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Chez un adversaire obligé de gagner pour garder les cartes en ses mains, Bordeaux a montré un nouveau visage, celui d'une équipe super défensive, exploitant les rares occasions qu'elle a eu. Avec un maximum de réussite, et face à des Munichois en mal d'inspiration (un autre mot pour dire Robbery), les Girondins sont déjà qualifiés pour les 8emes de finale de la LDC. Tranquille, comme ça, fingers in the nose, ou presque.

"Le coach m'a dit qu'on allait devoir subir,
défendre et rester concentré, j'en ai pas dormi de la nuit."
La fiche du match :
Les buts : Gourcuff (37e), Chamakh (90e) pour Bordeaux
Les cartons jaunes : Pranjic (45e), Schweinsteiger (74e) pour Munich. Diarra (30e), Planus (72e) pour Bordeaux.
Les remplacements :
- Wendel par Jussiê (67e), Plasil par Sané (83e) pour Bordeaux.
- Klose par Robben (70e), Braafheid par Gomez (59e) pour Munich
L'analyse technico-tactique :
A ceux qui n'ont pas vu le match, Laurent Blanc a précisé son projet après la rencontre : "Nous avions décidé de laisser le ballon à nos adversaires, pour les bloquer sur un côté."
Ceux qui ont eu la chance de suivre Canal+ l'avait sans doute eux déjà
compris. Pendant 90 minutes, les Bordelais ont contré à merveille la
seule solution offensive construite des
Munichois. Privé d'animateur dans l'axe, le Bayern était condamné, dès
le coup d'envoi, à tenter de faire la différence sur les côtés. Comme
au match aller, Wendel et Plasil ont très bien pressé sur les latéraux
adverses (Braafheid et Lahm) en allant à leur rencontre à chacune de
leurs prises de balle. Résultat, à aucun moment les deux Allemands
n'ont pu prendre de la vitesse au milieu de terrain pour arriver lancé
en position de débordement. D'où les nombreux centres en profondeur...
d'où l'absence de véritable danger pour Carrasso (même si on flippe à
chaque fois).
Cette configuration a duré jusqu'à la sortie de Braafheid, remplacé par
Gomez (53e). Incompréhensible pour certains, ce coaching de Van Gaal a
fait passer le Bayern en 3-5-2, ce qui a eu pour effet de rapprocher
les latéraux du reste des attaquants bavarois. Jusqu'alors pris aux
alentours de la ligne médiane, Lahm et Pranjic touchent désormais les
ballons à l'entrée des 30 mètres bordelais. Conséquence : Wendel et
Plasil sont obligés d'évoluer plus bas et Bordeaux se retrouve
littéralement coupé en deux avec Gourcuff-Chamakh dans le rond central
et les 9 autres autour de leur surface de réparation. A défaut de les
empêcher de déborder, les Girondins vont alors s'attacher à enfermer
leurs adversaires dans les couloirs grâce à une excellente entente
entre le latéral, le milieu défensif et le milieu excentré. Le premier
va gêner le centreur, le second coupe la solution en retrait tandis que
le troisième s'occupe d'empêcher la venue d'un joueur en soutien. Tout
ce travail a contribué à la stérilité offensive des Bavarois, condamnés
à espérer un coup de génie de Robben ou une déviation heureuse de Toni
ou Gomez sur un long ballon des milieux de terrain.

"Faites gaffe les gars, vous marchez sur Paganelli là."
Notre forum est formidable
:
A propos de la main de Ciani :
Persil_Spirit : C'est l'action typique "soumise à l'interprétation de l'arbitre"
Qu'il siffle dans un sens ou dans l'autre, on ne pourrait pas lui reprocher.
Edge : C'est
exactement ça. Un cas d'école. C'est quand même super relou cette manie
de vouloir toujours déterminer de façon péremptoire si yapéno ou
yapapéno. Je dirais même que c'est peu connaitre ce sport.
La déclaration :
Alou Diarra, avant le match : "Le Bayern est dos au mur". Alou, c'était à Berlin en fait, et ça fait justement 20 ans qu'il est tombé, le mur...
La revue de presse :
Bon, on vous le dit d'emblée, on n'a pas réussi à trouver des écrits
négatifs sur le match des Girondins. Enfin, c'est surtout qu'on n'a pas
cherché. Faut dire que les médias ont unanimement salué la perf
bordelaise de mardi, qui restera longtemps comme l'une des plus belles
du club. L'adjectif "grand" est celui qui revenait le plus souvent dans la presse : "Bordeaux parmi les grands" en Une de Sud-Ouest, "Bordeaux comme un grand" sur la première page de L'Équipe. Le quotidien sportif poursuit : "Celui
qui aurait dit, il y a deux mois, que Bordeaux serait qualifié pour les
huitièmes de finale de la Ligue des Champions à deux journées de la fin
de la phase de poules aurait peut-être pris le risque d'un internement
immédiat. Car on a beau voir grandir cette équipe, se laisser emporter
par la force qui l'habite de semaine en semaine, un tel exploit était à
peine imaginable. Les Girondins l'ont pourtant réalisé, terminant le
boulot dans une Allianz Arena médusée par la pauvreté d'une équipe qui
n'est vraiment plus grand chose sans Ribéry et avec un Robben sur une
jambe."
Alors certes, ce fut un petit Bayern, à l'aller comme au retour. Mais Daniel Riolo, sur son blog, refuse de rabaisser le résultat girondin : "Ne
nous trompons pas et surtout ne relativisons pas ce qu’à fait Bordeaux.
Se qualifier pour les 8e après 4 matches seulement, c’est une
performance absolument exceptionnelle. Une grande équipe ? Bordeaux
doit juste avertir l’Europe, parce qu’en France personne ne peut plus,
ne doit plus en douter." Pierre Ménès approuve : "La
performance girondine est de tout premier ordre. Ce soir, ce n'était
certes pas du "Bordeaux Champagne" (drôle d'association), mais cette
équipe intelligente dans son jeu et sereine dans sa tête pourrait nous
faire vivre d'autres belles émotions européennes au printemps."
Enfin, FranceFootball s'est attardé sur le Bordeaux nouveau, celui qui subit en maîtrisant : "Bordeaux
a ajouté une nouvelle arme à son arsenal déjà impressionnant. Car cette
équipe a prouvé qu'elle savait aussi être dominée, laisser la
possession du ballon à l'adversaire, pour mieux porter l'estocade
lorsque celui-ci s'y attend le moins."
Les remarques à la con :
- C'est quand même vachement mieux de jouer en marine-et-blanc.
- Maintenant, Gourcuff tente des Panenka même sur corner.
- C'est qui déjà la petite équipe qui se débat tout le match mais qui prend des buts sur chaque occasion adverse ?
- L'arbitre ressemblait à Mickaël Llodra.
- Ce qui est bien avec le but de Chamakh, c'est que tu peux exulter avant même qu'il soit marqué.
- On aurait pu tenir seuls le haut de l'affiche, mais non, fallait que l'O* colle un set à Zurich.
Le bolide marine et blanc :
Carrasso : Diesel, il a eu
beaucoup de mal au début, manquant notamment de marquer contre son
camp, le tournant du match pour lui sera à la 33ème minutes sur le coup
france de Shcew, Shweinnsh, shwonn, schweini qu'il va chercher dans sa
lucarne. Paradoxalement, cette même action aurait dû conduire à un but
sans la main de Ciani.
Ciani : Sans plomb 98, il
n'étonne même plus, la solidité défensive dont il a fait preuve est
remarquable, il n'a jamais semblé mis en difficulté par les attaquants
adverses.
Planus : Sans plomb 95 E10, le
nouveau Planus est arrivé, il fait tout comme avant, placement,
relances, engagement, mais il le fait mieux et de manière moins
toxique, il agit de plus en plus comme un patron de la défense, un
patron dans le jeu.
Tremoulinas : Mélange, la
mobylette du 33 a d'abord parue effacée, peu de montées pour se
concentrer sur le travail défensif, résultat peu de dédoublements avec
Wendel, il s'est laché au fur et à mesure du match pour commencer à
provoquer le long de la ligne et distribuer des centres.
Chalmé : Y'a de l'huile dans le
moteur, et pourtant il turbine quand même, il a su isoler
schweinmachin, tuant le côté gauche du Bayern, mais il a eu aussi son
lot de ratés, point d'orgue cette passe en retrait de la tête vers
Carrasso pas assez appuyée. Il est repositionné milieu droit pour la
fin du match suite à l'entrée de Sané.
Diarra : Siège chauffant,
positionnement très bas pour le récupérateur qui a effectué avec
professionnalisme sa mission de l'ombre, une étonnante perte de
lucidité en fin de match quand il se fait chipper le ballon par un
adversaire venu de derrière.
Fernando : Twingo, il roule
bien le ballon aux pieds, effectue ses basses besognes défensives, mais
à l'image de la voiture, rouler avec signifie risquer de se faire
braquer à tous moments, à tel point qu'on avait l'impression que ses
coéquipiers hésitaient à jouer avec lui. Geste de grande classe dans
une incursion dans la défense adverse, il en rajoute cinq fois trop en
tombant dans la surface et perd du coup le bénéfice de l'action et la
possibilité d'obtenir un pénalty.
Plasil : Direction assistée,
une nouvelle fois Plasil n'est pas décisif, mais il est épatant par son
aisance technique, très peu d'erreurs et de pertes de balles (on en a
compté deux), parfait pour le rôle demandé, à savoir tenir
solidairement le côté droit et ainsi empêcher Lahm de porter le danger
trop avant. Remplacé par Sané
qui a occupé le flan droit de la défense proprement et sobrement, pas
mal pour un premier match pro, de ligue des champions qui plus est.
Wendel : Direction insistée, il
a mis beaucoup de temps à se mettre dans le match, beaucoup de déchet
technique, notamment en première mi-temps, comme s'il avait besoin de
son copain Benoit pour pouvoir être à l'aise dans le jeu. Remplacé par Jussiê,
explosif comme on ne l'avait pas vu depuis longtemps, quand il est
comme ça, on l'aime. D'autant plus que son entrée a bousculé l'ordre
établi, donnant un profil bien plus libre au milieu gauche.
Gourcuff : Le levier de
vitesse, on l'avait repositionné bien bas lors du match contre Monaco,
il s'est retrouvé dans le rôle du deuxième attaquant contre le Bayern,
aux avant-postes et souvent bien isolé avec son ami Marouane. Il a eu
la charge de conserver le ballon pour permettre au bloc équipe de
remonter. Mais ce qu'on retiendra sera sa tête victorieuse pour le 1-0.
Chamakh : Le nez dans le
guidon, on décrit son rôle dans le 4-5-1 « LDC » de Blanc comme un
sacrifice pour l'équipe, un isolement frustrant pour l'attaquant qui
attendais avec grande impatience son premier but en ligue des
champions. S'il a semblé se reposer sur le compère Yoann au départ, il
a imposé son style en deuxième mi-temps, contrôlant les ballons de la
tête et de la poitrine au nez et à la barbe des défenseurs munichois.
Tout travail mérite salaire, au prix d'un dernier effort, il dégage
Badstuber d'un franc duel épaule contre épaule et dévie le ballon
devant les tibias de Butt. Il ne reste alors plus qu'à bien positionner
ses hanches et frapper de l'intérieur du pied, ne lachant pas du regard
les buts vides. Pour compléter le tableau, nous dirons que le marocain
à la chevelure brillante a levé les bras et les mains, bombé le torse,
sautillé fièrement sur ses cuisses et montré que l'abnégation est
payante, la bite et le couteau.
Les autres :
Butt : S'est fait engueuler à
la mi-temps parce qu'il était resté scotché à sa ligne sur le premier
but bordelais. N'est donc pas resté scotché pour la seconde occasion
bordelaise.
Lahm : Bien bloqué par Wendel,
mais il devait se coltiner Ocatarina Tymo shuk chuk comme milieu
offensif. Altintop aurait été plus utile.
Braafheid : Un centre tir en
début de partie repoussé à l'arrache par Carrasso sur sa transversale.
Remplacé assez inexplicablement (c'était un des meilleurs munichois)
par Gomez qui aura le temps de rater une frappe des 25 mètres,
Badstuber : L'histoire de ce match retiendra le coup d'épaule qu'il a pris de Chamakh, et sa gestion des rebonds.
Demichelis : Comme tout défenseur argentin, porte les cheveux longs avec un serre tête. Pas plus.
Van Bommel : S'en sort une fois encore sans carton jaune. Une frappe contrée par Ciani, sur un des rares jolis mouvements allemands.
Pranjic : Tient plus de Ljuboja (sauf les cheveux) que de Pjanic.
Schweinsteiger : Une jolie
frappe dans la lucarne sortie par Carrasso, et une jolie passe vers
Robben qui ne trouvera rien de mieux que de tirer à côté. A noter
aussi, une jolie semelle sur Fernando pour un jaune.
Tymoshchuk : S'en sort sans carton jaune, assez miraculeusement.
Klose : Cased. N'a rien fait, et quand il a eu à faire, il y avait un bras qui trainait. Remplacé par Robben,
le monsieur plus d'en face, qui a apporté de l'intelligence et de la
technique au Bayern. Bon, après, il souffre d'une calvitie galopante,
ça craint.
Toni : A rendu un vibrant
hommage à tout les Darchevilles de la planète, en envoyant une frappe
dégommer les pigeons de l'Allianz Arena sur un service de Schweintruc.
Fait passer les autres joueurs pour des nains.
Le reste du groupe :
Haïfa out. Bordeaux jouera la première place du groupe en recevant la
Juve au prochain match (si quelqu'un avait écrit ça au début de la
saison...), et le Bayern doit tout miser sur ce match pou espérer faire
mieux que l'Europa UEFA Ligue machin.
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