rss nb facebook nb twitter nb dm nb lastfm nb

Warning: copy() [function.copy]: php_network_getaddresses: getaddrinfo failed: Name or service not known in /homez.307/chezlesg/www/plugins/content/mavikthumbnails.php on line 668

Warning: copy(http://www.chezlesgirondins.comimages/cdf5.jpg) [function.copy]: failed to open stream: php_network_getaddresses: getaddrinfo failed: Name or service not known in /homez.307/chezlesg/www/plugins/content/mavikthumbnails.php on line 668

Warning: copy() [function.copy]: php_network_getaddresses: getaddrinfo failed: Name or service not known in /homez.307/chezlesg/www/plugins/content/mavikthumbnails.php on line 668

Warning: copy(http://www.chezlesgirondins.comimages/cdf2.jpg) [function.copy]: failed to open stream: php_network_getaddresses: getaddrinfo failed: Name or service not known in /homez.307/chezlesg/www/plugins/content/mavikthumbnails.php on line 668

Warning: copy() [function.copy]: php_network_getaddresses: getaddrinfo failed: Name or service not known in /homez.307/chezlesg/www/plugins/content/mavikthumbnails.php on line 668

Warning: copy(http://www.chezlesgirondins.comimages/cdf4.jpg) [function.copy]: failed to open stream: php_network_getaddresses: getaddrinfo failed: Name or service not known in /homez.307/chezlesg/www/plugins/content/mavikthumbnails.php on line 668

Warning: copy() [function.copy]: php_network_getaddresses: getaddrinfo failed: Name or service not known in /homez.307/chezlesg/www/plugins/content/mavikthumbnails.php on line 668

Warning: copy(http://www.chezlesgirondins.comimages/cdf3.jpg) [function.copy]: failed to open stream: php_network_getaddresses: getaddrinfo failed: Name or service not known in /homez.307/chezlesg/www/plugins/content/mavikthumbnails.php on line 668

Les Cahiers déchargent

Soyons francs, ChezLesGirondins.com doit beaucoup aux Cahiers du Football. Véritable institution sur la toile, le magazine de foot et d'eau fraîche a inspiré un grand nombre de sites qui revendiquent un regard acerbe, décalé et sans complaisance sur le monde du football. Mais voilà, aujourd'hui les Cahiers connaissent un coup de moins bien, financier et judiciaire. L'occasion pour nous de rencontrer Thibault Lécuyer (rédacteur et codirigeant des CdF) et de faire le point sur l'actualité du site.
Avec en bonus, les points de vue de Daniel Riolo, Florian Genton, Chérif Ghemmour, France Pierron, Stéphane Kohler et Florent Gautreau sur la situation du site.

cdf logo


Devenu une référence en matière de "presse numérique", les Cahiers ont tenté le pari du passage à l'étape "presse écrite". Si celle-ci a connu un véritable succès, d'estime au moins, elle a également montré les limites, financières et en termes de disponibilité, d'une démarche presque exclusivement bénévole.
Aujourd'hui, la version papier des CdF s'arrête donc et laisse à pas mal de monde un goût amer, celui d'un rêve ayant connu une éphémère réalité et se voyant enfoui sous terre comme une vulgaire liasse de billets dans un jardin du Nord de la France.

Les Cahiers (papiers) sont morts, Vive les Cahiers ! Non. Hélas, le ciel semble encore trop sombre pour pouvoir se dénuder librement et courir nu dans les champs en savourant le vent qui... on s'égare.
Le passage à la version papier enterré, il n'en reste pas moins des traces qu'il faut désormais s'employer à nettoyer : les dettes.

A ces dettes s'ajoute un second coup dur : la Cour d'Appel de Metz a condamné les CdF dans l'affaire "Balbir contre Sacdefiel" (un remake triste de Titi et Gominé). Relaxés en première instance, les Cahiers du Foot ont perdu le procès en appel.
Le jugement rendu est, à notre humble avis de citoyens éclairés, lourd de conséquences.
Le juge a condamné le journal pour injures publiques au motif que les termes choisis n'étaient "pas absolument nécessaires pour constituer un article satirique à l'égard d'un particulier ou d'un journaliste". Murer la liberté d'expression et la liberté de la presse derrière une notion aussi aléatoire que la "nécessité des propos" pose un immense problème et tend à rendre périlleux l'exercice journalistique.

Aujourd'hui, nul ne peut affirmer que ce jugement "fera jurisprudence" et l'on aimerait pouvoir compter sur une magistrature habituellement peu restrictive en matière de défense des libertés pour ne pas considérer cette décision comme une référence. Il y a d'ailleurs fort à parier que la Cour de Cassation casserait ce jugement... si elle était saisie. Malheureusement, une telle procédure a un coût que les Cahiers ne peuvent se permettre d'engager (ah, l'égalité d'accès à la justice !). La condamnation se traduit par le versement de 1500 Euros de dommages et intérêts à Denis Balbir, plus 1500 Euros de frais de justice.  Ajoutées aux dettes précédemment évoquées, ces sommes ne sont pas sans conséquences.


cdf blanc grand mère


Les Cahiers du Football ont donc besoin de vous. Pour que se poursuive l'activité du site, il faut effacer ces dettes et nous relayons ici cet appel aux dons.


Pour finir de vous convaincre, nous vous proposons une interview de Thibault Lécuyer, rédacteur et codirigeant des CdF. Il nous livre ses impressions sur l'actualité du site, l'avenir et le sujet chaud du moment : la septième édition du Ballon de Plomb.

Chez Les Girondins : Est-ce que tu pourrais faire un résumé de l’affaire Sacdefiel/Balbir ?

Thibault Lécuyer : Jean-Patrick Sacdefiel est un journaliste fictif, qui n’aime personne et tient à le faire savoir. C’est comme cela qu’on a introduit la chronique chaque mois dans le magazine. Après avoir brocardé une quarantaine de personnalités du foot, Sacdefiel a fait un portrait de Denis Balbir qui l’a très mal pris. Il nous a assignés en justice pour injures pour quelques expressions comme "Rocco Siffredi des cordes vocales", "singe hurleur". Les Éditions du 12 juillet (1) ont gagné en première instance au tribunal de Metz, où il nous a assignés car c'est là qu'il habite. Il a fait appel, a gagné, et on a été condamné à 3000 euros (1500 de dommages et intérêts et 1500 de frais de justice).

CLG : L'arrêt de la version papier des Cahiers du Football est-il lié à cette condamnation ?

TL : Non, cela n’a pas de rapport direct. Disons que l’arrêt du magazine est du à une multitude de raisons qui sont principalement liées à notre capacité de production, notre capacité à travailler dessus, aux multiples problèmes financiers et autres qu’on a pu avoir ces derniers mois, ces dernières années. C’est une multitude de coups et on ne peut pas dire que celui porté par Denis Balbir ait été décisif. Il a fait partie de tous ces petits problèmes qu’on a eus.

CLG : Vous en êtes où, financièrement ?

TL : Le fait d’arrêter le magazine, ça nous embête énormément vis-à-vis de nos abonnés puisqu’on leur doit encore beaucoup de numéros. Une partie de nos abonnés, les contributeurs les plus fidèles du site, nous ont dit qu’ils nous faisaient cadeaux des quelques numéros qui leur restaient, mais on sait qu’on va quand même avoir beaucoup de gens à rembourser. A raison de 2500 abonnés qui avaient en moyenne un peu plus de la moitié d'un abonnement en cours, à 30 euros l'abonnement, je vous laisse faire le calcul. Financièrement, aujourd’hui on est très endettés. Il y a un certain nombre de points administratifs. On doit encore de l’argent, notamment aux impôts.

CLG : Et vous comptez vous en sortir comment ?

TL : On a fait un appel aux dons sur le site la semaine dernière. L’idée, c’est que sur les deux salariés, il y en a un (moi) qui est allé trouver du travail ailleurs, et une autre qui doit encore en retrouver un. L’idée c’est que l’on repasse en mode totalement bénévole. On espère que les revenus publicitaires liés au site vont nous permettre de rembourser en grande partie ces dettes, à terme, sachant que cela pourra durer un an, deux ans si il faut. On a fait en sorte pendant très longtemps que les Cahiers ne se mettent pas en risque de disparition totale, ce qui aurait pu être le cas si on avait voulu les professionnaliser complètement. Le fait d’avoir deux personnes salariées nous a mis dans une petite situation de risque qu’on espère maîtriser. L’idée est de pouvoir maintenant rembourser ces dettes progressivement, il faudra aussi qu’on paie l’amende pour le procès et ensuite se mettre dans un mode où on fait un petit peu moins de choses qu’avant. C'est-à-dire qu’il y a déjà quelques petits trucs qui ont été arrêtés avant même le mag’ : le Replay que l’on a fait l’année dernière, on s’est aperçu qu’on n'avait plus du tout le temps de s’en occuper. On continuera avec certains projets, on en arrêtera d’autres trop chronophages. On en sortira de nouveaux des cartons. C'est représentatif de l'évolution du projet: savoir se permettre de commencer des projets tout en sachant qu'ils pourront s'arrêter un jour, et sans jamais mettre la survie du média en jeu.

 

cdf facebook
 
 
CLG : Tu peux nous faire un rapide historique des Cahiers du Football ?

TL : Le premier article date de décembre 97. L’idée des trois fondateurs était de faire le magazine de foot qu’ils auraient eu envie de lire parce qu’ils avaient une énorme frustration vis-à-vis de la presse sportive existante. Cela s’est, entre autres, basé sur la défense d’Aimé Jacquet et aussi la critique du traitement médiatique qu’on lui faisait subir qui était délirant. Tout tient dans la baseline, c’est un magazine de foot et d’eau fraîche. Réussir en même temps à être plus sérieux que le reste de la presse de l’époque qui traitait très mal les aspects économiques, sociaux et tout ce qui tournait autour du football où il y avait très peu d’articles faits sur les médias sportifs etc. On s’aperçoit douze ans plus tard que c’est quelque chose qui commence à être traité. Il y a une rubrique télé dans l’Equipe, l’environnement médiatique du foot commence à être traité. Et il y a une partie moins sérieuse puisque le foot étant, au même titre que la politique, un truc largement ridicule et dont on peut vraiment se moquer, il y avait et il y a encore largement un très très gros trou de ce côté là. Donc voilà, l’idée c’était de faire un truc à la fois plus sérieux et moins sérieux que les médias traditionnels qui étaient assez fades et qui se contentaient de polémiques assez vaines.

CLG : Votre ligne éditoriale rappelle furieusement la notre. Vous êtes fiers qu'il y ait pas mal de sites qui soient un peu dans la même veine ?

TL : Je ne sais pas s’il y a une fierté à en tirer parce que je suis à peu près persuadé que des sites comme le votre ou comme opiom.net – qui est là depuis très longtemps aussi - comme horsjeu.net que j’aime beaucoup aussi, auraient fini par arriver tôt ou tard. Par contre, je suis absolument ravi d’avoir des trucs hilarants à lire. Oui, je suis content que ça puisse commencer à prendre parce que je suis à peu près persuadé que c’est un mouvement qui ne s’arrêtera pas, sans vouloir paraphraser Ségolène Royale. A partir du moment où il y a de plus en plus de gens qui vont commencer à rire du football, qui vont commencer à vouloir avoir des analyses une petit peu plus poussées, un petit peu plus réfléchies, un site comme ChezLesGirondins est particulièrement fabuleux parce qu’il n'est pas que drôle, je suis persuadé qu’à partir du moment où ce mouvement commencera à prendre forme, cela finira forcément, dans 5 ans, dans 10 ans, par avoir une influence sur le reste des médias. Par exemple, en Angleterre, le second degré est une seconde nature, c’est quasiment interdit de prendre le foot trop au sérieux. J’espère sérieusement qu’on va réussir à aller dans cette direction là et qu’on n'aura plus des horreurs comme le Canal Football Club qui se vautrent dans une espèce d’infantilisme, des commentaires où on a l’impression que les gens s’adressent à des enfants de huit ans.

CLG : Rien qu'en ce qui concerne sur les sites dédiés aux Girondins de Bordeaux, CLG a un taux de visite qui est très faible par rapport aux sites qui ne font que de l’info ou qui n’ont même pas de ligne éditoriale claire. On a l’impression d’être encore très très marginaux.

TL : C’est parce qu’à mon avis on est encore au tout début, et je pense qu'effectivement, les sites qui font de l’info, qui brossent le supporter dans le sens du poil, feront toujours plus de visites parce que, mine de rien, et Jérôme (2) disait ça dans une autre interview, les gens qui s’intéressent au foot n'ont pas toujours envie d’être très intelligents au moment où ils en regardent, même quand ils le sont par ailleurs. Il y a une sorte de repos du cerveau quand on s’intéresse au foot, qui fait que les gens continueront à être intéressés par les polémiques à deux francs et que les sites comme... enfin je vais pas les citer parce qu’on va pas se fâcher avec du monde. Les sites de supporters hardcore vont continuer à prospérer. J’espère que des sites comme le votre arriveront à générer suffisamment d’intérêt pour qu’ils puissent perdurer. C’est surtout cela l’important. ChezLesGirondins ça a quel âge ?

CLG : Trois ans.

TL : De notre expérience c’est très difficile de faire gagner de l’argent à un site sans livrer toute son âme à la publicité, à l'habillage de site aux roll-over que ce soit à ce niveau là ou même pour des très grosses publications. Les sites d’info qui gagnent de l’argent il y en a encore très très peu.

CLG : Nous avons toujours pensé que nous étions complémentaires des sites d'information, que nous consultons pour nous tenir au courant.

TL : Oui, oui, tout a fait, c’est le genre de sites qu’on lit une fois qu’on a lu tout le reste. L’idée étant vraiment qu’on espère que les supporters soient capables de faire preuve de suffisamment de second degré et de recul pour être demandeurs de ce genre de choses là. Et encore une fois quand on voit ce qui se passe en Angleterre, les médias qui prennent du recul ont fini par influencer le traitement du foot qui ne peut plus être aussi infantilisant que ce qu’il peut être en France aujourd’hui.

CLG : Et puis on a besoin de les lire pour rédiger les Restes du Foot.

TL : Tout à fait ! (rires) Pour vous comme nous, la matière première reste le traitement infantilisant, comme je disais, qu’on peut trouver sur les autres sites. Si tous les autres médias devenaient intéressants, on aurait une bonne partie de notre fond de commerce qui disparaîtrait. Du coup, on pourrait s’amuser à faire d’autres choses.

CLG : Votre grosse actualité, hormis les problèmes un peu pénibles, c’est le ballon de plomb (4). Vous avez déjà eu des retours négatifs à ce sujet?

TL : On en a oui, jusque parmi nos lecteurs, dont certains ne trouvent pas l'idée excellente ou amusante, sachant qu'en plus tout le monde a une idée sur ce que devrait être son Ballon de plomb idéal. Mais c'est normal, tout comme le fait que certains joueurs le prennent mal. Le débat va même jusqu'à l'intérieur de la rédaction, où on a tous notre propre idée de ce que doit fondamentalement être le Ballon de plomb. Et quand on voit la liste des nommés, on constate que tous les profils sont représentés.

cdf vignette marouane chamakh


CLG : Diego Placente est nommé parce que la tradition veut qu'il y ait un champion de France dans la liste ou il vous paraît vraiment légitime ?

TL : Encore une fois, au sujet de la légitimité d'un candidat au Ballon de plomb, chacun voit midi à sa porte. En tant qu'ancien grand joueur qui est arrivé avec une certaine réputation, il a très vite affiché des qualités footballistiques en-dessous de la moyenne et s'est rapidement fait piquer sa place. Pour nous, ça rentre à peu près dans le cadre, même s'il n'a pas fait de déclaration fracassante. Pour être honnête, sa candidature a été poussée par le supporter bordelais de la rédaction. Et puis sa coupe de cheveux compense, on n'a pas pu résister.

CLG : Qu'avez-vous envie de dire aux gens pour les convaincre de vous aider ?

TL : La seule chose qu'on peut leur dire, c'est : si vous aimez ce qu'on fait, aidez-nous à continuer ! Si vous pensez qu'avoir un tel média dans le foot reste important, non pas en tant que contre-pouvoir parce qu'on est trop petit pour ça, mais en tant que caillou dans la chaussure des autres médias, aidez-nous à continuez. Sachant qu'on fait l'opération caritative la plus absurde de l'histoire: "Au lieu de soutenir la lutte contre la faim, aidez les Cahiers du foot".

CLG : Vous avez reçu des soutiens d'autres journaliste, ou ils ne préfèrent pas prendre position contre leur confrère Balbir ?

TL : Un certain nombre de journalistes nous ont écrit une lettre de soutien qu'on a présentée au tribunal pour appuyer le fait que Jean-Patrick Sacdefiel est un journaliste fictif et qu'il est impossible de le prendre au sérieux (3). Mais tout cela se fait dans le cadre restreint du tribunal, c'est assez rare que ce soutien soit public, ce qui est compréhensible car le journalisme sportif est un milieu assez corporatiste et on ne sait jamais qui tirera les ficelles dans un, deux ou cinq ans, donc on n'a pas envie de se mettre à dos un futur patron ou quelqu'un qui pourra être utile à plus ou moins long terme. Mais honnêtement, on n'a pas non plus pris le temps d'aller chercher ces soutiens. Aux Cahiers, il y a une chose qu'on n'a pas faite, c'est essayer de s'intégrer dans le milieu et copiner avec tout le monde, que ce soit par manque de goût, de temps ou d'envie. Notre ligne éditoriale fait qu'on est nécessairement à la marge, et jusqu'à maintenant on s'en est contentés. On n'est pas dans le milieu et c'est un état de fait.

CLG : Jérôme Latta a tout de même participé une ou deux fois à On Refait Le Match. Il s'est fait virer ou il a pris seul la décision d'arrêter ?

TL : Je pense qu'eux comme lui sont arrivés à la conclusion que c'était pas du tout un exercice dans lequel on avait quelque chose à dire. Des phrases de 20 secondes, dans lesquelles on se fait systématiquement couper la parole, où on ne reste qu'en surface des choses sans pouvoir avancer la moindre argumentation, ce n'est pas un format adapté à ce qu'on est susceptibles d'apporter. Je ne sais pas qui n'a pas rappelé l'autre, mais la conclusion qu'on a tirée en voyant l'émission a sauté aux yeux.

 

(1) l'éditeur des Cahiers version papier
(2) Jérôme Latta, directeur de la publication et fondateur
(3) Vous pouvez consulter l'article incriminé ici.
(4) Pour voter, c'est ici.



L'affaire Sacdefiel/Balbir a ceci de particulier qu'elle oppose deux "journalistes" (les guillemets sont pour qui vous voulez). Fait rarissime, c'est à un détenteur d'une carte de presse que l'on doit cette attaque et cette remise en cause de la liberté d'expression des journalistes. Afin de savoir comment cette affaire est perçue au sein du petit monde du journalisme sportif, nous avons contacté quelques unes de ses figures. Voici leurs réactions.

Daniel Riolo (RMC) : Je suis hyper surpris par le dénouement de l'affaire Balbir/Cahiers du Football, parce que pour moi c’était quelque chose de terminé. J’avais déjà été scandalisé par la plainte du « Rocco Siffredi des cordes vocales » et j’étais persuadé qu’il allait perdre. Donc il a perdu en première instance et visiblement il a fait appel derrière, ce que j’ignorais. Voir aujourd’hui que ce type là va réclamer 3000 Euros à des journalistes qui visiblement n’ont pas les moyens de payer et qui vont se retrouver dans la merde à cause de ça, ça veut dire que lui Monsieur Denis Balbir va décider de mettre des gens dans la merde, voir à la rue d’un point de vue professionnel. Mais comment ce type peut-il se regarder dans une glace ? Mais comment peut-il supporter un truc pareil ? C’est scandaleux. Je suppose qu’il n’a pas fait d’école de journalisme, parce que le premier des principes c’est quand même d’accepter que d’autres s’expriment, quitte à être caricaturé. Lui il mettait des disques sur NRJ, donc l’école de journalisme il ne sait pas ce que c’est, à part crier dans un micro il n’a jamais rien fait d’autre. Voilà, je suis scandalisé par ça. Je ne sais pas si les Cahiers peuvent aller plus loin. Après l’appel ils peuvent aller en cassation pour ne pas payer, tant qu’à faire. Je leur conseille d’aller le plus loin possible dans cette histoire. Qu’est-ce qui peut motiver Denis Balbir ? Son petit orgueil frappé par les Cahiers du Foot qui disent que c’est le « Rocco Siffredi des cordes vocales ». Je n’ai qu’un envie, c’est de l’insulter et de demander à plein de gens de l’insulter pour qu’il ait 20 procès sur le cul. Mais pour qui se prend ce mec ?


Florian Genton (Orange Sport) :
J'ai toujours beaucoup aimé les Cahiers du Foot, cette plume décalée sur un milieu parfois un peu fermé.
Mais aujourd'hui je travaille avec Denis [Balbir] sur Orange Sport et je peux dire que c'est un grand professionnel qui connait très bien son métier.
Comme dans tous les domaines on aime ou on aime pas mais moi je suis admirateur de sa carrière. De Canal+ à Orange Sport ,en passant par France Télévisions et Europe 1, ce n'est pas rien.
Alors parfois les Cahiers sont méchants et ces attaques peuvent être mal perçues, ce qui a été le cas dans cette affaire. Chacun réagit à sa façon mais une chose est sûre il faut absolument garder cette liberté d'expression qui fait la force de la presse de notre pays.

7019_100300249988740_100000262957790_5129_5129253_n.jpg


Chérif Ghemmour (So Foot) : Je me solidarise avec les Cahiers du Football. J’avais lu le texte [de J.P. Sacdefiel] et il y avait un second degré affiché aussi bien dans le chapeau que dans l’article. A l’époque Denis Balbir était sur Fance 2 le dimanche, il y présentait une émission absolument atroce dont je ne me souviens pas du nom, avec Guy Carlier (France2Foot, ndlr). C’était une émission qui était nulle même si ce n’était pas entièrement de sa faute. Il y avait un saut qualitatif un peu dégradant pour lui qui passait de Canal+ aux moyens minables du service public. A cette époque j’avais participé en sa présence à une émission de Pierre-Louis Basse sur Europe 1, et je me souviens qu’il était très ombrageux. Un des intervenants l’avait traité absolument pas méchamment de « gominé », et Balbir avait réagi très sèchement jusqu’à obtenir des excuses en direct. C’était une période durant laquelle il était psychologiquement un peu marqué – attention, je ne suis pas en train de dire qu’il est fou. Il était particulièrement susceptible.
La condamnation est excessive autant sur le fond que sur la forme parce que 3000 Euros pour un petit journal c’est énorme. C’est vraiment un truc « infamant » parce que c’est une sanction financière alors que le franc symbolique s’imposait peut être. Il me semble que les Cahiers du Foot avaient présenté des excuses, ce qui aurait été préalable à un accord à l’amiable, mais Balbir est allé jusqu’au bout. Pour en revenir à France2Foot, ça faisait vraiment France 3 Picardie… D’ailleurs, dans cette émission Guy Carlier maniait la satire et avait du s’excuser au près de Sébastien Puygrenier.
C’est une condamnation regrettable qui aurait pu se finir avec des excuses publiques. Et sans tomber dans la parano, c’est une entrave, une limite de plus à la liberté de caricature. Surtout pour des gens comme nous qui aimons bien chambrer, sans blesser ni vexer. Cela sonne comme un avertissement. On se solidarise avec les Cahiers du Football, sans en vouloir plus que ça à Balbir, mais c’est gênant pour la presse en général. Maintenant on connaît nos limites : 3000 Euros.


France Pierron (L'Equipe TV) : Désolée, je ne suis pas du tout au courant. Mais je viens à Bordeaux demain !


Stéphane Kohler (L'Equipe) : J’avais écrit une lettre de soutien aux Cahiers du Football pour les aider lors du procès. J’y avais écrit qu’il était mal intentionné de faire un procès sachant que c’était de l’humour, c’était un pamphlet. Que Denis Balbir ait gagné 3000 Euros de cette manière-là est grotesque. Même si je ne suis pas toujours d’accord avec les Cahiers du Football, je trouve ça bien qu’il y ait des médias un peu différents qui puissent s’exprimer, surtout dans le foot qui appartient à tout le monde. Je ne vois pas pourquoi il faudrait réserver ça à… j’allais dire une élite, même si c’est peut-être un gros mot.
Pour en revenir à l’affaire Balbir/Cahiers du Football, je trouve ça déplorable. Certains journalistes peuvent découper en morceaux des joueurs, des entraîneurs ou des supporters et eux on ne leur fait pas de procès. Donc il faut accepter de se faire un petit peu chambrer.


Florent Gautreau (France Télévisions/RMC) : Moi je n’aurais pas attaqué, c’est clair. « Rocco Siffredi des cordes vocales » ou « singe hurleur », ce sont des choses que j’accepterais qu’on dise de moi dans ce cadre-là, ça ne me choque pas. Quand on a la volonté d’être dans des émissions dans lesquelles on dit tout ce qu’on pense, comme c’est le cas pour moi à l’After Foot ou pour lui sur Europe 1, où tu ne te prive pas de critiquer… Si on m’avait critiqué de cette façon-là, je ne pense pas que j’aurais porté plainte. Il faudrait que je relise l’article incriminé, mais « singe hurleur » ce n’est pas trop grave. Après, le coup du journaliste fictif ce n’est pas ce que je préfère. Je préfère le journaliste qui assume sa signature et qui dit ce qu’il a à dire sur tel ou tel mec.
Même si la forme n’est pas celle que j’aurais employée pour critiquer, même avec de l’humour, un joueur, un entraîneur ou un confrère dans un journal, je pense que si j’en avais été la victime je n’aurais pas porté plainte par respect de l’esprit de dérision, de rébellion. Le foot est un des derniers sujets sur lesquels on peut se permettre de se lâcher sans langue de bois. Mais tout dépend des mots qui sont employés, il faut savoir si ça va jusqu’à l’insulte, l’injure ou la diffamation.


Pour soutenir les Cahiers du Foot, c'est simple : vous trouverez toutes les informations sur cette page. Un lien vers la page Paypal des Éditions du 12 Juillet s'y trouve. Vous pouvez également faire un don par chèque.

Merci pour eux.



Les vignettes qui illustrent cet article sont issues du mythique diaporama des Cahiers du Football.

Ajouter un Commentaire

Code de sécurité
Rafraîchir

You are here