Munich - Bordeaux : Case Klosed

Coupes
Écrit par Plé, Totogne, Vincent, Matou   
09-11-2009
Chez un adversaire obligé de gagner pour garder les cartes en ses mains, Bordeaux a montré un nouveau visage, celui d'une équipe super défensive, exploitant les rares occasions qu'elle a eu. Avec un maximum de réussite, et face à des Munichois en mal d'inspiration (un autre mot pour dire Robbery), les Girondins sont déjà qualifiés pour les 8emes de finale de la LDC. Tranquille, comme ça, fingers in the nose, ou presque.

  Trémoulinas face au Bayern
"Le coach m'a dit qu'on allait devoir subir,
défendre et rester concentré, j'en ai pas dormi de la nuit."



La fiche du match :

Composition Bordeaux

Composition Munich

Les buts : Gourcuff (37e), Chamakh (90e) pour Bordeaux

Les cartons jaunes : Pranjic (45e), Schweinsteiger  (74e) pour Munich. Diarra (30e), Planus (72e) pour Bordeaux.

Les remplacements :
- Wendel par Jussiê (67e), Plasil par Sané (83e) pour Bordeaux.
- Klose par Robben (70e), Braafheid par Gomez (59e) pour Munich 

 

L'analyse technico-tactique :

A ceux qui n'ont pas vu le match, Laurent Blanc a précisé son projet après la rencontre : "Nous avions décidé de laisser le ballon à nos adversaires, pour les bloquer sur un côté." Ceux qui ont eu la chance de suivre Canal+ l'avait sans doute eux déjà compris. Pendant 90 minutes, les Bordelais ont contré à merveille la seule solution offensive construite des Munichois. Privé d'animateur dans l'axe, le Bayern était condamné, dès le coup d'envoi, à tenter de faire la différence sur les côtés. Comme au match aller, Wendel et Plasil ont très bien pressé sur les latéraux adverses (Braafheid et Lahm) en allant à leur rencontre à chacune de leurs prises de balle. Résultat, à aucun moment les deux Allemands n'ont pu prendre de la vitesse au milieu de terrain pour arriver lancé en position de débordement. D'où les nombreux centres en profondeur... d'où l'absence de véritable danger pour Carrasso (même si on flippe à chaque fois).

Cette configuration a duré jusqu'à la sortie de Braafheid, remplacé par Gomez (53e). Incompréhensible pour certains, ce coaching de Van Gaal a fait passer le Bayern en 3-5-2, ce qui a eu pour effet de rapprocher les latéraux du reste des attaquants bavarois. Jusqu'alors pris aux alentours de la ligne médiane, Lahm et Pranjic touchent désormais les ballons à l'entrée des 30 mètres bordelais. Conséquence : Wendel et Plasil sont obligés d'évoluer plus bas et Bordeaux se retrouve littéralement coupé en deux avec Gourcuff-Chamakh dans le rond central et les 9 autres autour de leur surface de réparation. A défaut de les empêcher de déborder, les Girondins vont alors s'attacher à enfermer leurs adversaires dans les couloirs grâce à une excellente entente entre le latéral, le milieu défensif et le milieu excentré. Le premier va gêner le centreur, le second coupe la solution en retrait tandis que le troisième s'occupe d'empêcher la venue d'un joueur en soutien. Tout ce travail a contribué à la stérilité offensive des Bavarois, condamnés à espérer un coup de génie de Robben ou une déviation heureuse de Toni ou Gomez sur un long ballon des milieux de terrain.

Diarra après le match au Bayern Munich
"Faites gaffe les gars, vous marchez sur Paganelli là." 


Notre forum est formidable
:

A propos de la main de Ciani :
Persil_Spirit : C'est l'action typique "soumise à l'interprétation de l'arbitre"
Qu'il siffle dans un sens ou dans l'autre, on ne pourrait pas lui reprocher.
Edge : C'est exactement ça. Un cas d'école. C'est quand même super relou cette manie de vouloir toujours déterminer de façon péremptoire si yapéno ou yapapéno. Je dirais même que c'est peu connaitre ce sport.


La déclaration :

Alou Diarra, avant le match : "Le Bayern est dos au mur". Alou, c'était à Berlin en fait, et ça fait justement 20 ans qu'il est tombé, le mur...


La revue de presse :

Bon, on vous le dit d'emblée, on n'a pas réussi à trouver des écrits négatifs sur le match des Girondins. Enfin, c'est surtout qu'on n'a pas cherché. Faut dire que les médias ont unanimement salué la perf bordelaise de mardi, qui restera longtemps comme l'une des plus belles du club. L'adjectif "grand" est celui qui revenait le plus souvent dans la presse : "Bordeaux parmi les grands" en Une de Sud-Ouest, "Bordeaux comme un grand" sur la première page de L'Équipe. Le quotidien sportif poursuit : "Celui qui aurait dit, il y a deux mois, que Bordeaux serait qualifié pour les huitièmes de finale de la Ligue des Champions à deux journées de la fin de la phase de poules aurait peut-être pris le risque d'un internement immédiat. Car on a beau voir grandir cette équipe, se laisser emporter par la force qui l'habite de semaine en semaine, un tel exploit était à peine imaginable. Les Girondins l'ont pourtant réalisé, terminant le boulot dans une Allianz Arena médusée par la pauvreté d'une équipe qui n'est vraiment plus grand chose sans Ribéry et avec un Robben sur une jambe."

Alors certes, ce fut un petit Bayern, à l'aller comme au retour. Mais Daniel Riolo, sur son blog, refuse de rabaisser le résultat girondin : "Ne nous trompons pas et surtout ne relativisons pas ce qu’à fait Bordeaux. Se qualifier pour les 8e après 4 matches seulement, c’est une performance absolument exceptionnelle. Une grande équipe ? Bordeaux doit juste avertir l’Europe, parce qu’en France personne ne peut plus, ne doit plus en douter." Pierre Ménès approuve : "La performance girondine est de tout premier ordre. Ce soir, ce n'était certes pas du "Bordeaux Champagne" (drôle d'association), mais cette équipe intelligente dans son jeu et sereine dans sa tête pourrait nous faire vivre d'autres belles émotions européennes au printemps."

Enfin, FranceFootball s'est attardé sur le Bordeaux nouveau, celui qui subit en maîtrisant : "Bordeaux a ajouté une nouvelle arme à son arsenal déjà impressionnant. Car cette équipe a prouvé qu'elle savait aussi être dominée, laisser la possession du ballon à l'adversaire, pour mieux porter l'estocade lorsque celui-ci s'y attend le moins."  


Les remarques à la con :

- C'est quand même vachement mieux de jouer en marine-et-blanc.
- Maintenant, Gourcuff tente des Panenka même sur corner.
- C'est qui déjà la petite équipe qui se débat tout le match mais qui prend des buts sur chaque occasion adverse ?
- L'arbitre ressemblait à Mickaël Llodra.
- Ce qui est bien avec le but de Chamakh, c'est que tu peux exulter avant même qu'il soit marqué.
- On aurait pu tenir seuls le haut de l'affiche, mais non, fallait que l'O* colle un set à Zurich.

 Le gardien du Bayern, Butt


Le bolide marine et blanc :

Carrasso : Diesel, il a eu beaucoup de mal au début, manquant notamment de marquer contre son camp, le tournant du match pour lui sera à la 33ème minutes sur le coup france de Shcew, Shweinnsh, shwonn, schweini qu'il va chercher dans sa lucarne. Paradoxalement, cette même action aurait dû conduire à un but sans la main de Ciani.

Ciani : Sans plomb 98, il n'étonne même plus, la solidité défensive dont il a fait preuve est remarquable, il n'a jamais semblé mis en difficulté par les attaquants adverses.

Planus : Sans plomb 95 E10, le nouveau Planus est arrivé, il fait tout comme avant, placement, relances, engagement, mais il le fait mieux et de manière moins toxique, il agit de plus en plus comme un patron de la défense, un patron dans le jeu.

Tremoulinas : Mélange, la mobylette du 33 a d'abord parue effacée, peu de montées pour se concentrer sur le travail défensif, résultat peu de dédoublements avec Wendel, il s'est laché au fur et à mesure du match pour commencer à provoquer le long de la ligne et distribuer des centres.

Chalmé : Y'a de l'huile dans le moteur, et pourtant il turbine quand même, il a su isoler schweinmachin, tuant le côté gauche du Bayern, mais il a eu aussi son lot de ratés, point d'orgue cette passe en retrait de la tête vers Carrasso pas assez appuyée. Il est repositionné milieu droit pour la fin du match suite à l'entrée de Sané.

Diarra : Siège chauffant, positionnement très bas pour le récupérateur qui a effectué avec professionnalisme sa mission de l'ombre, une étonnante perte de lucidité en fin de match quand il se fait chipper le ballon par un adversaire venu de derrière.

Fernando : Twingo, il roule bien le ballon aux pieds, effectue ses basses besognes défensives, mais à l'image de la voiture, rouler avec signifie risquer de se faire braquer à tous moments, à tel point qu'on avait l'impression que ses coéquipiers hésitaient à jouer avec lui. Geste de grande classe dans une incursion dans la défense adverse, il en rajoute cinq fois trop en tombant dans la surface et perd du coup le bénéfice de l'action et la possibilité d'obtenir un pénalty.

Plasil : Direction assistée, une nouvelle fois Plasil n'est pas décisif, mais il est épatant par son aisance technique, très peu d'erreurs et de pertes de balles (on en a compté deux), parfait pour le rôle demandé, à savoir tenir solidairement le côté droit et ainsi empêcher Lahm de porter le danger trop avant. Remplacé par Sané qui a occupé le flan droit de la défense proprement et sobrement, pas mal pour un premier match pro, de ligue des champions qui plus est.

Wendel : Direction insistée, il a mis beaucoup de temps à se mettre dans le match, beaucoup de déchet technique, notamment en première mi-temps, comme s'il avait besoin de son copain Benoit pour pouvoir être à l'aise dans le jeu. Remplacé par Jussiê, explosif comme on ne l'avait pas vu depuis longtemps, quand il est comme ça, on l'aime. D'autant plus que son entrée a bousculé l'ordre établi, donnant un profil bien plus libre au milieu gauche.

Gourcuff : Le levier de vitesse, on l'avait repositionné bien bas lors du match contre Monaco, il s'est retrouvé dans le rôle du deuxième attaquant contre le Bayern, aux avant-postes et souvent bien isolé avec son ami Marouane. Il a eu la charge de conserver le ballon pour permettre au bloc équipe de remonter. Mais ce qu'on retiendra sera sa tête victorieuse pour le 1-0.

Chamakh : Le nez dans le guidon, on décrit son rôle dans le 4-5-1 « LDC » de Blanc comme un sacrifice pour l'équipe, un isolement frustrant pour l'attaquant qui attendais avec grande impatience son premier but en ligue des champions. S'il a semblé se reposer sur le compère Yoann au départ, il a imposé son style en deuxième mi-temps, contrôlant les ballons de la tête et de la poitrine au nez et à la barbe des défenseurs munichois. Tout travail mérite salaire, au prix d'un dernier effort, il dégage Badstuber d'un franc duel épaule contre épaule et dévie le ballon devant les tibias de Butt. Il ne reste alors plus qu'à bien positionner ses hanches et frapper de l'intérieur du pied, ne lachant pas du regard les buts vides. Pour compléter le tableau, nous dirons que le marocain à la chevelure brillante a levé les bras et les mains, bombé le torse, sautillé fièrement sur ses cuisses et montré que l'abnégation est payante, la bite et le couteau.


Les autres

Butt : S'est fait engueuler à la mi-temps parce qu'il était resté scotché à sa ligne sur le premier but bordelais. N'est donc pas resté scotché pour la seconde occasion bordelaise.

Lahm : Bien bloqué par Wendel, mais il devait se coltiner Ocatarina Tymo shuk chuk comme milieu offensif. Altintop aurait été plus utile.

Braafheid : Un centre tir en début de partie repoussé à l'arrache par Carrasso sur sa transversale. Remplacé assez inexplicablement (c'était un des meilleurs munichois) par Gomez qui aura le temps de rater une frappe des 25 mètres,

Badstuber : L'histoire de ce match retiendra le coup d'épaule qu'il a pris de Chamakh, et sa gestion des rebonds.

Demichelis : Comme tout défenseur argentin, porte les cheveux longs avec un serre tête. Pas plus.

Van Bommel : S'en sort une fois encore sans carton jaune. Une frappe contrée par Ciani, sur un des rares jolis mouvements allemands.

Pranjic : Tient plus de Ljuboja (sauf les cheveux) que de Pjanic.

Schweinsteiger : Une jolie frappe dans la lucarne sortie par Carrasso, et une jolie passe vers Robben qui ne trouvera rien de mieux que de tirer à côté. A noter aussi, une jolie semelle sur Fernando pour un jaune.

Tymoshchuk : S'en sort sans carton jaune, assez miraculeusement.

Klose : Cased. N'a rien fait, et quand il a eu à faire, il y avait un bras qui trainait. Remplacé par Robben, le monsieur plus d'en face, qui a apporté de l'intelligence et de la technique au Bayern. Bon, après, il souffre d'une calvitie galopante, ça craint.

Toni : A rendu un vibrant hommage à tout les Darchevilles de la planète, en envoyant une frappe dégommer les pigeons de l'Allianz Arena sur un service de Schweintruc. Fait passer les autres joueurs pour des nains. 


Le reste du groupe :

Haïfa out. Bordeaux jouera la première place du groupe en recevant la Juve au prochain match (si quelqu'un avait écrit ça au début de la saison...), et le Bayern doit tout miser sur ce match pou espérer faire mieux que l'Europa UEFA Ligue machin. 




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