel et Fernando.


Résumé de la partie :

S'il faut garder un sentiment au sortir de cette phase de poule et de ce dernier match, c'est une sale impression de raté. Si Bordeaux a été battu par Rome, ce n'est pas dans l'absolu honteux. Or, mardi soir, dans une rencontre qui aurait pu marquer une belle page de l'histoire du club, les Girondins (staff compris) n'ont pas été à la hauteur de l'enjeu. Timorés, ayant peur de faire la passe ou le dédoublement de trop, les Girondins ont joué une partition trop monotone pour déstabiliser des Romains bien en place dans leur 40 mètres, et maîtres du rythme. Preuves de cette impuissance à contourner le bloc, les tentatives de loin de Fernando (2ème minute) Wendel (34ème) ne donnent rien. C'est récurrent depuis le début de la saison, les Girondins passent trop dans l'axe, et négligent les côtés, alors qu'il semblait y avoir la place. Ainsi, les actions les plus dangereuses côté français sont presque toujours venues des côtés : tête de Chamakh à la 22ème ; tir à côté du même Chamakh après un débordement de Jurietti (51ème) ; trouage de Jurietti à la 71ème. L'exception à la règle des côtés est la belle ouverture de Fernando pour Gourcuff (55ème) bien repris par Mexès. Les coups de pieds arrêtés n'ont quasiment rien donné, hormis une talonnade intéressante de Diawara sur un corner de Wendel (24ème).


roma, mexes, bordeaux
Eh ouais Lolo, c'est là que tu l'as mis, ton doigt !


Concernant l'AS Rome, la partition était aussi de mise, mais celle-ci fut efficace, même s'il leur faudra montrer d'autres arguments pour continuer leur route face à des adversaires plus talentueux et imprévisibles. Les Italiens n'eurent pas à se fatiguer pour faire déjouer leurs adversaires, ne débutant leur pressing que dans leur 40 mètres. Offensivement, ils se sont essentiellement appuyé sur les accélérations de Menez, ou les inspirations de Totti. Si Baptista put tirer au but en première mi-temps (4ème, 7ème et 18ème), c'est sur une passe de ce dernier que se crée l'ouverture du score. Le Brésilien reçoit la balle de Perrotta, gagne son duel contre Planus, et conclu le une-deux en servant dans la profondeur son ailier, libre du marquage de Jurietti. Perrotta s'engouffre vers le centre, fixe la défense, sert Brighi seul aux 6 mètres qui fusille Ramé (61ème). L'AS Rome double la mise à la 79ème, sur un contre lancé par Menez. Il sert Totti à l'entrée de la surface qui adresse une frappe croisée sèche, au sol, sur laquelle Ramé ne peut pas grand chose. C'est simple et efficace.
La déception, visiblement pas partagée par Laurent Blanc, provient de cet étrange sentiment de ne pas avoir vu les Girondins tenter leur chance à fond, d'être apathique et trop appliqué pour ne pas prendre des contres romains. C'était un match qu'il fallait gagner, et Bordeaux a attendu un coup du sort, au lieu de s'évertuer à le provoquer. ce n'est pas pour autant que nous condamnons l'équipe au scapulaire, mais la manière est décevante.


Totti, chaussure, Bordeaux, Roma
Si vous êtes invité à diner chez les Totti, refusez.


Retour sur deux tournants du match :

58ème minute : Les Girondins sont en passe de clôturer un ¼ d’heure au cours duquel ils auront enfin joué au niveau exigé. C’est le moment que choisit Blanc pour lancer Cavenaghi dans la partie, appliquant son fameux plan à la lettre. Plan dont la 1ère phase consistant à garder le panneau d’affichage inviolé jusqu’à l’entrée de l’Argentin s’était déroulée sans accrocs. Place donc à la 2de phase du plan-Blanc, la plus compliquée, celle qui prévoit qu’on assassine les Romains façon Brutus dans la dernière ½ heure. Cette phase aura duré exactement 3 minutes, le temps pour Julio « César » Baptista de passer le ballon à Perrotta dans le dos de Jurietti. Alea jacta est. Après coup, on peut se demander si modifier le schéma de jeu et forcément ouvrir des espaces au moment où Bordeaux était plutôt bien dans la partie était judicieux.

70ème : Comme souvent cette saison, les Girondins ont attendu l'ouverture du score adverse pour hausser le rythme de ses combinaisons. Bien décalé par Jussiê, Jurietti est en bonne position pour centrer, collé à la ligne de sortie de but, seul, tranquille, pépère. Cavenaghi attend déjà la balle au point de pénalty, Christian JeanPierre est déjà prêt à réciter sa leçon sur les centres en retrait. La passe doit être précise, tendue, au sol, et Bordeaux serait ainsi relancé vers un exploit. Au lieu de ça, le centre de Frank est lobé vers le second poteau.


jurietti, bordeaux, roma
Et encore une fois, c'est Geraldo Wendel qui a remporté la partie de cache-cache.


Analyse tactique :

62% de possession de balle pour les Girondins mardi soir. Cette statistique, régulièrement en faveur des Aquitains, ne représente un réel avantage que lorsqu'elle correspond à une réelle emprise sur le match et son rythme. Comme lors des confrontations contre Lyon, Paris, Nancy, Bordeaux n'a pas su manoeuvrer face à Rome. Si Gourcuff phagocyte le jeu dans l'axe du terrain (il vient même prendre la balle dans les pieds de Gouffran qui avait pour une fois de l'espace pour accélérer), les débordements et dédoublements sont trop rares. Blanc en avait parlé, c'est un fait qu'il devrait régler, les Girondins ne centrent pas assez. Il y avait pourtant de la place hier soir, notamment côté gauche face à un Panucci vieillissant.


La déclaration d'après-match qu'on aurait aimé ne pas entendre :

N. De Tavernost : On a un effectif pour jouer l'UEFA cette année. Il va falloir jouer cette compétition à plein.

Plus généralement, les déclarations d'après-match laissent un amer goût de défaitisme et de résignation polie.

Ainsi, Laurent Blanc déclare : Comme on s'y attendait, Rome nous a laissé le contrôle du ballon. Mais c'est toujours la même chose avec les équipes italiennes : vous pensez maîtriser mais à la fin c'est toujours le même score. On savait qu'il fallait bien défendre mais au lieu de cela, nous avons été naïfs et les équipes italiennes vous punissent immédiatement. La Roma a plus d'expérience à ce niveau et cela s'est vu sur le terrain. Malgré tout, on termine derrière deux grosses équipes, Rome et Chelsea. On ne peut pas dire que ce soit un mauvais résultat.
Ils sont vicieux. Dans ce domaine là, on ne peut pas lutter. Mais un match ne se joue pas que sur le vice. Il y a le talent des joueurs et la Roma possède certains éléments que nous n'avons peut-être pas. Ils n'étaient pas dangereux mais à la moindre erreur, il y a un but derrière. Et on savait que lorsqu'ils auraient ouvert le score, ça deviendrait mission impossible. .

Si l'on passe ces paroles au spectre du décodeur de langue de bois et de la politique dite de "passe-partout" (ou "des petits bras"), cela donne : on avait aucune ambition et on envisageait de gagner sur un malentendu. Hélas les Romains n'ont pas joué le jeu et n'ont pas eu pitié de nous, pauvre équipe française sans expérience.
Mais on est content, on finit devant un club roumain inconnu au bataillon.

Le brave Mathieu Chalmé y va également de son refrain, se félicitant d'avoir su battre une équipe de Cluj, certes vaillante, mais dont on a du mal à trouver ce qu'on pourrait lui envier : Le bilan est loin d'être mauvais. Bordeaux a prouvé qu'il avait des ressources et du caractère dans cette phase de poules. Gagner les deux matches contre Cluj, ce n'était pas évident et on l'a fait.

Finalement, seul Marouane Chamakh sort un peu du lot, démontrant une propension à l'ambition et l'amour propre qui se fait rare en Gironde :
J'ai beaucoup de regrets. On était au courant de ce qu'il risquait de se passer et tout s'est déroulé comme prévu. Je suis dégouté.


totti, james bond, roma, bordeaux
Ah ouais mais si la Roma joue avec James Bond c'est tout de suite plus difficile.


L'action de jeu improbable à laquelle on aurait aimé assister :

Planus joue court pour Diarra. Celui-ci avance et trouve Fernando, qui décale Wendel dans la course grâce à une passe au sol, bien appuyée. Geraldo remet en retrait à Jurietti qui, démarqué, ajuste son centre qui atterri sur la tête de Cavenaghi, pendant que Chamakh et Gourcuff font diversion en soutenant l'offensive dans la surface adverse.


Les remarques à la con :

- Après les gants de Diawara, l'écharpe de Ménez
- La note de 7 pour Fernando dans l'Equipe, c'est bien une faute de frappe ?
- Si Gourcuff voulait donner raison aux Italiens qui pensent qu'il n'est pas un grand joueur, il ne s'y serait pas pris autrement.
- C'est parce qu'on était à Rome que ça a joué à un train de sénateur ?
- "Chamakh", c'est italien ça, non ?
- Quand même, cette feinte de marquage de Planus, quel drôle de geste technique !
- L'alerte enlèvement durant le match, on est sûr qu'elle ne concernait pas Wendel ?


Roma, Bordeaux
Volare, Oh Oh !


Le joueur adverse qu'on aimerait voir chez nous :

Juan. Au marquage strict sur Chamakh, le Brésilien a réussi ce que Panucci et Mexès avait manqué au match aller : priver le Marocain de ballons. Imprenable dans les airs grâce à sa belle détente verticale, sa valeur ajoutée se trouve dans sa science du timing et du placement.



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