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Le blog de Pierre Ducasse

Petit lexique à l'intention du supporter (Troisième partie)

Actualité du football
Écrit par titou   
29-07-2008
Troisième et dernière partie de notre série consacrée au vocabulaire en vogue dans les quotidiens sportifs, les chaumières isabeyphiles et les quartiers peuls. Enjoy it !

Avoir les pieds carrés


Contexte foot : « En football, dans neuf cas sur dix, si tu gagnes les duels, tu gagnes le match. Or, c'est justement ce qui nous a fait défaut, surtout en fin de match. Inconsciemment, on pense que c'est le coéquipier qui va faire l'effort. C'est dans la tête ! Alors bien sûr, c'est moins grave que si on avait les pieds carrés (…) » (Jérémy Janot, l’Equipe 2007)

Explication scientifico-historique : Le pied (Du latin pedem, accusatif de pes, pedis) est une partie du membre inférieur humain et en constitue son extrémité distale. Il sert à l'homme à se soutenir debout et à marcher. Le pied est relié à la jambe par la cheville. Le pied comprend 26 os - soit, pour les deux pieds, le quart de ceux composant l'ensemble du squelette - 16 articulations, 107 ligaments qui tiennent ces dernières et 20 muscles qui permettent au cerveau de commander leurs mouvements. De plus, sa plante est, avec le bout des doigts, la région du corps la plus riche en terminaisons nerveuses. Enfin, c'est, avec les aisselles et la paume des mains, la zone contenant le plus de glandes sudoripares. Le pied romain (dit carré) est caractérisé par ses trois premiers orteils de même grandeur, le quatrième régresse puis le cinquième régresse (24 % de la population dont Ibrahima Bakayoko).

Conclusion : l’emploi de cette expression pour caractériser des joueurs qui préfèrent viser les pigeons plutôt que de cadrer leurs frappes vient du fait de l’incompatibilité de forme entre un pied de forme parallélépipédique, initiateur physique de mouvement, de force et de trajectoire, avec la sphéricité naturelle de l’accessoire (le ballon). Sachant que pratiquement ¼ de la population est atteint par cette terrible maladie, inutile de chercher plus loin une explication rationnelle à la médiocrité de la Ligue 1 Orange.
 
 
pied carré brique
  Détail d'une radio du pied droit de Toifilou Maoulida, joueur qui ne casse pas des briques
 
 
 
« L’Ogre »

Contexte foot : « Bien que vainqueur d'Hanovre (3-0) dimanche, le Bayern Munich en sait un peu plus sur ses principaux rivaux pour le titre. Si Schalke 04 a affiché ses limites actuelles face à Wolfsbourg (1-2) vendredi, le Werder Brême a confirmé face à Nuremberg (2-0) son intention de contester jusqu'au bout le sacre annoncé de l'ogre bavarois. » (l’Equipe 2007)

Explication scientifico-historique : Un ogre (fém. ogresse) est, dans les traditions et contes populaires, un homme monstrueux qui se nourrit de chair fraîche et dévore les enfants. On a longtemps prétendu que le terme ogre était une création soit de Charles Perrault (1628-1703), soit de Madame d'Aulnoy (1650-1705) mais il est plus communément admis de nos jours que le terme est inspiré de l'œuvre de Giambattista Basile (1575-1632), qui utilise le terme napolitain de uerco (ou orco en italien), lui même dérivé du latin orcus (enfer, dieu de l'enfer). Le mot « Ogre » dans sa forme française apparaît pour la première fois dans l'œuvre de Perrault dans les Contes de ma mère l'Oye en 1697. La comtesse d'Aulnoy le reprend à son compte l'année suivante, en 1698, dans son récit l'Oranger et l'Abeille. Perrault n’abuse pas de la figure de l’ogre et n’y a recours qu’à trois reprises, avec deux ogres mâles et une ogresse. Dans les trois cas, les ogres occupent une position sociale élevée et sont riches.

Conclusion : l’ogre va donc caractériser généralement un club souffrant de polyphagie aiguë aussi bien en termes de titres que de joueurs. De plus, malgré tout ce que nos parents ont pu nous dire pour nous foutre les jetons quand on était gosses, l’ogre le plus flippant de nos jours c’est bien l’ogre lyonnais.
 
 
Ogre Aulas
Jean-Michel sans son costard, ça fait tout de suite plus peur…
 
 
 
 
Le retour au bercail (du régional de l’étape)

Contexte foot : « Selon le quotidien L'Equipe de mardi, les dirigeants lorrains aimeraient faire revenir au bercail Youssouf Hadji, peu utilisé à Rennes cette saison (…) » (l’Equipe 2007)

Explication scientifico-historique : il s’agit d’un terme aux connotations religieuses qui désigne le sein de l'église par allusion à la métaphore de la brebis. Le bercail du Seigneur, désigne de manière concrète l'Hospice des catéchumènes (personnes pas encore baptisées mais qui s’instruisent pour le devenir) mais en faisant allusion à sa dimension symbolique.

Conclusion : c’est le « petit-chez-soi-du-petit-footballeur-où-il-se-sent-bien-et-où-il-plante-but-sur-but ». Exemples : Bordeaux pour Jo Micoud ; Sochaux, Paris, Marseille, Toulouse, Bordeaux, … pour Dalmat, les limbes de l’enfer pour J-M Aulas, etc. 
 
 
paillasson
  Avant / après un an de Fabrice Fiorèse dans le club de son coeur



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