La cellule nerd & stats du blog s’est penchée sur un
phénomène rare en Gironde sur ces 20 dernières années : l’incroyable fébrilité de la défense girondine. Une nouveauté du cru 2006 dont tout le
monde se serait bien passé. Alors que nous attendions les exploits de nos favoris en championce league grâce à une défense de fer qui aurait vu
Ronaldo et Eto’o impuissants face au monstre Henrique, le
moindre Bagayoko de seconde zone de L1 se joue de nos défenseurs et plante son petit but (bien souvent, le premier depuis de longs mois, c’est
sûrement notre côté charitable).
Avant d’avancer les deux raisons principales à nos yeux qui font que nous en
sommes « là », on va d’abord définir ce « là ». Voici donc les chiffres, qui parlent malheureusement d’eux-mêmes :
Buts encaissés par
Bordeaux cette saison :
Matchs joués:
- Championnat : 12 matchs, 17 buts encaissés (moyenne 1.41 buts
par match)
- Ligue des Champions : 4, buts encaissés :
5
- Coupe de la Ligue : 1, but encaissé 0
- Total,
17 matchs, 22 buts encaissés (moyenne : 1.29 buts par match).
Rappel saison passée : 38 matchs, 25 buts encaissés soit : 0.65 but par
match.
Comparaison identique pour les chiffres de l’attaque girondine:
2006/2007:
- Championnat : 12 matchs, 16 buts
marqués (moyenne : 1,33 buts par match).
- Ligue des champions : 5 matchs, 0 but
- Coupe de la ligue : 1 match, 1 but
- Total : 17
matchs, 17 buts marqués, soit 1 par match.
- 2005/2006 : 38 matchs, pour 43 buts marqués (moyenne 1,13 buts par match)
Si on
constate que la moyenne de buts marqués est au global légèrement en progression en championnat (1.33 contre 1.13), par contre la moyenne de
buts encaissés a été multipliée par deux (1.29 contre 0.65).
C’est donc bien cette défense bordelaise qui est à l’origine de nos soucis
(inclus dans le mot défense, tout le travail de récupération de l’équipe bien sûr). L’option d’attaquer plus n’a donc pas engendré l’avalanche
de but espérée par nos sloggis respectifs mais plutôt une avalanche de contre-performances digne d’un PSG dans ses pires moments.
Mais
comment une défense peut-elle se liquéfier de la sorte ? Nous avançons deux raisons, une première qui relève de l’analyse subjective, la
deuxième qui est plus une constatation statistique édifiante.
1. Les joueurs.
La défense type 2005/2006 a été de
droite à gauche Jemmali Planus Afanou (Puis Henrique) Jurietti (avec interim de Marange sur la fin de saison).
Or si l’on regarde la
défense cette année :
- Afanou est parti
- Henrique, son remplaçant, est retourné sur le banc
- Jemmali a été déplacé au centre
- Jurietti a été déplacé à droite
- Marange est devenu titulaire, en alternance avec Wendel.
- Planus est blessé et a loupé la moitié des
matchs
Tout ça pour dire que Ricardo cherche encore
la meilleure formule, preuve l’intégration tardive de Cid,
l’arrivée d’Enakharire…sur le banc, et l’apparition de Faubert au poste d’arrière droit. A quand un Mavuba libéro ou le retour de l’enfant prodigue Bruno Basto
?
On peut légitimement se demander si changer une défense qui imposait sa rigueur à toute la France du football était une si riche idée.
Et que dire de l’attitude de défiance de Ricardo à Marc Planus, pourtant notre meilleur défenseur lorsque l’on voit combien son absence nous
est préjudiciable…
On peut légitimement se demander si recruter un remplaçant de seconde zone qui ne jouait plus en Russie, à la place
du leader de défense escompté et voulu par Ricardo (Naldo, etc…) était vraiment une façon de réussir le mercato.
Il est également évident que les errements
tactiques au milieu de terrain ont entraîné une qualité moindre à la récupération de la balle, et au pressing sur l’adversaire.
Jemmali a commencé dès l'an dernier à
envoyer des signaux forts concernant sa préférence pour l'axe central.
2. Les coups de pieds arrêtés
Regardons de plus près les 22 buts encaissés par nos Girondins depuis ce début de saison :
Lyon : 2 buts encaissés dans le jeu
Lille : 3 buts
encaissés, dont 1 sur coup franc
Nice : 2 buts encaissés, dont 1 suite à un coup franc et 1 penalty
Marseille : 2 buts encaissés, dont 1 coup franc et 1 but
hors-jeu
Troyes : 1 but encaissé dans le jeu.
Valenciennes : 2 buts encaissés dont 1 sur corner
Sochaux : 2 buts encaissés dans le
jeu
Sedan : 1 but encaissé dans le jeu (tir contré)
Nancy : 2 buts encaissés dont un penalty et un coup franc
Total, sur 17
buts encaissés en championnat, il y en a 7 sur coup de pieds arrêtés, soit 41% des buts encaissés par les girondins cette saison en championnat
(nous ne parlons pas de la ligue des champions, dont le niveau est trop élevé pour nous). Ce pourcentage est trop élevé pour être acceptable ou
le fruit du hasard.
Alors quelle est la solution ? Passer des heures et des heures sur la plaine du Haillan à travailler les corners ?
Pas idiot vu la qualité pitresque de nos propres corners sur lesquels on ne marque jamais.
Faire travailler Ramé sur les coup francs, et surtout sur ses pseudos sorties
aériennes où il s’arrête à mi-chemin entre le ballon et sa ligne de but ? Sûrement ! Ou alors il faut lui demander de rester sur sa ligne…
En termes de points, cette faiblesse sur coups de pieds arrêtés nous a coûtés, toutes choses égales par ailleurs :
Marseille : 1
point
Nancy : 3 points.
Avec 4 points de plus, Bordeaux serait aujourd’hui leader du championnat de France à 19.
Témoinage d'une
époque où l'on travaillait le ceinturage de mur adverse à l'entrainement.
Alors bien sûr, ce n’est qu’une partie du problème
(errances tactiques liées à Micoud, faible rendement
offensif des attaquants, difficultés à digérer les matchs de ligue des Champions, blessures…) mais le sujet mérite vraiment
que nos entraîneurs travaillent là-dessus, sinon on risque tous de continuer à subventionner plus souvent qu’à notre tour Ariel ou Vizir à
chaque corners ou coup franc pour l’équipe adverse, sans compter le regard noir de nos femmes le samedi soir à 22H30, elles qui rêvent vraiment
d’autre chose que de faire la lessive de nos sloggis souillés. Comme nous finalement. |