Les défenseurs latéraux |
| Actualité du football | |
| Écrit par Alfonso Ribeiro et Paf | |
| 20-06-2008 | |
|
Il y a quelques jours, le Brésilien Daniel Alves a été recruté par le
FC Barcelone pour la modique somme de 30 millions d'euros. Une telle
indemnité est assez inhabituelle pour un défenseur, latéral de
surcroît, les clubs préférant généralement mettre le paquet sur un
attaquant, ou tout au moins un joueur offensif, enfin bref "ceux qui
font gagner des matches". Surprenant donc, de prime abord, mais
l'arrière de couloir semble trouver une reconnaissance accrue dans le
football moderne.
Le poste de latéral souffre d'une réputation qui tend à le dévaloriser. Dans un passé pas si lointain, chez les jeunes footballeurs en herbe, c'était le rôle qu'on assignait aux moins bons joueurs. Il faut dire qu'avec le bon vieux libéro en couverture, être latéral se résumait à être un défenseur de côté voué à empêcher les centres et, en configuration offensive, un premier relanceur très sobre.
![]()
Mais qui a foutu un ballon sur ma piste d'élan ?
![]() Vanitas vanitatum omnia vanitas.
Pourquoi dès lors a-t-on un l'impression d'une certaine pénurie à ce
poste? On pourrait fustiger la formation qui privilégierait les
attaquants physiques et rapides, qui émergent en masse ces dernières
années. Mais ce serait encore une fois une grosse erreur de le penser.
Est-ce qu'on forme des attaquants ? Qui a dit qu'un avant c'est
forcément un bourrin qui court 150 sprints de 40 mètres dans un match ?
Car des athlètes on en forme en pagaille, mais des vrais attaquants,
avec le sens du déplacement, du tempo, le sens du démarquage, le sens
du but, de la feinte, de la roublardise ?
Déjà la formation ce n'est pas dire "tiens je vais former un latéral". On forme collectivement puisque, faut-il le rappeler, le football est un sport collectif. Donc on garde un groupe pendant un an en ayant pour but de faire progresser tous les joueurs. Dans ce groupe on trouve différentes caractéristiques (techniques, tactiques, physiques...) chez chacun et donc plusieurs profils de joueurs. Ainsi on peut être latéral en 13 ans puis central en 18 ans, tout comme attaquant en 13 ans puis latéral en 18 ans. Beaucoup de milieux défensifs sont d'anciens attaquants, alors est-ce qu'on ne forme pas de milieux défensifs ? Non, c'est juste qu'à un moment, le joueur aura des carences dans certains domaines qui l'empêcheront d'évoluer à son poste favori mais va se révéler apte à évoluer à un autre poste. Cette révélation peut arriver très tard. La formation est un cycle de 5 ans (13 à 18 ans) durant lequel des métabolismes psychiques et physiques vont bouleverser le jeune apprenti, faisant de lui un autre individu et peut-être même un autre footballeur. Donc personne ne peut résolument se dire "lui il va jouer latéral pendant 5 ans". Ou à n'importe quelle autre position d'ailleurs. La polyvalence doit être un mode de fonctionnement obligatoire dans la formation. Et ce pour tous les postes. On ne peut résolument pas dire, à moins d'être malhonnête, qu'on ne forme pas de latéraux. On en forme, sinon les équipes de jeunes en France joueraient à 9. Mais ensuite il y a les visions et les idées des coachs professionnels. Si un entraîneur ne veut pas faire signer un bon latéral parce qu'il préfère faire évoluer un piquet dans le couloir, on n'y peut rien. Il y a également les options tactiques et la culture footballistique. Dans certains pays, le latéral ne fait pas l'objet d'une attention particulière. Dans d'autres, ceux où on joue très haut, où on aime posséder le ballon, il est valorisé, voire fondamental. Dans les pays sud-américains, défenseur latéral est un poste très valorisé depuis bien longtemps. Ce n’est pas un hasard si les premiers latéraux stars furent brésiliens. C’est la culture offensive du latéral et l’attention toute particulière donnée au joueur à aligner à ce poste des pays de la zone Amsud qui nous arrivent depuis quelques saisons en Europe et qui donnent lieu à des transferts tels que celui de Daniel Alves au Barca.
|
|









