|
L'analyse de l'élimination des Girondins de Bordeaux en 1/16èmes de finale de la coupe de l'UEFA face au RSC Anderlecht jeudi dernier a totalement divisé notre rédaction, si bien que nous avons décidé de vous exposer les deux points de vue. Nous ne sommes pas devenus schizophrènes pour autant, mais il y a 2 façons de tirer des enseignements de ce 16° de finale de l'UEFA.
Le point de vue compréhensif
Si l'on se place du point de vue des dirigeants, plus proches des réalités économiques que sportives, on peut comprendre le discours tenu à la fin de cette rencontre animée. Ainsi, Blanc et Triaud ont tour à tour mis en avant les conséquences qu'auraient impliqué une qualification pour des 1/8èmes de finale contre le Bayern Munich. Niveau calendrier, match aller le 6 mars, match retour le 13. Soit pour Bordeaux, entre la réception du PSG le 2, un déplacement à Lyon le 9, et la réception de Strasbourg le 16 (plus un tour de coupe de France contre Lille le 18, éventuellement reporté d'une journée, ce sera à voir). Donc un rythme de match sûrement trop élevé, 6 matchs en 2 semaines.

Pierre Ducasse : Ouaye ! j'vous prends tout les trois, j'vous fracasse quand je veux moi ! Surtout toi là, Nagui ! Ouaye, regarde moi quand j'te cause ! Quoi ? non j'suis pas bourré !
Dès le départ, Blanc a exprimé et appliqué (diantre, un président qui fait ce qu'il dit, et qui dit ce qu'il fait !) ses préférences au niveau de la gestion de l'effectif. C'était clair, priorité au championnat, l'UEFA comme les coupes de France et de la Ligue servent à faire tourner le groupe et impliquer les joueurs qui ne participent pas trop. Ça a servi en début de saison pour Cavenaghi (évidemment) et Trémoulinas (en tant que remplaçant de Wendel, en gros) particulièrement, qui ont ainsi fait leur trou dans le 11 type bordelais. Maintenant que le club est à un point du leader lyonnais, la même philosophie produit les mêmes effets, d'autant plus que hormis en coupe de la ligue (premier tour vendangé contre Metz), ça avait fonctionné jusque là.
On minimise les risques pour assurer l'essentiel.
Petits retours en arrière. 1999, Bordeaux finit champion. 2000, Bordeaux loupe la LDC lors de la dernière journée. 2001, rebelote. 2002, 6ème. 2003, encore une fois 4ème, à un point de la 3° place. Suivent deux années de disette économique, le classement suit (12ème en 2004, 15ème en 2005, en ayant frôlé la relégation). 2006, année miracle, Bordeaux finit second avec un effectif quasi identique à celui de la saison précédente, mené par une défense de fer dirigée par Ricardo. Enfin, la saison dernière, Bordeaux se vautre une fois encore au pied du podium, laissant un Toulouse faiblard (la preuve cette saison) le laminer pour se présenter face à Liverpool en tour préliminaire. Cet historique sert surtout à mettre en exergue les ratés monumentaux de cette dernière décennie. Quelle aurait été la place de Bordeaux actuellement, son budget, si l'on avait pu se qualifier plus souvent en Ligue des Champions ? Lyon n'aurait peut-être pas autant dominé la Ligue 1. Nul question ici de mérite ou d'autres conneries de ce genre, on ne compte pas ré-écrire l'histoire. Mais ces échecs à répétition tenaillent à coup sûr Jean Louis Triaud et ses potes de la direction. On minimise les risques pour assurer l'essentiel.

"Dire qu'en ce moment y à Nouvelle Star à la télé..."
Dernier point, en non des moindres, l'économie. Entre une Coupe de l'UEFA qui ne rapporte qu'à partir des quarts de finale, et une Ligue des Champions dont on imagine les retombées, il y a plus qu'une différence notoire. Évidemment, nous mettons de côté l'aspect sportif, le prestige de jouer Munich, et l'on se doute bien que le discours présidentiel aurait été autre en cas de confrontation contre le Bayern quand il s'agit après la défaite de minimiser sa portée. Mais les priorités sont calculées, le onze titulaire est désigné en fonction de la compétition, le championnat et une qualification en LDC sont priorisés.
La volonté de préserver les titulaires se conçoit, (...) il s'agit là d'un choix stratégique.
Doit-on dire pour autant que Bordeaux a lâché volontairement le résultat ? Sûrement pas, les rentrées de Cavenaghi et Micoud dès le début de la seconde mi-temps prouvent le contraire. Surtout, l'implication (jusqu'à l'excès d'agressivité) des joueurs démontre bien que ces derniers n'avaient qu'une envie, se frotter (en tout bien tout honneur) à Ribéry, Klose et consorts. De même, il n'est jamais bon de se faire sortir par un club d'un rang inférieur à un grand d'Europe comme le Bayern. Entendons nous bien, Anderlecht n'a rien d'un petit club, historiquement et sportivement. Mais, comme Bordeaux, il n'est pas comparable à Munich.
Cette défaite aura confirmé des faiblesses d'effectif. Aligner d'entrée Trémoulinas, Marange, Ducasse, Obertan, et placer Chamakh en 10, montre la façon dont est abordé le match. Ça peut fonctionner en phase de poule (même s'il faut se rappeler les participations régulières de Fernando, Micoud ou Cavenaghi), mais contre Anderlecht, c'est immédiatement une classe de différence. La volonté de préserver les titulaires se conçoit donc, même si l'idée de sacrifier une compétition n'est pas dans la nature des supporters que nous sommes, il s'agit là d'un choix stratégique. Si Bordeaux se qualifie en fin de saison pour la Ligue des Champions, le calcul pourrait s'avérer juste (même si un match contre Munich, vieille connaissance, marque l'histoire d'un club). Au final, le choix de privilégier le championnat est profondément marqué par une peur de tout perdre. Gagne petit, mais gagne quand même pourrait-on dire.
Le point de vue colérique
C'était écrit, ce match retour contre le RSC Anderlecht allait être une de ces rencontres musclées et viriles du type de celles auxquelles on n'assiste qu'en coupes (les vraies, pas celle des phases de poule). Les Bruxellois allaient venir en Gironde pour préserver une qualification partiellement acquise au match aller grâce à un but inscrit au bout des arrêts de jeu, témoin de leur abnégation. Bien que Laurent Blanc soit puceau concernant ce type de rencontres vécues depuis le banc, on ne peut imaginer qu'il ne fut pas au courant de ces paramètres. Et pourtant, il ne les prit pas en compte.

Iwo Jima 2, le retour. "Mais où est passé le drapeau ?"
Alors certes, comme le dit mon ami compréhensif dans son analyse, Blanc avait indiqué que la Coupe de l'UEFA « n'est pas une priorité ». Mouais. Ça, déjà, ça fait mal aux oreilles mais j'y reviendrai plus tard. Tout le monde prédisait donc un match de bonhommes, et incroyable mais vrai, c'est ce qu'il s'est passé. Enfin pas exactement, en fait. Car si Anderlecht avait bien aligné une équipe de mecs, des vrais avec des poils et tout, Bordeaux s'est pointé avec sa classe biberon (d'ailleurs je ne sais pas ce qu'ils mettent dans celui de Marange mais apparemment ça nique sa psychomotricité, 'fin bref...). Les Anglais ont une expression totalement intraduisible qui sied parfaitement à la situation. En effet, jeudi dernier à Chaban-Delmas (quand on joue en jaune-pisse on ne dit pas Parc Lescure, question de respect) c'était « men against boys ». Comment le staff bordelais a-t-il pu croire une seule seconde que les 4 fantastiques que sont Obertan, Trémoulinas, Ducasse et Marange (dans le rôle de la meuf bien sûr) allaient tenir le choc ? Mon avis de gars chargé de rédiger le point de vue colérique, c'est qu'ils n'y ont justement pas cru une seule seconde. Il est là le drame, pas ailleurs. Après on peut discuter de l'intérêt d'aller loin en coupe de l'UEFA, de comment réussir un turn-over simple & funky, de la manière dont ont pourrait éventuellement fondre sur Lyon ou du projet de Marange dans le football, mais avant cela il faut se rendre à l'évidence : Blanc a sacrifié la coupe de l'UEFA afin de ne pas avoir à se poser toutes ces questions. Laisser Jurietti le warrior sur le banc pour un tel match, franchement...
Ajouter une nouvelle page à l'histoire du club, « ce n'est pas une priorité ».
L'amer constat qui vient d'être fait par moi, ma gueule et ma propre personne dans le paragraphe précédent ne remet nullement en cause la qualité des djeunz' envoyés au casse-pipes jeudi. En terme de jeu, tous ont été à leur niveau (Marange et Ducasse y-compris, tristesse), mais comment gagner un match qui va se jouer à l'expérience quand on en n'a pas ? Dans les moments chauds, comment faire preuve de métier alors que son CV accuse 4 pauv' lignes ? Impossible, bien sûr. Un jeune ça fait des erreurs de jeunesse, il ne faut pas avoir inventé l'eau tiède pour le savoir. Donc incroyable mais vrai, ils en ont faites, Trémoulinas ayant été le moins discret dans cet exercice. Je passerai sur le sketch « Chamakh en meneur de jeu », ma souris ne résisterait pas.

"Si je suis content de ne pas affronter Jurietti ?
Tu m'étonnes !"
Alors voilà, l'UEFA, ou « coupette en chocolat », c'est selon, a été sacrifiée. Comme ça, tranquille. Parce que voyez-vous, « ce n'est pas une priorité ». Ajouter une nouvelle page à l'histoire du club, respecter les supporters, s'offrir une revanche face au Bayern, pourquoi pas tenter de gagner un trophée qu'aucun club français n'a dans sa vitrine, « ce n'est pas une priorité ».
Quand on est sur une bonne dynamique, le projet c'est de la prolonger le plus longtemps possible.
L'avantage dans ce genre d'exercice, c'est que lorsque l'on écrit son point de vue en second on peut bassement citer son ami compréhensif. Mon ami compréhensif dit donc (doudou dit donc, Carlos RIP, ndlr) que la coupe de l'UEFA commence à rapporter de l'argent seulement à partir des ¼ de finale et que donc ce n'est pas intéressant financièrement. Je passerai là-aussi sur le manque de passion flagrant contenu dans un tel argument pour revenir à un point de vue sportif étant donné que moi c'est ce qui me fait vibrer. Donc l'argument c'est que comme la C3 (pas la Citroën, note pour nos plus jeune lecteurs) ne rapporte qu'à partir des ¼ il faut coûte que coûte se faire éliminer avant ? Je dubite.
L'adage « la victoire appelle la victoire » est peut être la seule chose sensée que Charles Biétry ait dit dans un micro, peut-être parce que ce n'est sûrement pas de lui. Quand on est sur une bonne dynamique, comme l'est Bordeaux actuellement, le projet c'est de la prolonger le plus longtemps possible. Pas de penser au pognon qu'on risque de perdre sur le moment mais plutôt à celui qu'on pourrait gagner en enchaînant les succès, si on veut rentrer dans des considérations financières. Gagne petit, mais gagne petit pourrait-on dire.
|
Daniel Riolo : "...
Ne pas vivre avec le passé, en tout c...
Daniel Riolo : "...
yes c'est tjs miam ces petites intw! ...
Daniel Riolo : "...
Je me délecte à chaque fois des ITW d...
Daniel Riolo : "...
Mais qu'est-ce qu'on en a à foutre qu...
Daniel Riolo : "...
Ce qui est scandaleux c'est de voir l...