Ce pitroresque monsieur Nicollin |
| Actualité du football | |
| Écrit par Tias | |
| 05-11-2009 | |
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A l’issue du match Auxerre-Montpellier
(2-1) comptant pour la 12ème journée de L1, le président montpelliérain Louis Nicollin reproche à
l’Auxerrois Benoît Pédretti d’avoir provoqué l’expulsion de Tino Costa,
le milieu de terrain héraultais, et l’exprime avec la verve qu’on lui
connaît : « Pedretti a tout commandé
sur le terrain, mais celui-là, quand il viendra à Montpellier, on va
s'en occuper. Ce type est une petite tarlouze ! ». Et nous, on trouve que c'est mal.
![]() "Alors j'vais là bas pour m'excuser, je m'excuse et tout ça, et le mec du PFG me dit : "on va se boire un smoothie entre amis?" Bon ben là j'avoue j'ai encore dit une connerie."
L'homme à la chemisette n’en est pas à son coup d’essai, comme le prouvent les tops 10 de ses déclarations publiés par SoFoot.com et LExpress.fr.
Grossièreté, homophobie, sexisme, appels à la violence dignes des
divisions les plus basses du football amateur, tout y passe. Et c’est
bien ça le problème : ça passe. Tranquille. Parce que voyez-vous, Louis
Nicollin jouit de l’étiquette du type « sympa », du mec « qui manquait
à la L1 » lorsque le MHSC se traînait en L2. Du coup, il bénéficie
d’une impunité quasi-totale. Imaginez un seul de ses propos prononcé
par un autre président de L1. C’est à juste titre le tollé assuré (1). Mais « Loulou
», lui, il a le droit. Parce qu’il est « pittoresque ».
Cette déclaration de Nicollin est grave à plusieurs égards. Tout d’abord, le manadier ne comprend pas de quoi on l’accuse puisque le lendemain il déclare dans l’Equipe : « On peut se parler, se dire les choses. On est des hommes, pas des gonzesses. » Justifier une insulte homophobe par une réflexion sexiste, ou comment pousser le « pittoresque » à l’extrême. Ensuite, c’est la banalisation de l’homophobie validée par la quasi-totalité du monde du football qui interpelle. Tout est acceptable sous couvert de bonhomie. Les amateurs du Créteil Bebel sont musulmans, pas collectionneurs de maillots (2). Tant pis pour eux. Enfin, un président et un entraîneur (donc éducateur) d'un club de L1 qui posent un contrat sur un joueur adverse donnent une image désastreuse de "l'élite", et le football amateur pourrait bien en subir les conséquences. En marge de toutes les réactions amusées, voir complices, de ce nouveau dérapage de Nicollin, nous en avons retenu deux qui détonent autant qu’elles nous ravissent. La première et celles des Cahiers du Football dans l’épisode 12 de leur gazette de la L1. La voici :
Le président héraultais trouve en Christophe Dugarry – qui combat
chaque mardi dans L'Équipe des moulins à vent avec le ventilateur placé
entre ses deux oreilles – un héraut de poids: "Certaines
insultes ne sont pas acceptables, bien sûr, mais chambrer fait partie
du foot et de son histoire. Les bons mots et même les gros mots font
partie de la légende. C'est le quotidien d'un joueur […] On dirait que
certains ont envie de supprimer la passion et les personnages du décor
de la Ligue 1".
Non, on a juste envie d'un football où l'homosexualité n'est pas assimilée à une insulte par ceux qui sont censés le représenter. Connard.
...
La seconde nous vient de Florent Gautreau dans l’After Foot d’RMC du 1er novembre (podcast ici, débat en fin d'émission) :
Florent Gautreau : Le
débat c’est Nicollin dont je disais tout à l’heure qu’il m’agaçait à
force de faire ses saillies « Loulou la brocante », qu’il récite ses
saillies de merde, ça suffit, quoi, tu vois. Non mais y en a ras-le-bol
d’avoir ce gars-là, soutenu par le foot entier parce qu’il est sympa,
parce qu’il collectionne ses maillots, parce qu’il fait la fête dans sa
manade ! On s’en fout de toutes ces historiographie de Louis Nicollin !
Daniel Riolo : Flo, tu peux t’énerver tout seul, moi Louis Nicollin je lui reproche rien du tout. Florent Gautreau : Tu lui reproches rien parce que ça, ça fait partie de la grande famille du foot. Le mec, il a monté son club alors il a le droit de tout faire avec ses joueurs ? Tu sais quoi ? Il est même pas respectueux de ses joueurs quand ils perdent plusieurs matchs. Il les insulte pareil. Daniel Riolo : C’est même pas pour ça que je le défends. Florent Gautreau : C’est Pourquoi ? Daniel Riolo : Parce que, si il a envie de s’exprimer comme ça, il fait ce qu’il veut. Florent Gautreau : Ah non. Donc il faut menacer un joueur ? Là ils ont mis un contrat sur Pédretti, t’es d’accord pour faire ça à la fin des matchs ? T’as entendu, Girard a fait la même chose. Non mais moi je ne parle pas du mot, je ne rebondis pas sur « tarlouze », je rebondis sur le fait d’avoir dit à la fin : « rendez-vous au match retour, on saura s’en souvenir ». Et Girard dit la même chose. Non, honnêtement, on est où ? Daniel Riolo : Qu’est ce qu’il va se passer ? Gilbert Brisbois : Conseil de l’éthique ! Florent Gautreau : Mais je m’en fous du conseil de l’éthique, je te dis juste… C’est ça le niveau ? C’est ça le niveau aujourd’hui ? Ca c’est le foot bas de gamme, le foot dont j’ai ras le bol sur les terrains le dimanche. Daniel Riolo : Tu préfères les mecs qui disent rien ? Florent Gautreau : Je préfère les mecs qui parlent foot, pas ceux qui disent : « toi on t’attend au match retour ». Ca c’est le lundi soir quand je fais un mauvais match en foot-loisir où t’as les mecs qui disent : « Attends, tu vas voir ! T’es pas d’accord ? On règle ça dehors. » Mais non on règle pas ça dehors ! Arrêtez avec ça, c’est pas du foot ! Il va régler ça ? Il va faire quoi ? Un tacle d’assassin ? Il va envoyer un mec comme Der Zakarian à l’époque ? C’est lamentable. L’idée même est lamentable. Ca veut dire que sur un terrain demain, le dimanche après-midi… Daniel Riolo : Ca te plait pas Erwin Koeman sur Tigana avec le PSV en 88 (3) ? Florent Gautreau : Non, ça me plait pas ! Et Goikoetxea sur Maradona (4) ? Ca me plait pas ! Et le truc surtout c’est que... Juste pour finir, Jour de Foot hier à 23h00, le mec le dimanche matin après des semaines où on a dit qu’il fallait être correct et tout, voilà, il aura vu le président d’un club, soutenu par tout le foot français qui dit « il est sympa ce Loulou, c’est quand même pittoresque d’avoir un mec… ». C’est pittoresque d’avoir un mec qui met un contrat sur un joueur ? Et ben allez-y alors, continuez ! Et ne venez pas vous plaindre après de la violence sur les terrains de foot amateur. Daniel Riolo : Allez, je vais dire que tu m’as convaincu. Effectivement, il a pas à… Oui, effectivement. (1) - Le 13 mai dernier, suite à la rencontre Valenciennes-Bordeaux, le président de Valenciennes Francis Decourrière avait traité l'arbitre du match Mr. Chapron de "raclure de bidet". Il a été sanctionné de six mois d'interdiction de banc de touche, de vestiaire d'arbitres et de toutes fonctions officielles par la LFP. (2) – Le 6 octobre dernier l'équipe de foot-loisir du Créteil Bébel avait refusé de jouer face au Paris Foot Gay au prétexte qu'elle "n'adhérait pas à leurs idées" et défraie la chronique. Le 17 juin, Louis Nicollin avait refusé de diffuser un clip contre l'homophobie du Paris Foot Gay en déclarant dans l'indifférence : « Un clip sur le racisme, je suis prêt à le passer dès demain matin. Mais sur l'homophobie... Après, ce sera quoi, les femmes battues ? Si la maire me demande de le passer, je le ferai. Mais je préférerais montrer des filles à poil... ». (3) – Daniel Riolo fait ici référence à un quart de finale de Ligue des Champions de 1988 entre le PSV Eindhoven et Les Girondins de Bordeaux. Ce jour-là, Hans Gillhaus (et non Erwin Koeman) avait eu pour unique mission de détruire Jean Tigana. (4) - En 1983, le joueur de Bilbao Andoni Goikoetxea fracture volontairement la jambe de Diego Maradona, alors à Barcelone. La vidéo. |
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